samedi 6 octobre 2012

Discuter avec un jeune américain s'avère utile

On apprend des choses du langage. Josh, qui arrive de la Louisiane, oppose par exemple les personnes "highstrung" aux "laid back", ce qui signifie nerveux/décontracté, mais avec ses explications, je comprends plutôt "hyper organisé/bordélique". Il me demande où je me situe. Je lui dis probablement en plein milieu. Lui se classe résolument dans les "laid back"

A propos de la chasse (je lui explique que c'est une activité très pratiquée en Dordogne chez les gens de la campagne), il en vient à dire que si un jour on ne trouve plus rien dans les magasins, les chasseurs pourraient être soudain avantagés. J'ai trouvé cette idée étonnante. Il évoque bien là l'effondrement généralisé de l'économie, la fin d'une civilisation. Je me souviens qu'à la suite d'une lecture au milieu des années 80 (La dette du Tiers-Monde, de Pascal Arnaud), j'avais parlé autour de moi de cette possibilité de dégradation soudaine des organisations qui fondent une société et une culture, car le bouquin l'évoquait comme une possibilité réelle. Or, personne ne pouvait l'envisager à l'époque, c'était même difficile à concevoir. Aujourd'hui, cette fenêtre sur un avenir délicat est ouverte chez presque tout le monde. Je pense que c'était une condition pour que ça devienne possible. L'économie est d'abord question de psychologie et de conviction.
Je crois (c'est un pari) que dans l'empire romain du IVème siècle, tout le monde a eu la conscience d'un effondrement, et que ceci l'a précipité.

























La Dette du Tiers Monde, Pascal Arnaud, Ed. La Découverte, 1984

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