dimanche 28 février 2010

Un groupe formé d'un membre unique

"Presque oui est un groupe de chanson française comprenant un unique membre Thibaud Defever." Citation Wikipedia.
Ceci dit, là où c'est moins drôle, c'est que jusqu'en 2006, ce groupe comptait deux membres, mais le cancer du poumon en a réduit les effectifs de moitié.


"Presque oui", c'est le titre d'une chanson de Mireille :

"- On s'était assis sur l'herbe tendre
Je t'ai regardée, tu n'as rien dit.
- Pourtant, tu as bien dû me comprendre
Je n'ai pas bougé, mais j'ai rougi

- Presque oui, presque tout
Nos yeux fous l'ont promis.
Quelle douceur infinie !
- C'est exquis, merveilleux.
Nos deux yeux éblouis
Se sont croisés et l'ont dit : presque oui.
..."



Le membre unique présente son groupe :

http://www.youtube.com/watch?v=rnlkf_pM-Qk&feature=related



A deux, ils avaient fait "Sauvez les meubles", dans lequel se trouve la chanson remarquable "Les perroquets du Périgord" (une nana se prépare à recevoir un amoureux à dîner, et c'est l'angouasse...pas de bonne vidéo disponible, dommage !)

Tout seul, il a sorti "Peau neuve" qui commence par "Le revenant", évocation de sa compagne disparue. Touchant et troublant.


















Performance peinture sur la chanson "Peau neuve"

http://www.youtube.com/watch?v=0MgjL52wVCs&feature=related

samedi 27 février 2010

Oyats avant la tempête

video

St Hilaire de Riez,
27 février 2010

A St Michel de Montaigne,

en Dordogne se situe le château où vécut le philosophe et écrivain.













Photo Henry Salomé, Wikipédia


Ne subsiste aujourd'hui qu'une partie de la fortification de la période Renaissance et la tour où se trouvait la bibliothèque de Michel de Montaigne. 

Visite intéressante car les lieux, bien que désertés et quasiment dépourvus de mobilier sont quand même habités par l'esprit de Montaigne.



Archéovision

Restitution de l'espace de travail de Michel de Montaigne dans la bibliothèque de la tour.



Le chat du château, prénommé Balzac, qui suit les visites avec passion (il intervient à certains moments) est certainement habité lui aussi.
Mais par qui ?


Alice revisitée


par Flash Marionnettes, une compagnie à ne pas manquer quand elle s'approche...


Ruffec,
le 26 février 2010

Je l'aimais


Encore un récit d'Anna Gavalda qui me chuchote des choses à l'oreille, et provoquent des sensations de déjà-vu ...

Christmas Carol

video

St Hilaire de Riez,

25 décembre 2009

vendredi 26 février 2010

Décompte


10) Dont regorge ta chemise

9) Auxquels je me fie

8) Dont les sinuosités satinées sont éligibles

7) Où il fait bon se perdre

6) Par lesquels la folie s'érige

5) Où abondent les rondeurs que je respire

4) Au sommet desquels affleure

3) Pour lesquels un frisson

2) Qui saturent les dentelles

1) Où se love l'origine




Des années après le monde entier,

Je lis Anna Gavalda.




















"...
On se rappelle aussi que tout ça, cette apparente indifférence, cette discrétion, cette faiblesse aussi, c'est la faute de nos parents.
De leur faute ou grâce à eux.
Parce que ce sont eux qui nous ont appris les livres et la musique. Ce sont eux qui nous ont parlé d'autre chose et qui nous ont forcés à voir autrement. Plus haut, plus loin. Mais ce sont eux aussi qui ont oublié de nous donner la confiance. Ils pensaient que ça viendrait tout seul. Que nous étions un peu doués pour la vie et que les compliments nous gâcheraient l'ego.
Raté.
Ça n'est jamais venu.
Et maintenant nous sommes là. Sublimes toquards. Silencieux face aux excités avec nos coups d'éclat manqués et notre vague envie de vomir.
Trop de crème pâtissière peut-être...
"


[Le personnage principal s'interroge sur l'absence de réaction dont elle fait preuve, comme ses frères et soeur présents, devant un beau-père qui, lors d'un repas familial, bave des propos racistes ignobles.]

Anna Gavalda,
L'échappée belle,
Ed. Le dilettante

Nouveaux poèmes d'amour





















Armand le Poète,
Editions La rumeur libre

Un autre futur ?

Le premier de nous deux qui sombre dans la folie

a perdu.

Le blog très coquin

d'une fille très coquine.





















Picasso
http://blog.clairedessens.net/

mercredi 24 février 2010

Exemple d'empolèse

Petites pratiques germanopratines

[Une femme répond au sourire d'un homme qu'elle croise dans la rue, de façon suffisamment engageante pour qu'il lui propose de la revoir. De fil en aiguille, et très rapidement, sans qu'il aient vraiment fait connaissance, elle est invitée au restaurant. Au début du repas, alors qu'ils échangent des propos banals qui trahissent leur émotion, son téléphone portable sonne. Il est confus s'excuse, s'en sort bien.]

"...
Les cafés, l'addition, le pourboire, nos manteaux, tout cela n'est plus que détails, détails, détails. Détails qui nous empêtrent.
Nos cages thoraciques s'affolent.

Il me tend mon manteau noir et là...
J'admire le travail de l'artiste, chapeau bas, c'est très discret, c'est à peine visible, c'est vraiment bien calculé et c'est drôlement bien exécuté : en le déposant sur mes épaules nues, offertes et douces comme de la soie, il trouve la demi-seconde nécessaire et l'inclinaison parfaite vers la poche intérieure de sa veste pour jeter un coup d'oeil à la messagerie de son portable.
Je retrouve tous mes esprits. D'un coup.
Le traitre.
L'ingrat.
Qu'as-tu donc fait-là, malheureux ?
De quoi te préoccupais-tu donc, quand mes épaules étaient si rondes, si tièdes et ta main si proche ! ?
Quelle affaire t'a semblé plus importante que mes seins qui s'offraient à ta vue ?
Par quoi te laisses-tu importuner alors que j'attendais ton souffle sur mon dos ?
Ne pouvais-tu donc pas tripoter ton maudit bidule après, seulement après m'avoir fait l'amour ?

Je boutonne mon manteau jusqu'en haut.
Dans la rue, j'ai froid, je suis fatiguée et j'ai mal au coeur.
Je lui demande de m'accompagner jusqu'à la première borne de taxis.
..."


Anna Gavalda,
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

Empolèse




{an-po-lèz'} n. f.
disparition momentanée du désir amoureux pour un rien, une bricole, une faute de goût


Le balénié, dictionnaire des tracas,
Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann
Seuil

mardi 23 février 2010

Dispersion

De minuscules êtres
Une foule délicate
Trop cool
S'approchent en silence
Et dispersent mon corps
De petits cubes
De coeur séchés
De mayonnaise en tube
Que l'horizon a recrachés
Et qui palpitent encore
D'un espoir fol
Quand remonte l'astre clair
Au zénith
De ses hanches

Bonheurs 3














Robert n'était plus tout à fait à la conversation.


Maja

Ed. Glénat

Localisation




lundi 22 février 2010

Le roi de la métaphore fulgurante qui tue

C'est Thiéfaine, à la grande époque (fin années 70, décennie 80). Le summum est atteint avec cet album, en 1982, où le cynisme et le désespoir s'expriment dans une sombre allégresse (c'est difficile à définir, il faut écouter...)






















http://www.youtube.com/watch?v=G3cFkaqhD0I

Les dingues et les paumés


Les dingues et les paumés jouent avec leurs manies.
Dans leurs chambres blindées, leurs fleurs sont carnivores
Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie,
Ils accouchent des scorpions et pleurent des mandragores
Et leurs aéroports se transforment en bunkers,
À quatre heures du matin derrière un téléphone.
Quand leurs voix qui s'appellent se changent en revolvers
Et s'invitent à calter en se gueulant "come on !"

Les dingues et les paumés se cherchent sous la pluie
Et se font boire le sang de leurs visions perdues
Et dans leurs yeux-mescal masquant leur nostalgie.
Ils voient se dérouler la fin d'une inconnue.
Ils voient des rois-fantômes sur des flippers en ruine,
Crachant l'amour-folie de leurs nuits-métropoles.
Ils croient voir venir Dieu ils relisent Hölderlin
Et retombent dans leurs bras glacés de baby-doll.

Les dingues et les paumés se traînent chez les Borgia
Suivis d'un vieil écho jouant du rock 'n' roll
Puis s'enfoncent comme des rats dans leurs banlieues by night,
Essayant d'accrocher un regard à leur khôl
Et lorsque leurs tumbas jouent à guichet fermé,
Ils tournent dans un cachot avec la gueule en moins
Et sont comme les joueurs courant décapités
Ramasser leurs jetons chez les dealers du coin.

Les dingues et les paumés s'arrachent leur placenta
Et se greffent un pavé à la place du cerveau
Puis s'offrent des mygales au bout d'un bazooka
En se faisant danser jusqu'au dernier mambo.
Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort,
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal.
Ils ont cru s'enivrer des chants de Maldoror
Et maintenant, ils s'écroulent dans leur ombre animale.

Les dingues et les paumés sacrifient Don Quichotte
Sur l'hôtel enfumé de leurs fibres nerveuses
Puis ils disent à leur reine en riant du boycott :
"La solitude n'est plus une maladie honteuse.
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso.
Mon cheval écorché m'appelle au fond d'un bar
Et cet ange qui me gueule : "viens chez moi, mon salaud"
M'invite à faire danser l'aiguille de mon radar. 


Hubert-Félix Thiéfaine

Album: Soleil cherche futur

dimanche 21 février 2010

Des femmes très sages

Les sages-femmes de Périgueux sont en grève.




























Dans le même temps, des gens ne supportent pas que des travailleurs défendent leur dignité, et cherchent à améliorer des conditions de travail que tout le monde s'accorde à trouver infernales.













Le fascisme, c'est la gangrène, à Santiago comme à Paris, et jusque dans nos belles provinces.

Triptyque du détail de l'étagère













Il y a toute l'activité humaine.









Le plaisir intellectuel des découvertes.












Et l'infra activité de l'archaïque cerveau reptilien.

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

Les 12 nouvelles de ce recueil ont toutes un charme particulier. Quelques-unes m'ont touché plus particulièrement.














Les premières phrases de "Pendant des années" :

"Pendant des années, j'ai cru que cette femme était en dehors de ma vie, pas très loin peut-être, mais en dehors.
Qu'elle n'existait plus, qu'elle vivait très loin, qu'elle n'avait jamais été aussi belle que ça, qu'elle appartenait au monde du passé. Le monde de quand j'étais jeune et romantique, quand je croyais que l'amour durait toujours et que rien n'était plus grand que mon amour pour elle. Toutes ces bêtises.
...

Et les dernières :

...
Elle m'a dit j'ai une faveur à te demander, juste une. Je voudrais te sentir. Et comme je ne répondais pas, elle m'a avoué que pendant toutes ces années, elle avait eu envie de me sentir et de respirer mon odeur. Je gardais mes mains bien au fond des poches de mon manteau, parce que sinon, je...
Elle est allée derrière mon dos et elle s'est penchée sur mes cheveux. Elle est restée comme ça un long moment et je me sentais terriblement mal. Ensuite avec son nez, elle est allée au creux de ma nuque et tout autour de ma tête, elle a pris son temps et elle est descendue le long de mon cou vers le col de ma chemise. Elle inspirait et gardait elle aussi ses mains dans son dos. Ensuite, elle a desserré ma cravate et ouvert les deux premiers boutons de ma chemise, et j'ai senti le bout de ses narines toutes froides contre la naissance de mes clavicules, je... je...
J'ai eu un mouvement un peu brusque. Elle s'est relevée dans mon dos et elle a posé ses deux mains bien à plat sur mes épaules. Elle m'a dit je vais m'en aller. Je voudrais que tu ne bouges pas et que tu ne te retournes pas.. Je t'en supplie. Je t'en supplie.
Je n'ai pas bougé. De toute façon, je n'en avais pas envie parce que je ne voulais pas qu'elle me voie avec mes yeux gonflés et ma gueule toute tordue.
J'ai attendu assez longtemps et je suis reparti vers ma voiture."

















Anna Gavalda © Camille Cazaubon / Le Dilettante

http://le-kiosk-de-marmalmad.over-blog.com/article-juste-quelqu-un-de-bien-quelqu-un-de-bien-38509811.html

Technique

Qu'il me suffise de repenser à ce recul léger que tu avais (et si quelqu'un nous apercevait !) et le lancinant envie-de-rien-besoin-de-toi se change miraculeusement en sourde colère.

samedi 20 février 2010

Fragments d'un discours amoureux

Choix de titres de chapitres du livre de Roland Barthes, avec la définition qu'il donne du thème central de ce titre. Pour trouver les exemples (tirés de la littérature) commentés, il faudra aller chercher ce livre à la bibliothèque...







"Je m'abîme, je succombe..."

S'ABÎMER. Bouffée d'anéantissement qui vient au sujet amoureux, par désespoir ou par comblement.


L'absent

ABSENCE. Toute épisode de langage qui met en scène l'absence de l'objet aimé - quelles que soient la cause et la durée - et tend à transformer cette absence en épreuve d'abandon.


Un petit point du nez

ALTERATION. Production brève, dans le champ amoureux, d'une contre-image de l'objet aimé. Au gré d'incidents infimes ou de traits ténus, le sujet voit la bonne Image soudainement s'altérer et se renverser.


Etre ascétique
ASCESE. Soit qu'il se sente coupable à l'égard de l'être aimé, soit qu'il veuille l'impressionner en lui représentant son malheur, le sujet amoureux esquisse une conduite ascétique d'autopunition (régime de vie, vêtement, etc...)


Attente
ATTENTE. Tumulte d'angoisse suscité par l'attente de l'être aimé, au gré de menus retards (rendez-vous, téléphones, lettres, retours).


Les lunettes noires
CACHER. Figure délibérative : le sujet amoureux se demande, non pas s'il doit déclarer à l'être aimé qu'il l'aime (ce n'est pas une figure de l'aveu), mais dans quelle mesure il doit lui cacher les "troubles" (les turbulences) de sa passion : ses désirs, ses détresses, bref, ses excès (en langage racinien : sa fureur).


La catastrophe
CATASTROPHE. Crise violente au cours de laquelle le sujet, éprouvant la situation amoureuse comme une impasse définitive, un piège dont il ne pourra jamais sortir, se voit voué à une destruction totale de lui-même.

Clin d'yeux aux insulaires temporaires de Batz



Une des plus belles chansons du monde...

http://www.youtube.com/watch?v=fc5y88xIAhU

Marie-Jeanne-Gabrielle,
Louis Capart

Ou en public, avec un baiser sur la bouche pour conclure.

http://www.youtube.com/watch?v=gdDfZ8CEH-o&feature=related


Photo Ile de Sein, Laurent BERNEY

Slow down, Cali Rezo

http://www.calirezo.com/dotclear/index.php?post/2009/09/13/Fitter-Happier

Foi

Je ne croirai en tes yeux
Que j'en aurai léché le sel

Je ne croirai en tes épaules fines
Que j'en aurai fait craquer
Les os sous mes paumes

Je ne croirai en ton nez mutin
Que je l'aurai écrasé contre le mien

Je ne croirai en tes lèvres de velours
Que j'en aurai fait perler la sève écarlate
Mordillant la trace blanche
Cicatrice sous ton nez

Je ne croirai en toi
Déesse baroque et muette
Que tu m'auras roué, écorché, désaliéné
Des moelles pâteuses
Qui gavent mes sommeils

vendredi 19 février 2010

jeudi 18 février 2010

American Idiot

Green Day
























CD intégralement excellent.

C'est aussi géant en public :

 http://www.youtube.com/watch?v=j6B1NmtG6nE

Belle des eaux



Avec l'unique Pauline Belle, dans le rôle de la belle...qui a grandi rue Kléber à Périgueux.






http://www.courte-echelle.fr/diffusion/belle-des-eaux.html





Réponse à l'énigme du 6 février

X = l'âge en années du fils et Y l'âge en années de la mère.
Une mère a 21 ans de plus que son fils.
Donc X + 21 = Y
Dans 6 ans, son fils sera cinq fois plus jeune que sa mère.
Donc : 5 x (X + 6) = Y + 6
Extrayons Y de cette équation :
5X + 30 = Y + 6
Y = 5X + 24

On peut remplacer Y dans la première équation :
X + 21 = 5X + 24
- 3 = 4X
X = -3 : 4 an (moins trois quarts d'année)
X = - 9 mois

Où se trouve le père ?
Tout près de la mère !

Bonheur inépuisable



Le bonheur de vivre
Henri Matisse




Certains jours, ils se promenaient en bavardant pendant des heures entières. Ils se regardaient en souriant dans les glaces des devantures. Il leur semblait que tout était parfait ; ils marchaient librement, leurs mouvements étaient déliés, le temps ne semblait plus les atteindre. Il leur suffisait d'être là, dans la rue, un jour de froid sec, de grand vent, chaudement vêtus, à la tombée du jour, se dirigeant sans hâte, mais d'un bon pas, vers une demeure amie, pour que le moindre de leurs gestes - allumer une cigarette, acheter un cornet de marrons chauds, se faufiler dans la cohue d'une sortie de gare- leur apparaisse comme l'expression évidente, immédiate, d'un bonheur inépuisable.

Les choses, Georges PEREC,
début du chap. 5

Bonheurs

C'était une partition qu'elle parcourait en chantonnant.













de MAJA

Ed. Glénat, 2001.

mercredi 17 février 2010

La chanson du jongleur









 

Idéees blanches,

Idées noires

Comme les balles

Sortent des manches
Des mémoires
Et s'en vont au bal
Et se regardent
Sans arrêt
Rebondir
Sans jamais rien se dire,
Qu'elles restent
Dans leurs gestes
Bien séparées,
Dans le mélange
Dans l'échange
Deviendraient nos idées
Des idées folles
Qui s'envolent
Où l'on veut aller
A voler plus haut que nous qui sait ce qu'elles vont trouver !
Des couleurs nouvelles

Et des mots inconnus
Et des musiques irréelles
A jamais défendues.
Si vous voulez les attraper,
Vous vous casserez la gueule
Et resterez là tout seul
Comme dans les

Séries blanches,
Séries noires
De nos amours,
Quand le cœur flanche
Et veut y croire
On fait vite un détour.
On sait très bien qu'on ne va pas en mourir
Mais on ne veut rien dire.
C'est la danse
Des prudences.
N'allons pas 
Pour un je t'aime
Risquer même
De faire un faux pas.
Amour en panne,
Si tu planes,
Moi je reste en bas.
A voler plus haut que nous qui sait ce que tu trouveras !
Comme sur une île,
Reconnaître quelqu'un
Dans les minutes immobiles
Qui n'auront pas de fin.

Emmène-moi, tant pis pour moi
Si je me casse la gueule.
Je resterai là tout seul
Devant les

Pierres blanches,
Pierres noires
Qui sont tombées
Des avalanches
De l'histoire
Et que j'ai gardées
Comme les bons et les mauvais souvenirs
Mais ça ne veut rien dire.
Coquillages
De la plage
Bien alignés,
Je vous regarde,
Je vous garde
Sur la cheminee.
Je vous ramasse,
Je vous passe
Dans l'autre main, et
Je vous lance dans les airs et vous partirez en fumée !
Que le vent vous porte
Où s'en vont pour finir
Les idées noires, les amours mortes
Les mauvais souvenirs.
A chaque fois, je le sais bien,
Vous tomberez dans mes mains.
Je vous lancerai sans fin
Comme les

Balles blanches,
Balles noires
Du jongleur
Qui, le dimanche,
Dans les foires,
Font notre bonheur
Et qu'on regarde sans arrêt rebondir

Sans jamais rien leur dire.


Maxime Le Forestier  

mardi 16 février 2010

Un blog étrange et pénétrant

http://www.fentes-hysteriques.blogspot.com/

C'est Pauline qui m'a dit :

"Ecoute ça, ça devrait te plaire."

Bonne pioche, c'est génial. Un peu d'accordéon virtuose (façon Alain Pennec, mais ce sont Jean-Luc AMESTOY et Lionel SUAREZ) pour accompagner des chansons algériennes, arabes ou kabyles (le métissage est un enrichissement, en biologie d'abord, mais en art aussi, et en musique tout particulièrement). Le tout dans un propos de revendication de respect pour les immigrés venus pour travailler quand la France avait besoin de main d'oeuvre (la chanson que vous pouvez écouter ci-dessous a été écrite en 1970, par un poète travailleur immigré, voir le site lié).
Jubilatoire.

"La carte de résidence" de Slimane AZEM :
http://www.tactikollectif.org/article.php3?id_article=233





















Dans l'excellent lot, il y a une chanson chaâbi (chanson populaire nord africaine) célèbre.

Chehilet laayani (la prunelle de tes yeux) Chant de désespoir d'un immigré qui apprend que son amoureuse de l'autre côté de la Méditerranée, l'a oublié.

Ce texte en arabe dit :
Dites à la femme au si beau regard, celle dont l'amour m'a fait souffrir,
M'a fait souffrir et m'a tué, qu'il est tellement facile de s'attacher et tellement dur de se séparer
Je n'aurais jamais cru qu'elle m'oublierait, qu'elle oublierait mes souffrances et mes malheurs
Et que je finirais par être seul et étranger, c'est ce qui arrive à ceux qui aiment les coeurs insensibles
Si je pouvais avoir des ailes et voler, je traverserais des mers et des continents
Là je te dirais très chère, que je suis là rien que pour toi, je te conterais tout ce que j'ai enduré
Et tu sauras ce qui a touché mon coeur
Dites à le femme au si beau regard, celle dont l'amour m'a fait souffrir
M'a fait souffrir et m'a tué, qu'il est tellement facile de s'attacher et tellement dur de se séparer.

Une version de cette chanson :
 http://www.youtube.com/watch?v=7hF7gwSinEA

Les deux chansons écoutables ici en ligne sont bien sur ce CD, mais dans d'autres versions.

Orage et désespoir














De ta bouche est venu
L'éclair qui m'a foudroyé




Crédit photo :  http://obuhard.free.fr/orages2008.php

Un récit très osé













qui nous vient de la prude Angleterre du XVIIIème siècle. Son auteur, John CLELAND, diplomate et homme d'affaires, fit paraître ce récit à Londres, anonymement, en 1748. 

Fanny Hill, jeune fille de la campagne découvrant les moeurs de Londres, c'est le livre de l'immoralité récompensée (à l'inverse de la Justine de Sade). Dans une préface aux mémoires de Fanny Hill, (édition de 1910),  Guillaume Appolinaire déclare qu'elle est "la soeur anglaise de Manon Lescaut, mais moins malheureuse."

Ed. Minos - La différence








lundi 15 février 2010

Pourquoi ces dessins commentés

sont-ils si fascinants ?





















Hypothèse : entre le dessin et son commentaire, apparemment si éloignés, existe un espace de liberté où se libère une forme de poésie, et où l'imaginaire invente des formes nouvelles.


http://francois-matton.over-blog.com/

Le 10 mai 1981,

je participai à l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République. Je venais d'attraper 18 ans quelques mois plus tôt. C'était la première fois que je prenais part à un scrutin en tant que citoyen français. Il y eut des manifestations de joie sur les places publiques ce soir-là. A Laval, la foule était portée par un bonheur réel et les gens formaient des farandoles sur la place principale.
Mais cette liesse ne dura qu'un temps.

dimanche 14 février 2010

Et puisqu'

on est dans le bruit de qualité, signalons les

RAMONEURS DE MENHIRS,

qui s'amusent à cuisiner les airs bretons à la sauce hard rock. Les binious et les bombardes côtoient les guitares électriques avec une joie communicative.










http://www.youtube.com/watch?v=n6pJ4PriGzQ&feature=PlayList&p=0CCAD9E1E9F6A6F4&playnext=1&playnext_from=PL&index=15

Szymanski Shettler Morris

Tombé là dessus par hasard, comme toujours, à la BM de Périgueux
Ils se rangent eux-mêmes dans le genre "électro-punk"
Certes, ça cogne, mais ça reste assez mélodicieux. Enfin moi, j'aime beaucoup.

Un petit avant-goût ?

http://www.youtube.com/watch?v=VAwcNXrKg6k&feature=related

Injonction




Esplanade de Beaubourg
Samedi 30 janvier 2010

Douleur exquise

“Je suis partie du Japon le 25 octobre 1984 sans savoir que cette date marquerait le début d’un compte à rebours de quatre-vingt-douze jours qui allait aboutir à une rupture, banale, mais que j’avais vécue alors comme le moment le plus douloureux de ma vie. J’ai tenu ce voyage pour responsable. De retour en France, le 28 janvier 1985, j’ai choisi, par conjuration, de raconter ma souffrance plutôt que mon périple. En contrepartie, j’ai demandé à mes interlocuteurs, amis ou rencontres de fortune : « Quand avez-vous le plus souffert ? » Cet échange cesserait quand j’aurais épuisé ma propre histoire à force de la raconter, ou bien relativisé ma peine face à celle des autres.”
Sophie Calle


"C’était une fin d’après-midi hivernale, en 1974. Je ne me souviens ni du mois ni du jour. Ce devait être un samedi. Une demi-heure plus tôt, rue Scribe, alors que j’étais follement épris de lui, T. m’avait annoncé notre rupture. Je ne sais plus quels mots il avait employés, mais ils avaient un caractère définitif. Je me suis retrouvé seul, place de l’Opéra. J’ai descendu les marches du métro, tandis que sortait de mon estomac, sortait de ma gorge, sortait de ma voix, une voix que je n’avais jamais entendue. Je poussais des braillements qui me stupéfiaient, me tordaient le ventre, ouvraient grande ma bouche. Je hurlais dans le métro. Par hasard, j’avais entre les mains une pile de quarante-cinq tours : les tubes de l’été. Je me suis effondré sur un banc. Alors, un Noir assis à côté de moi m’a retiré très doucement les disques des mains, il en a lu les titres à haute voix, en les chantonnant au fur et à mesure. Love me Baby, Sugar Baby Love… Le métro est arrivé, j’ai repris les quarante-cinq tours. Mes cris avaient cessé, mes larmes ruisselaient."

















Sophie Calle par Jean-Baptiste Mondino





















Pas de référence trouvée pour cette photo

samedi 13 février 2010

...

Celui des deux qui reste
Se retrouve en enfer

Les vieux, Jacques BREL

Le CD

que j'ai le plus offert ces derniers temps.

Sous la moquette

Deux semaines passèrent et cela recommença.



















Les mystères de Harris Burdick
Chris Van Allsburgh
L'école des loisirs

Oui, ben moi,

les Martine détournés,





































ça me fait bien rigoler...
Le site générateur de ces couvertures détournées (qui était accessible à tous) a été fermé à la demande des éditions Casterman... C'est vrai que d'une icône, toutes ces blagues l'ont transformée en e-conne.