lundi 19 février 2018

Etats de neige, de Brigitte Baumié

Petit opuscule poétique déniché sur les étagères des alternatifs hyperactifs d'Antigone à Grenoble, publié en 2011 et qui me cause.

En 4 saisons, mais l'hiver est la principale (par sa longueur).
Les premières strophes de l'hiver :





1
volatile volante
rien dans la main
à attraper se dérobe
juste pour le regard
si légère
rien à la pelle qui trace le chemin
pour aller
hauts murs blancs pour atteindre
la porte pourtant
légèreté construite en strates solides


2
au matin bleu pur
les yeux plissés
devant
blanc infini
figé juste un souffle
monte des pieds
enfoncés
le froid
le café fume
debout au seuil
la table derrière
solide et sage à carreaux
le chaud de la tasse dans la paume
le piquant sur le dos de la main
au matin le froid


 3
maison cocon
la neige monte aux fenêtres
un peu de ciel subsiste
lumière blanche et douce
le lit accueillant
où tu es nu


4
île déserte
mais reliée dans ce temps
pont de glace
peut porter un tracteur
nos pas suffisent
maison frileuse et chaude en nous
blanc tout autour sans fin
moelleux
peuplée de neige
la solitude
ton souffle en nuages légers
ni arbre ni colline
nous regardons très loin


5
sur la berge
on sait qu'au pas suivant on marchera
sur l'eau
la différence est imperceptible
la neige juste un peu plus
désordonnée


6
fabrication d'un igloo
pour voir
un sein isolé dans la neige
puis une statue
un dessin de blanc
sur blanc
juste des ombres


7
on n'est jamais en repos
avec le froid
garder
confiantes
les racines de notre chaleur


8
il a neigé encore
tu dors
rien ne nous attend
la maison
et toute cette blancheur
respirent de ton sommeil

...












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