lundi 28 janvier 2019

Asako I et II, de Ryusuke Hamagushi

Et vous, qu'auriez-vous fait à sa place ?

Lorsque réapparait son premier amour dans la seconde vie qu'elle s'est construite pour l'oublier, auriez-vous fait comme l'héroïne et suivi ce très beau garçon sans l'ombre d'une hésitation, tournant le dos à la vie heureuse qui l'attendait pourtant avec un compagnon génial ?

Il faut dire que dans le film, ce nouveau compagnon a une particularité étonnante, la petite Asako ne l'avait pas choisi du tout par hasard...

Un très beau film, plein de japoniaiseries (ces conventions sociales très prégnantes qui règlent les relations humaines au Japon -et nous le rendent souvent énigmatique-) qui font de ce film aussi une étude sociologique intéressante. 

Film sorti le 2 janvier 2019








































Erika Karata et Masahiro Higashide, les deux acteurs principaux d'Asako






dimanche 27 janvier 2019

Jules, de Didier Van Cauwelaert

Jules est un chien d'aveugle dont la maîtresse doit bientôt se faire opérer pour retrouver la vue. A Orly, elle fait la connaissance d'un vendeur qui, tombé sous le charme de la fille, intervient pour que lors du voyage, on ne sépare pas le binôme. A Priori rien ne laisse penser que le jeune homme recroisera la route de cette inconnue qui avance à tâtons dans la vie. Mais le chien, qui n'oubliera plus le gars, a plus d'un tour dans son harnais pour les rapprocher !

L'occasion de découvrir ce métier de chien d'aveugle, qui mène à des comportements humanoïdes. Je ne savais pas qu'un toutou ultra éduqué pour une mission très spécialisée, peut déprimer lorsque cette mission s'arrête ou est mal redéfinie. Il peut aussi donner l'impression de prendre son destin en main ou bien donner des signaux qui semblent assez clairs quant à ses désirs...

J'ai eu grand plaisir à lire ça. Pour moi, c'est un fil-goût-de-bouc*.















































Didier Van Cauwelaert

Photo Wiki

*Feel good book






jeudi 24 janvier 2019

Ground XO, de Hannelore Cayre

Après l'excellent "La daronne", je reviens vers cette autrice, qui parle de ce qu'elle connait, le milieu de la justice, puisqu'en plus d'écrire des romans ou des scénarios de films, de réaliser également des films, elle est avocate à la cour d'appel de Paris.
La daronne était traductrice judiciaire, ici, Christophe Leibowitz le personnage principal, est avocat.
Il commence par faire un héritage inattendu, qui le mène en Charente dans le milieu des producteurs de cognac -d'où le titre. XO est une classe de qualité du Cognac, la meilleure en fait, celle de l'alcool d'au moins 10 ans d'âge…

Comme j'ai bien aimé ce retour de lecture, je vous en fais part gracieusement :

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« C'était la veille de Noël.
J'avais prêté serment un 24 décembre. Cela faisait exactement vingt ans.
Vingt années de barre que je venais de m'enquiller avec à chaque rentrée la même promesse : « Encore cinq ans et c'est fini, je raccroche la robe. »... »

Ainsi commence le troisième volet du triptyque de notre avocat pénaliste névrosé Christophe Leibowitz. Après « Commis d'office » et « Toiles de maîtres ».

Toujours aussi attachant, naviguant dans les milieux interlopes, du rap et de la drogue, le voilà au gré d'un hasard fantaisiste, héritier d'une marque de cognac. Cet alcool a une cote d'enfer aux Etats-Unis, dans le milieu hip-hop.

Afin de rompre son ennui qui frôle la mélancolie, voilà donc notre héros qui se met dans la tête de mettre cette boisson à la mode dans notre vieille France.

Il se trouve qu'il a dans sa clientèle un rappeur avec un sacré paquet d'honoraires impayés, après diverses condamnations, notamment pour trafic de cocaïne.

Pour solde de tout compte, il propose à ce dealer la mission de composer un rap, qui après enregistrement et diffusion d'un clip, aurait pour but de faire un tabac dans le show-business.

Ce dealer se révélera, en dehors de ses talents de compositeur, un homme très intelligent et d'une grande finesse, mais pas que... «... De plus, en bon dealer qu'il était, il ne se droguait pas, ne buvait pas et méprisait la dépendance sous toutes ses formes. Cette circonstance, aggravante en matière pénale, se révélerait salvatrice dans sa nouvelle vie, lui épargnant un destin mélodramatique... »

Maître Hannelore Cayre écrit comme un mec, où la gouaille, le langage des quartiers, l'argot, le luxe et l'élégance font bon ménage.

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Critiques libres




























A l'accordéonnerie d'Antoine Errotaberea

à Escamps, près de Lalbenque, dans le Lot.



Antoine dans son atelier. 

Je venais pour le changement d'une lame de mon accordéon diatonique d'étude, Hohner de base sur lequel j'ai commencé à jouer, à peu près tout seul. 


























Choisir la lame adéquate…





Dans la partie de son atelier où il règle la justesse des lames, 



























il s'agit de limer celle-ci pour obtenir la hauteur parfaite. Avec une petite lime rotative...



























La lame est collée à la cire, qu'il faut faire chauffer -et fondre- dans un grand pot.




























Pendant ce temps, je regarde les accordéons que fabrique Antoine.

Ceci est un modèle de base, d'une série nommée "Simplex", qui a l'avantage d'être basique, pour les débutants qui veulent un "vrai instrument" de luthier, dans des conditions financières raisonnables.
 



























En attendant, je réfléchissais au type d'instrument qui me permettrait de faire évoluer ma pratique du machin à bretelles...

Il se pourrait que mon choix se porte sur un type de Simplex un peu amélioré, en tablant sur une qualité de lames supérieure, et en choisissant deux rangées et demi de touches pour la main droite (c'est la mélodie, le chant), ce qui offre des possibilités d'altérations (dièses et bémols) plus étendues, avec 12 touches de basses, plutôt que 8 actuellement...
Antoine avait des boîtes toutes prêtes, je pouvais aussi choisir la teinte du bois. J'ai bien aimé celle-ci.




























Merci Antoine pour l'accueil !


L'accordéonerie



jeudi 17 janvier 2019

Solidarité avec les étudiants étrangers !

Attention, tenez vous bien, les frais de scolarité, pour des étudiants étrangers, par année de licence, passeraient donc de 170 à 2770 € !

Qui dit mieux comme augmentation de frais ? Certes c'est encore moins que nombre d'universités à l'étranger. Mais est-ce que les prodigieux emprunts que doivent contracter les étudiants anglo-saxons sans jamais être sûrs de pouvoir les rembourser doivent devenir la norme chez nous ? C'est encore du macronisme galopant, ça...

L'article de Sud-Ouest.
















lundi 14 janvier 2019

Monsieur, de Rohena Gera

Dans l'Inde du XXIème siècle, les traditions ont la peau dure. Il y a un antagonisme de classes ou de castes (qui persistent malgré leur abolition officielle) qui scinde la société en groupes qui ne peuvent pas se rapprocher de façon intime.
Un fils de famille bourgeoise, qui se remet difficilement de l'annulation de son mariage, se rapproche doucement de la servante de sa mère. Le film est lent et délicat. Le jeune homme n'est pas représentatif des gens de sa classe. Il n'est pas plein de mépris pour les personnes d'un milieu plus modeste que lui. Il aimerait se rapprocher de cette jeune femme, mais tout est socialement bloqué. De tous les proches des deux jeunes gens, aucun ne semble penser qu'une relation est possible. Finalement, c'est la jeune femme elle-même qui préfère s'esquiver, car elle perçoit de graves menaces de son côté, si elle confirmait le rapprochement.
Mais il y a une chute assez optimiste…
Un film pertinent et très touchant.







Les invisibles de Louis-Julien Petit

Je n'étais pas bien en état d'apprécier ce film pour des raisons persos… Je n'ai guère goûté ce que j'ai perçu. Je pense que c'est un film réussi, mais cela m'a quand même paru plein de bonnes intentions. Je n'ai vraiment pas aimé -au moins un- passage que j'ai jugé allégorique et malvenu, des femmes sortant d'un bâtiment au ralenti, des gros plans de sourires, avec une musique trop forte, on était dans une pub pour un crédit coopératif. On m'a dit que c'était très drôle.
Il faut que je le revoie au calme…




La rencontre des corps, une histoire du sexe

Conférence-débat organisée lors du Monde Festival, le 7 octobre dernier au palais Garnier.
L'occasion d'entendre et de voir Michèle Perrot et Alain Corbin, que je ne connaissais que par quelques lectures.*





* D'Alain Corbin, j'avais en particulier très apprécié "Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot,", performance d'historien, puisqu'il s'agissait de faire un essai de restitution de la vie d'un sabotier du Perche de la fin du XIXème, homme ordinaire pointé au hasard dans un registre d'état civil…










La robe blanche, de Nathalie Léger

J'ai mis un  certain temps à rentrer dans le sens de cette écriture, cela s'est fait doucement comme le point réalisé par l'auto-focus d'un appareil photo à partir d'une image floue.
Je suis arrivé à cette lecture conseillé par un des hurluberlus du Masque et la Plume, en fin d'émission, lorsqu'ils proposent tous un coup de cœur en marge des titres discutés dans l'émission.

Pippa Bacca, une artiste italienne a vraiment existé et son histoire tragique n'est pas une fiction. Elle s'interrompt dans une grosse voiture en Turquie, en mars 2008. C'était au cours d'un voyage en stop, vers le Moyen-Orient, effectué intégralement dans une robe de mariée. Elle avait imaginé cette aventure avec un ami artiste pour parler de paix entre les peuples.

Nathalie Léger reprend le parcours de cette femme italienne, mais rapidement, il est évident qu'elle nous parle d'elle-même, en particulier de sa relation forte  avec sa mère. Ce sont des résonnances de cette tragédie avec sa propre expérience qu'elle développe. Vers la fin du récit, elle décrit un souvenir, sa mère essayant devant un parterre de vieilles copines sa robe de mariée qu'elle a conservée. Souvenir lourd, ce mariage ayant été un désastre intégral. Pour moi,  cette scène est une des clés de ce livre singulier et envoûtant.


"Une robe blanche suffit-elle à racheter les souffrances du monde ? Sans doute pas plus que les mots ne peuvent rendre justice à une mère en larmes" Nathalie Léger.
(Les deux dernières phrases figurant sur la 4ème de couverture)









































Nathalie Léger

Photo John Foley / POL





dimanche 13 janvier 2019

Je me souviens (60)

du plaisir nouveau à sortir la poubelle noire, les premières fois qu'on a commencé à trier les déchets et à faire du compost. Parce qu'elle ne sentait plus, ne pesait plus rien. C'était à la fin des années 80. Il était évident alors que ces petits gestes allaient sauver le monde.

samedi 12 janvier 2019

Avec les gilets jaunes de Dordogne

Grâce à Reporterre.












Depuis le 17 novembre et malgré les pressions des gendarmes, les Gilets jaunes de Montpon-Ménestérol, en Dordogne, poursuivent actions et occupation de ronds-points. Ils ont même acheté une caravane pour se déplacer plus facilement. Au-delà de leurs revendications, ils y cultivent l’amitié et la solidarité.

  • Montpon-Ménestérol (Dordogne), reportage
La semaine a commencé fort pour les Gilets jaunes de Montpon-Ménestérol (Dordogne). Lundi 7 janvier à midi, ils étaient une dizaine autour du brasero à commenter la visite des forces de l’ordre le matin même sur leur campement. Alain, bonnet enfoncé sur le crâne, n’en revient pas : « J’ai 72 ans et je me fais tutoyer par les gendarmes ! » « Le respect devrait aller dans les deux sens. Mais l’adjudant-chef nous a discriminés en nous disant que si nous n’étions pas contents, nous n’avions qu’à changer de pays », s’indigne Julien, ancien militaire. « Le gouvernement veut nous pousser à la violence », analyse François, en recherche d’emploi après avoir fait « un peu de tout, de syndic d’immeuble à agent aéroportuaire ». « Et une partie de moi veut leur en faire baver. Mais une autre me dit qu’il faut rester le plus calme possible pour conserver l’adhésion de la population. C’est facile de fabriquer une petite bombe, les ingrédients sont en libre-service à Bricomarché. La faute est tentante, mais il ne faut pas lâcher. »

Depuis le 17 novembre et malgré les pressions des gendarmes, les Gilets jaunes de Montpon-Ménestérol, en Dordogne, poursuivent actions et occupation de ronds-points. Ils ont même acheté une caravane pour se déplacer plus facilement. Au-delà de leurs revendications, ils y cultivent l’amitié et la solidarité.

L'article complet d'Emilie MASSEMIN


Merci Pierre-Elie.

Un peu de soleil dans l'eau froide, de Françoise Sagan

Retour aux valeurs sûres.
Après plusieurs tentatives de lecture de trucs peu passionnants et abandonnés en chemin, se replonger dans la subtile analyse des passions humaines de cette enragée de Sagan.
L'histoire d'un amour passionnel et destructeur, avec une dissymétrie à mon sens bien observée entre l'engagement total et sans concession de la femme amoureuse et l'attitude rapidement distante, analytique et pleine de relativité de l'homme, une fois le couple formé et les premiers feux éteints.

"À Limoges, Nathalie Silvener, une femme mariée, tombe amoureuse de Gilles Lantier, un brillant journaliste parisien dépressif, lui-même en couple avec Héloïse, une top-model."

Allociné (l'histoire a été adaptée à l'écran par Jacques Deray, en 1971) 


"Il sortit avec elle un peu rassuré; une femme qui a lu est moins inquiétante, elle sait vaguement ce qui l'attend- ou ce qui attend l'autre."

Le titre est tiré de ce poème de Paul Eluard :


VIVRE ICI

 

Quand je l’ai vue, je l’ai perdue

La trace d’une hermine sur les vitres givrées.

Une étoile, à peine une étoile, la lumière,

Ses ongles sur le marbre éveillé de la nuit.

 

Je ne parle plus pour personne,

Le jour et la nuit se mêlent si bien dans la chevelure,

Sous mon regard, sous ses cheveux elle se fane,

Être vertueux, c’est être seul.

 

Inconnue, elle était ma forme préférée,

Je n’avais pas le souci d’être un homme,

Et, vain, je m’étonne d’avoir eu à subir

Mon désir comme un peu de soleil dans l’eau froide.









vendredi 11 janvier 2019

Je suis de Castelsarrasin, de Hakim et Mouss, Lo Barrut + Olivia Ruiz




Je reviens vers vous, d'Olivier Tallec

S'il y a un truc qui doit l'agacer le breton de Morlaix, c'est qu'on le range aux côtés du Vouktchevitch (Voutch de son nom d'auteur), le parisien de 12 ans son aîné, dont nous avions narré là, par exemple.
Il faut dire que leur humour utilise les mêmes ressorts, et que la forme graphique est très semblable. Je pense qu'on me présenterait des dessins nouveaux de l'un ou l'autre, j'aurais bien du mal à distinguer leur auteur.
Peut-être que les univers de Tallec sont plus "exotiques" ou noirs que ceux de Voutch…
Pas évident.
Bref.

On est tombés sur le breton lors de recherches kadonoélistiques. J'ai décidé de le garder pour moi, finalement.

Quelques dessins sur son site…












Lectrices

Un blog très coquin avec des lectrices comme je ne déteste pas.






Photo David Dubn




mardi 8 janvier 2019

Chehilet Laâyani, (Mouss et Hakim) CD Origines contrôlées





Zaï Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro

Un peu l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en mettant cette BD en avant, tellement elle est déjà repérée, a circulé sous les sapins, s'est échangée dans tous les sens, parfois contre "Moins qu'hier, plus que demain", du même auteur…

L'histoire d'un type qui fait ses courses au supermarché, mais qui a oublié sa carte de fidélité. Or dans le monde nonsense de l'auteur, ceci est un délit. S'ensuivent des scènes insensées savoureuses, où la logique cartésienne n'a pas toujours sa place…

Quelques-unes des premières planches, qu'on trouve ici…