samedi 6 octobre 2012

Revenons à l'excellent curé Meslier

Voici le passage le plus célèbre de ses mémoires, passage repris et adapté par maints penseurs et philosophes des XVIIéme et XVIIIéme siécles et (presque) tous les révolutionnaires des 19ème et 20ème siècles. Rappelons seulement qu'il écrivait sous Louis XIV, ce qui n'est pas toujours facile et un peu sous Louis XV, mais plus jeune (Meslier est mort en 1729), ce qui facilite forcément l'opération :

"Il me souvient à ce sujet d'un souhait que faisait autrefois un homme, qui n'avait ni science, ni étude, mais qui, selon les apparences, ne manquait pas de bon sens pour juger sainement de tous ces détestables abus et de toutes les détestables tyrannies que je blâme ici. Il paraît par son souhait et par sa manière d'exprimer sa pensée qu'il voyait assez loin et qu'il pénétrait assez avant dans ce détestable mystère d'iniquité dont je viens de parler, puisqu'il en reconnaissait si bien les auteurs et les fauteurs. Il souhaitait que tous les grands de la Terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux des prêtres. Cette expression ne doit pas manquer de paraître rude, grossière et choquante, mais il faut avouer qu'elle franche et naïve. Elle est courte, mais elle est expressive puisqu'elle exprime assez en peu de mots tout ce que ces sortes de gens-là mériteraient."


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