jeudi 18 février 2010

Bonheur inépuisable



Le bonheur de vivre
Henri Matisse




Certains jours, ils se promenaient en bavardant pendant des heures entières. Ils se regardaient en souriant dans les glaces des devantures. Il leur semblait que tout était parfait ; ils marchaient librement, leurs mouvements étaient déliés, le temps ne semblait plus les atteindre. Il leur suffisait d'être là, dans la rue, un jour de froid sec, de grand vent, chaudement vêtus, à la tombée du jour, se dirigeant sans hâte, mais d'un bon pas, vers une demeure amie, pour que le moindre de leurs gestes - allumer une cigarette, acheter un cornet de marrons chauds, se faufiler dans la cohue d'une sortie de gare- leur apparaisse comme l'expression évidente, immédiate, d'un bonheur inépuisable.

Les choses, Georges PEREC,
début du chap. 5

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