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dimanche 7 juin 2020

"Il n'y a pas de violences policières en France!" prétend Christian Jacob, Président des Républicains











Moi je dis que c'est facile de répandre des informations fausses ou des rumeurs dans le PAF.
Par exemple vous savez quoi ? Il parait, -mais je ne sais pas, je l'ai seulement entendu dire-, il parait que Christian Jacob est un homme honnête !

Pourrait-il un jour avant d'asséner des contre-vérités aussi énormes, aller faire un tour incognito dans une manif parisienne, constater que les manifestants paisibles se font tout à coup nasser, bombarder de lacrymos, puis agresser par armes soi-disant défensives mais capables de mutiler le premier venu ?
Quand il aura fait cette expérience, il pourra donner une opinion motivée sur les agissements de la police française.

Faut-il rappeler un exemple parmi cent, qu'une vieille dame fermant ses volets au-dessus d'une manifestation des gilets jaunes à Marseille s'est pris une grenade et est allée mourir à l'hôpital ?



dimanche 12 avril 2020

Interdit d'interdire : Franck Lepage sur «Covid-19 : l'ami des dominants» ?




Pendant la pandémie, la répression continue !

Évacuation de la Zad de Brétignolles-sur-Mer : les autorités n’ont pas respecté le confinement

La « Zad de la dune » a été évacuée mercredi 8 avril, en fin d’après-midi, à Brétignolles-sur-Mer (Vendée). Les autorités publiques et municipales ont enfreint les règles de confinement pour vandaliser la Zad. Le but : construire un port inutile et détruisant la biodiversité.

Mercredi matin 8 avril, un incident a éclaté aux alentours de la Zad de Brétignoles-sur-Mer. D’après les occupants du site, un couple d’automobilistes aurait écrasé un chiot leur appartenant. En retour, le propriétaire de l’animal a détérioré le véhicule, ce qui a conduit à une première intervention de la gendarmerie. L’homme a été interpellé.

En fin d’après-midi, le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) s’est déplacé pour interpeller et arrêter les occupants de la dune. « La vingtaine de camarades présente sur place a été nassée dans les champs puis embarquée vers 18 h 30 pour des contrôles d’identité », indique un communiqué de presse écrit par les « gardiens de la dune ».

D’après un témoignage recueilli par France Bleu Loire Océan, le dispositif déployé (hélicoptère, drones, nombre de véhicules) était « impressionnant ». Selon Les Sables – Vendée Journal, « l’opération aura mobilisé deux Psig, un escadron de gendarmerie mobile, une quinzaine de gendarmes motocyclistes et 36 enquêteurs pour vérification d’identité ».

Les militants ont été répartis dans différents commissariats du département. La majorité a depuis été relâchée. « Certain.es sont sorti.es très tard [dans la nuit de mercredi 8 à jeudi 9 avril] dans des villes qu’iels ne connaissent pas, iels se sont donc retrouvé.es à la rue en pleine nuit et loin de tout soutien, à la merci du moindre contrôle et d’une amende puisque aucune attestation ne leur a été délivrée », écrivent encore les zadistes.

Les Sables- Vendée Journal écrit que « l’opération de gendarmerie qui a été menée ne serait pas une évacuation planifiée », mais une procédure de « vérification d’identité » dans le cadre de la procédure ouverte à la suite de l’altercation entre l’homme et les automobilistes, citant le colonel Véronique Sandahl, commandant du groupement de gendarmerie de Vendée.

La suite de l'article de Reporterre.
















mardi 18 février 2020

Ce n'est pas un black block qui témoigne de l'ultra-violence policière, mais un ancien directeur de cabinet du préfet...

De ce témoignage, il est question dans la conférence de Lordon, juste ci-dessous...

Des policiers qui tutoient systématiquement, qui insultent à tour de bras et qui frappent comme des sourds des gens qui ne font que marcher paisiblement… au point de briser leur matraque…

La Dordogne n'est pas citée directement comme lieu de sévices, mais ce monsieur a été en poste chez nous...

Un témoignage indispensable !



dimanche 16 février 2020

Lordon fout sa zone !

Passionnant, et pour une fois, pas trop perché dans une absconserie inter stellaire !

Ne pas manquer sa vision des forces de "l'ordre" dans notre pays… (46ème minute)




mercredi 5 février 2020

Niouzes de la Macronie, rubrique des évidences qui sautent aux yeux !

La politique économique d’Emmanuel Macron profite d’abord aux actifs et aux plus aisés


« Les perdants se trouvent parmi les plus modestes, les chômeurs et les retraités. Les 5 % de Français les plus pauvres devraient voir leur niveau de vie se réduire d’environ 240 euros par an alors que les 5 % les plus riches devraient voir le leur grimper de 2 905 euros par an », selon l’OFCE.

Article du Monde, 5 février 2020

dimanche 2 février 2020

Les femmes africaines en première ligne !


On suit !

"Trouvons une solution collective, ou bien… déménagez de l'Europe parce que j'ai l'intention de rester !"

Je ne trouve pas le nom de cette femme. Si quelqu'un sait...

Fatou Diome, donc !

Merci Miche !






mercredi 29 janvier 2020

J'aime bien cette idée-là

C'est reculer que d'être stationnaire,
On le devient de trop philosopher...






Je n'ai pas choisi la série de visuels qui accompagne cette jolie chanson, mais comme dirait Didier Super, "Y'en-en-en   a  des  bien-en-en-en-en-en" 

Chanson de 1901, paroles et musique de Charles d'Avray.





dimanche 19 janvier 2020

Les forces du maintien de "l'ordre" ont encore frappé

hier, à Paris. 
Curieusement on ne trouve pas facilement la vidéo incluse dans l'article du monde sur le web pour l'incruster sur des blogs...

Voici donc le lien vers cet article.

Des fonctionnaires consciencieux empêchent des personnes qui voient l'abus d'intervenir auprès de son collègue qui tabasse consciencieusement le jeune homme au visage ensanglanté couché sur le dos.

Pourquoi les gilets jaunes sont-ils systématiquement réprimés avec un usage disproportionné de la force ?

Même à Périgueux où les relations des manifestants avec la police sont empreintes d'ordinaire d'une certaine bonhomie...









lundi 6 janvier 2020

Rendre les trottinettes inutilisables : en voilà d'une action répréhensible !

Elle empêche les bobos de se donner bonne conscience en faisant du deux-roues à l'image écolo de bon ton. C'est vilain de faire cette action rapide et quasi sans risque de se faire prendre. Je ne conseille à personne de ne pas éviter de se retenir de la faire, même si c'est vrai que ça fait prendre l'air et qu'on a tous besoin de respirer un peu par ces temps nauséeux...



dimanche 29 décembre 2019

Dans le Monde Diplomatique, comment l'exemple de la déviation de Beynac devient un cas d'espèce des dérives de la décentralisation

Décentralisation ou féodalisation ? Une histoire périgourdine

Depuis sa consécration en 1982, toute difficulté politique entraîne des promesses de décentralisation. Cela ne se discute pas plus qu’un article de foi : ce serait forcément un progrès démocratique que de confier plus de pouvoir à des élus locaux plus proches du peuple et de ses problèmes que les fonctionnaires d’État et les dirigeants politiques nationaux. On oublie en général de préciser que que la décentralisation procédait aussi d’une révolte de grand notable, comme le suggère son initiateur Gaston Defferre, pressé de se débarrasser de la tutelle des préfets. Les risques inhérents à un pouvoir plus proche des gouvernés, comme la corruption ou le clientélisme, passent ainsi à la trappe. Oubliés aussi les coûts de cette réforme, les dépenses parfois somptuaires pour des conseils départementaux tout neufs. Oubliés encore la corruption massive au profit des partis avant que les scandales et les chambres régionales des comptes y mettent bon ordre.
Significativement, le mouvement des « gilets jaunes » a soulevé de nouveaux appels à plus de décentralisation. Sans en être la cause immédiate, ne porte-t-elle pas une part de responsabilité dans la mobilisation de catégories sociales se sentant laissées pour compte dans leurs environnements suburbains ou ruraux ? Les centres-villes désertés, aux façades murées, aux logements « à vendre », sont bien le pendant des centres commerciaux installés en périphérie et qui n’offrent à la population locale que la tristesse de la consommation du week-end. Quant à l’urbanisation des périphéries lointaines, les petits pavillons n’offrent peut-être pas le paradis vanté par ses promoteurs, d’autant plus qu’ils sont éloignés des lieux de travail. À cet égard, la décentralisation a échoué à desserrer l’étau des mécontentements sur l’État. Les dirigeants nationaux ont espéré en vain que les revendications politiques s’adresseraient davantage aux échelons locaux et qu’ainsi l’État central serait soulagé. Or, celui-ci reste contesté pour les politiques dont il n’a pas eu l’initiative. La politique d’aménagement du territoire, d’autres disent de déménagement, a déjà défiguré la France à coup de déviations, rocades, rond-points et centres commerciaux. Et si l’on parle encore de décentralisation, c’est aussi une manière d’espérer dans la classe politique locale pourtant largement responsable du gâchis. Ses défenseurs disent que cette décentralisation reste inachevée puisqu’elle a multiplié les échelons locaux au lieu de simplifier. Elle aurait même restauré un peu de la France d’ancien régime et de son anarchie administrative telle que l’historien Theda Skocpol parlait d’un « salmigondis ». Le département ne devait-il pas disparaître à l’occasion de la régionalisation ? Et pourquoi 36 000 communes — qui ont souvent du mal à trouver des maires — quand l’intercommunalité se développe partout ?
Une histoire dure depuis plusieurs années en Dordogne qui illustre bien ce qu’on peut appeler par euphémisme les dysfonctionnements de la décentralisation, sinon son absurdité. Le village de Beynac, 550 habitants, classé parmi les plus beaux villages de France, est traversé par une route coincée entre la rivière Dordogne et les maisons qui montent à flanc de falaise jusqu’au château du XIIe siècle qui domine toute la vallée. Des travaux viennent d’y être réalisés pour refaire un soutènement dangereux et élargir la chaussée. La tranquillité du lieu était perturbée pendant deux mois d’été (encore que cela soit sans comparaison avec l’ordinaire de la circulation urbaine). La traversée de Beynac est désormais fluide en été. Or un vieux projet abandonné a été au même moment exhumé par le Conseil départemental avec l’élection de son nouveau président socialiste Germinal Peiro, natif d’une commune voisine : une déviation pour faire passer la circulation automobile de l’autre côté de la rivière, dans l’intérieur du méandre, avec deux ponts sur la rivière et un tunnel. Coût : 35 millions d’euros pour 3,2 kilomètres alors que le mur de soutènement dans le village a coûté 2 millions. Et ce apparemment pour un faible bénéfice.
Le projet a déchaîné les passions quand un arrêté préfectoral a autorisé les travaux en janvier 2018. Immédiatement commencés, ils soulevèrent les oppositions : la déviation n’avait-elle pas perdu tout intérêt depuis l’aménagement de la traversée de Beynac ? N’allait-on pas défigurer un paysage exceptionnel dominé par une douzaine de châteaux ? Le conflit porta surtout sur une dimension environnementale. L’association Sepanso 24 (Sauvons la vallée de la Dordogne) et la Demeure historique (association de défense du patrimoine) déposèrent un recours en référé devant le tribunal administratif pour demander une suspension des travaux sur la vallée classée Natura 2000 et réserve de biosphère par l’Unesco. Deux fois déboutées, elles s’adressèrent au Conseil d’État. En décembre 2018, celui-ci émettait de sérieux doutes sur l’utilité de la déviation en matière de sécurité et de commodité, s’inquiétait des conséquences sur l’environnement et sur l’attractivité touristique. Il reprenait enfin le principe de dérogation aux normes environnementales figurant dans le code de l’environnement : il fallait une « raison impérative d’intérêt public majeur ». En conséquence, les travaux étaient suspendus. En attendant un jugement sur le fond du tribunal administratif de Bordeaux, le chantier était arrêté avec une lenteur calculée.
Retraçons brièvement un parcours judiciaire où il est excusable de se perdre. En avril 2019, l’affaire arrivait devant le Tribunal administratif de Bordeaux. Double coup de théâtre : l’avis de la rapporteure publique ne suivait pas le Conseil d’État ; à l’inverse, contre cet avis, le tribunal administratif annulait l’arrêté préfectoral d’autorisation d’entreprendre les travaux avec une injonction de remise en état. L’État renonçait à faire appel en un geste apparent de neutralité. Le Conseil départemental demanda un sursis à exécution qui revenait à reprendre les travaux. Rejeté en attendant un jugement sur le fond. Après les conclusions de la rapporteure publique, cette fois défavorables à la déviation, la Cour d’appel de Bordeaux confirmait le jugement de première instance le 10 décembre 2019. Le conseil départemental annonça alors un pourvoi en cassation devant le conseil d’État dont on imagine mal qu’il se dédira de son précédent jugement. Le gaspillage, la faute politique, la personnalité du président du conseil départemental et la perspective d’élections locales expliquent une obstination rare dans un feuilleton opaque.
Le parcours judiciaire fut accompagné de péripéties prêtant à sourire ou à s’indigner. La mobilisation locale s’étendit par une pétition en ligne et en impliquant des personnalités comme le responsable du patrimoine Stéphane Bern, ou Franck Dubosc, ancien vacancier du camping proche de Cénac, ou encore le photographe Yann Arthus Bertrand. Tel Simon le stylite, un zadiste courageux s’installa au sommet d’une grue de chantier pour en interdire l’usage. Sur plainte du conseil départemental, il comparut devant le tribunal correctionnel, relaxé avant d’être renvoyé en appel. Des opposants au projet invitèrent les touristes à faire le détour pour admirer l’œuvre inachevée d’un pont à moitié jeté sur la Dordogne. Brouillé avec la municipalité de Beynac, le conseil départemental envoya une équipe pour faire arrêter les travaux de réfection de la voie traversant Beynac. Forcément, les échanges furent souvent vifs, le président du Conseil en tête qui crut voir dans la contestation une guerre des châtelains contre les paysans, accusant notamment le chargé de mission de préservation du patrimoine auprès du chef de l’État : « Stéphane Bern est un ignare. Il répète bêtement ce que lui disent ses amis châtelains ! »
Dans la phase judiciaire de l’affaire, le président du conseil départemental mobilisait les élus. Fin août 2019, François Hollande, voisin de Corrèze en « visite privée », se rendit sur le pont inachevé pour approuver les travaux qui, selon lui, conciliaient développement et environnement. Une semaine plus tard, douze présidents des conseils départementaux de la région Nouvelle Aquitaine s’y retrouvaient pour apporter un même soutien à leur pair. Ancien ministre des transports, Dominique Bussereau, président du conseil départemental de Charente Maritime, invoqua le précédent d’un recours contre un aménagement routier de son département ayant retardé les travaux au prix d’une dizaine de morts. De mémoire d’habitant, il n’y avait eu aucun mort sur la portion de route de Beynac. Dans cette union sacrée autour du souci d’éviter le gaspillage occasionné par l’arrêt des travaux, une lettre fut envoyée au président de la République. En novembre 2019, la plupart des élus du département, de gauche et de droite, se réunirent au chef-lieu Périgueux sous une pluie battante, pour soutenir le projet de déviation devant un millier de personnes. Beaucoup d’entre elles étaient ceintes d’une écharpe tricolore : les 400 maires du département avaient reçu une invitation. Avant l’appel du tribunal administratif de Bordeaux, les adversaires dénoncèrent une pression politique sur le tribunal. Le 26 novembre 2019, dans une ambiance électrique, la rapporteure publique n’en répéta pas moins que la déviation ne répondait pas à « une raison impérative d’intérêt général » et confirma l’obligation de détruire les ouvrages et de remettre en état dans un délai de 18 mois. Dépité, le président du département de la Dordogne lança que « les élus de la Dordogne n’étaient pas plus stupides que les autres ». Un cri du cœur.
Les partisans de la déviation ont beau jeu de dénoncer « l’absurdité » d’un tel gaspillage. Déjà plus de 20 millions d’euros engagés sans compter les frais de la destruction, cela parait « ubuesque » pour reprendre le discours du président du conseil départemental. Il fallait attendre le sort des recours, lui reprochent ses adversaires. La politique du fait accompli, mettant au pied du mur les opposants n’a pas été inventée en Dordogne mais elle s’y est traduite brutalement. L’affaire de Beynac n’est pas sans rappeler celles de Notre-Dame-des-Landes, de Sivens ou de Caussade, des aménagements imposés en catimini et dans la quasi-unanimité partisane. Si le président du conseil départemental Germinal Peiro est natif de la commune voisine dont son père fut le maire, son obstination extrême s’explique aussi par des convictions largement partagés par les élus locaux : le consensus modernisateur. Dans les départements touchés par le chômage, l’appauvrissement rural, les élus se rejoignent pour investir dans les projets qui satisfont leurs électeurs, du moins une partie d’entre eux, et entretiennent leurs clientèles. Ce volontarisme se nourrit largement de l’affaiblissement des divergences partisanes pour laisser place à l’idéologie commune du béton. À Beynac, est-ce seulement pour quelques minutes de gagnées ?
Il suffit de se rendre sur le trajet de la déviation par une impasse de cinq kilomètres pour se retrouver dans le petit hameau qui fait face aux falaises de Beynac et Marqueyssac et découvrir là un panorama splendide, dont on ne doute pas qu’une voie rapide le défigurera bientôt… mais aussi qu’elle ne pourra pas demeurer longtemps sans susciter l’idée d’y installer une zone commerciale et un parc de loisir. Après tout, ce ne serait que la traduction concrète de ce que le président du conseil départemental annonçait en disant que l’enjeu n’était « pas seulement de 3 kilomètres de route, c’est le développement du sud de la Dordogne ». Cette affaire marquera l’arrêt d’une politique discrétionnaire dans un espace large — le bassin de la Dordogne — tout entier classé en zone d’environnement protégé. Au prix fort de plusieurs dizaines de millions d’euros, et accessoirement de la destruction des vestiges d’un établissement gallo-romain recouvert par le béton. Mais au-delà, amendera-t-elle l’inconséquence d’une classe politique locale figée dans un temps révolu où les citoyens ne maîtrisaient pas les outils de mobilisation collective et, souvent, ne votaient même plus ? Il faudrait pourtant qu’ils s’avisent que ces citoyens ont changé.
On fait volontiers la critique de la représentation politique au niveau étatique en pointant la liberté d’élus forts d’un mandat en blanc, les abus plus ou au moins grands d’autorité et les manœuvres pour éviter tout contrôle démocratique. Et de débusquer généralement les symptômes de la confiscation. La politique locale s’en affranchit-elle par la proximité plus étroite entre électeurs et élus ? En grandissant ces derniers, du moins les principaux, il semble bien qu’elle ait restitué une distance. Comme si de nouveaux seigneurs féodaux, qui tiennent du suffrage universel, direct ou indirect, s’accordaient une légitimité sacrée, une conscience très haute de leur supériorité. Ils sont élus. Une nouvelle génération a pris son envol avec la présidence de François Mitterrand et a prospéré grâce aux affinités entre élus bâtisseurs — pour ne pas dire bétonneurs — et entreprises de travaux publics ou enseignes de supermarché. Tout en adoptant les vieilles ficelles de l’action politique, dont l’opacité des mesures et la politique du fait accompli. Il est rassurant et inquiétant à la fois que la justice administrative soit un dernier rempart contre un pouvoir élu discrétionnaire. D’autres projets se préparent aujourd’hui dans un semi-secret sur lesquels les initiateurs n’ont surtout pas envie de communiquer, en attendant le moment de se dévoiler, mais le plus tard possible.
La décentralisation n’est pas le remède polyvalent à la centralisation et aux limites du régime représentatif. Au contraire, elle semble plutôt en avoir reproduit les défauts. Dans la réflexion vitale sur les transformations politiques pour que vive ou survive la démocratie, elle doit être prise en compte au même titre que la politique nationale.
Alain Garrigou



jeudi 5 décembre 2019

T'inquiète, Manu, Nicolas est là !

C'est pas possible, il a un loft sur les toits de Paris à rembourser, ou quoi ?

La France est sur cale, mais Demorand est là, à l'antenne de France Inter,  ce matin, bon toutou.

Radio France se voit imposer un plan d' économie et de réduction drastique du personnel alors même que le réseau bat des records d'audience et qu'ils avaient déjà enchaîné les plans d'économie les années passées, mais  qu'est-ce que ça peut lui faire à mon Nicolas, qu'on lourde par dizaines des choristes du chœur de la radio ?
Droit dans ses bottes libérales mon Nico !

Une médaille en guise de satisfecit à Daniel Morin pour sa chronique pseudo-comique, plus sinistre aujourd'hui que jamais, mais qui aura bien fait s'éclater quand même la cruche qui glousse chaque matin autour de la table à micros. De braves gens.


dimanche 24 novembre 2019

Lormont tranche dans le vif : le point L ou rien !

Ou le retour raisonné de la dictature du prolétariat.




mardi 17 septembre 2019

Algues vertes, l'histoire interdite, de Inès Léraud et Pierre Van Hove

Pour les habitués des "Pieds sur terre", sur France Culture, Agnès Léraud est la réalisatrice de nombreuses enquêtes radiodiffusées, enregistrées en Bretagne, et révélant un climat hyper malsain dans les filières agricoles de la région.
Personnellement, je connaissais l'omerta qui règne autour de cette question des algues vertes. Les représentants de l'état, de la région, des communes (quelques exceptions heureusement…), les syndicats agricoles dominants, les lobbies de l'agro-industrie sont ligués pour qu'on cache au maximum les décès survenus à cause des émanations gazeuses d'hydrogène sulfuré.
Cette BD reprend l'historique des faits en allant chercher les responsables des blocages de l'info, et donnant tous les noms. C'est bien mais ça ne suffira pas. Tout est verrouillé, et il y a de nombreux agriculteurs hyper malheureux des contraintes financières dont ils ne savent comment sortir, avec de multiples obligations d'achat de semences, de phyto-sanitaires etc...
Les agriculteurs rebelles sont punis par des délais de livraison excessifs, des semences pourries et autres amabilités qui mettent clairement en danger les exploitations. Les coopératives agricoles bretonnes ne sont pas fraternelles.
D'où l'assourdissant silence dans les campagnes bretonnes...

En fin d'album, plein de docs officiels publiés.

Une interview d'Inès Léraud par Ouest-France











dimanche 11 août 2019

Frédéric Pierucci sur Thinkerview : 2 heures et quart de révélations fracassantes !







Bon, on avait déjà une petite idée du scandale, après avoir écouté Montebourg, dans le même cadre…
Petit détail qui n'en est pas un : il parle de torture dans les prisons américaines, pour ce qui concerne la vie quotidienne ordinaire des détenus… Et il sait de quoi il parle...





Mais je trouve que cet ancien ministre a du mal à faire croire à son désintéressement complet. C'est qu'on sent un ego redoutable… Le bon point chez lui, c'est de ne pas se déclarer terrassé ou impuissant, il propose des pistes pour sortir des bourdes monumentales qui ont été faites. On sent  qu'il a envie de secouer le cocotier…






mercredi 8 mai 2019

On est sauvés !



Je préfère ne pas citer la source. 







dimanche 5 mai 2019

RIC, le référendum d'initiative citoyenne expliqué à tous, par Raul Magni-Berton et Clara Egger

Les deux auteurs principaux ont répondu à un journaliste de Marianne, et cela éclaire grandement les points forts de ce livre...

Un livre co-écrit avec Ismaël Benslimane, Nelly Darbois, Albin Guillaud et Baptiste Pichot.


Avec "Le référendum d'initiative citoyenne expliqué à tous", Clara Egger et Raul Magni-Berton font un état des lieux du RIC en analysant sa pratique à travers le monde. Ils nous livrent aussi le mode d'emploi pour la France d'un mécanisme démocratique qui se gagne par la lutte.
C'est très vite devenu la revendication emblématique des gilets jaunes, presque le dénominateur commun d'un mouvement disparate. Le RIC, référendum d'initiative citoyenne, est apparu comme l'instrument de la reprise du pouvoir pour une population oubliée. Un évènement historique, car il est rarissime qu'un mouvement social réclame une mesure institutionnelle. Clara Egger et Raul Magni-Berton, deux universitaires grenoblois qui travaillent depuis des années sur la démocratie directe, l'ont remarqué tout en constatant que nombre de responsables politiques et de commentateurs redoutaient ce RIC perçu comme un dangereux saut dans l'inconnu de la volonté populaire.
Pourtant, on dispose de recul sur ce mécanisme existant dans 36 pays à travers le monde, bien qu'il n'ait jamais été utilisé dans 18 d'entre eux. Car le RIC compte nombre de variantes et certaines se révèlent impraticables. Les deux chercheurs en science politique nous l'apprennent dans Le référendum d'initiative citoyenne expliqué à tous, un livre qui relève aussi bien du mode d'emploi que de la méta-analyse. Il s'appuie en effet sur l'ensemble des études disponibles pour délivrer quantité de données sur ce référendum et ses conséquences. Un travail d'intérêt public à recommander à chacun, du bord des ronds-points à l'Elysée.
Marianne : Comment un pays en vient-il à instaurer le RIC ?
Clara Egger : On parle beaucoup d'une culture du compromis propre à la Suisse, en oubliant que le RIC y a résulté d'une lutte politique. C'est toujours quelque chose que les élus lâchent, car ils perdent du pouvoir en démocratie directe. La pression populaire les y contraint, comme en Suisse où l'on a frôlé plusieurs fois la guerre civile alors que des territoires réclamaient l'auto-gestion.
Raul Magni-Berton : En Europe de l'est, en Amérique du sud comme en Italie où on l'accorda à la chute de Mussolini, il a accompagné le passage d'une dictature à la démocratie. Contrairement à la Suisse ou aux Etats-Unis, il n'y a pas eu de lutte. Mais cela donne un RIC sans grand intérêt, car on l'a donné en le bridant.
"Les modèles qui marchent ont des seuils de signatures accessibles. (...) Les citoyens doivent aussi obtenir un contrôle total."
Vous constatez qu'il ne fonctionne bien qu'en Suisse et dans les états américains. Pourquoi ?
RMB : Le modèle suisse est le plus pur car il englobe tous les sujets en permettant une révision constitutionnelle, ce qui est également le cas dans de nombreux états des Etats-Unis, mais pas au niveau fédéral. Au contraire, dans le modèle sud-américain, beaucoup de sujets sont interdits. Or pour que le dispositif améliore les politiques publiques, notamment au plan budgétaire, les citoyens doivent obtenir un contrôle total.
CE : Les modèles qui marchent ont aussi des seuils de signatures accessibles, et encore plus importante est la question du quorum, taux de participation minimal pour valider une décision. Un instrument pour tuer le RIC.
Il témoigne tout de même de l'intérêt des gens concernés. Et en Suisse comme aux Etats-Unis, le taux de participation moyen s'avère faible. Y aurait-il un manque d'appétence pour cette démocratie directe ?
CE : Le RIC produit des publics sur des enjeux. Des gens se déplacent sur certains sujet et pas sur d'autres. Si je suis intéressé, je me renseigne et me prononce. Sinon je ne me déplace pas, et ce n'est pas grave. La participation pose problème quand elle renvoie à de l'exclusion, comme en France où l’abstention exprime un rejet du système plus qu'un désintérêt.
En France, il y a aussi comme une tendance à rejeter le peuple. Pour écarter l'idée du RIC, on suppose qu'il va mal voter...
CE : Ce même argument autrefois utilisé contre le suffrage universel ou le vote des femmes qu'on disait manipulées par les curés. Alors que si les gens ne sont pas sûrs de leur vote, s'ils trouvent la proposition trop risquée, ils la rejettent.
On observe ainsi des résultats plutôt mesurés.
RMB : Les décisions sont proches de ce que pense une personne moyenne et modérée. On constate aussi une plus grande responsabilité économique. Les pays avec le RIC ont moins de dette, moins de dépenses publiques. Chacune est évaluée en conséquence car ceux qui la votent la payent.
Il y aurait aussi une meilleure redistribution.
CE : Il est difficile d'être trop affirmatif car peu de pays disposent du RIC en matière fiscale. Reste que les chercheurs ont constaté que la dépense publique ne se fait pas au détriment des pauvres mais au bénéfice de la communauté.
RMB : Il n'y a ni plus ni moins de justice sociale avec la démocratie directe, mais davantage de redistribution grâce aux économies effectuées. En Suisse, il y a moins d’impôt, mais il va beaucoup plus qu'en France des riches vers les pauvres. Aux Etats-Unis, le président Madison refusa d'ailleurs la démocratie directe au niveau fédéral car il pensait que les pauvres allaient piller les riches, sauf que ce n'est pas le cas là où elle existe. Ce sont des pays capitalistes, mais leur fonctionnement permet aux pauvres de taxer les riches si besoin.
Le RIC ne représente pas non plus forcément l'avant-garde de la démocratie. Des états américains l'ont utilisé pour ré-introduire la peine de mort et la Suisse n'a accordé le droit de vote aux femmes qu'en 1971.
CE : Quand on a beaucoup de droits politiques, on a tendance à restreindre leur extension. Devenir un citoyen suisse prend ainsi longtemps, avec un contrôle très fort. Quant à la peine de mort, c'est l'opinion de la majorité qui compte. Les Etats-Unis sont connus pour l'aimer, le RIC ne fait que le refléter.
RMB : Sur ces mêmes sujets, mais en inversant les pays, on peut aussi avoir deux exemples de progressisme. Le Colorado fut le premier territoire à accorder le droit de vote aux femmes, par RIC en 1893, 51 ans avant la France. De son côté, la Suisse a voté contre la peine de mort en 1938, soit 43 ans avant la France.
Parmi les pays qui se sont dotés du RIC en Europe, certains ont-ils réinstauré la peine de mort ?
RMB : Non. Toutes les votations européennes depuis le 20ème siècle ont été contre, à l'exception d'un référendum d'initiative présidentielle en Biélorussie. Le RIC n'a lui jamais conduit à la moindre demande pour réintroduire cette peine.
Y a-t-il eu des retour en arrière sur l'avortement ou d'autres droits acquis ?
RMB : Aucun. Il y a eu des votes contre le mariage des homosexuels, mais seulement quand la question se posait, jamais pour revenir dessus.
"Le RIC produit un effet pacificateur chez les plus radicaux"
Pensez-vous qu'un mariage pour tous proposé par RIC aurait conduit à moins de tensions en France ?
CE : Probablement. Le RIC n'est pas incompatible avec les manifestations, mais il produit un effet pacificateur chez les plus radicaux car c'est un outil de conflit de type argumentatif. Et comme quand on joue à un jeu dont on connait les règles, on peut reconnaître sa défaite, quitte à recommencer. Alors que si la décision vient d'en haut, on a tendance à trouver le jeu injuste.
La jeunesse suisse apprécie d'ailleurs son système politique à la différence de bien d'autres...
RMB : On le voit particulièrement chez les extrémistes. Un jeune Macroniste est comparable à un centriste helvétique, mais si l'on prend les anti-capitalistes, les ultra-nationalistes ou les islamistes, ils sont en Suisse aussi contents du système que les autres, tandis que les Français y sont totalement opposés.
L'exemple suisse renvoie à un petit pays. Le RIC peut-il s'appliquer dans des grands ?
RMB : L'endroit où il est le plus utilisé après la Suisse, c'est la Californie. Avec 40 millions d'habitants, sa population est certes moindre qu'en France, mais son PIB est supérieur. Et elle a des marges de manœuvre très grande car aux Etats-Unis près de 80 % des impôts relèvent de l'Etat. La taille n'apparait pas comme un argument majeur, mais plus on donne de compétences à des échelons infra-nationaux, mieux le RIC fonctionne en permettant d'adapter les demandes aux besoins. Il peut marcher dans un pays centralisé, mais moins bien qu'avec une autonomie fiscale importante des régions.
Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, a mis dernièrement en garde contre le RIC en y voyant en Suisse un instrument pour les lobbys. Que lui répondez-vous ?
CE : Si l'on parle de groupes d'intérêts constitués quels qu'ils soient, tel que l'association des parents du quartier, oui, les lobbys seront avantagés. Car une organisation sera plus à même de faire une pétition. Ferrand évoque plutôt les lobbys économiques, qui collaborent déjà en France avec les élus pour rédiger les lois, de façon non transparente. Avec le RIC on les voit agir. Et avant de voter, on regarde la position de ceux auxquels on s'oppose, par exemple l'industrie du tabac.
RMB : Beaucoup de gens votent en fonction de qui ils détestent. Il veut ça, je vote le contraire. A la fin les politiques publiques ressemblent beaucoup plus à ce que veut la majorité que tel ou tel lobby. Ferrand se fonde sur l'idée que l'on peut manipuler plus facilement 51 % de l'électorat qu'un président. Or un pouvoir centralisé, et encore mieux un dictateur, est beaucoup plus facile à manipuler. Avec la population, c'est très dur. On l'a vu avec le référendum sur l'Europe de 2005 ou le Brexit. Tous les pouvoirs économiques étaient pour le oui, mais le non a gagné.
Peut-être à cause d'un climat de défiance...
RMB : En Suisse, tout le monde est parano, donc on veut voir carte sur table. Et dès qu'il y a trop de pub, c'est louche.
CE : Il est prouvé que le RIC accroit la confiance dans le système politique, mais pas celle dans les gouvernants. Il accroit au contraire la méfiance et le contrôle.
"Le RIC accroit énormément la connaissance"
Accroit-il aussi la connaissance ?
CE : De façon énorme. Deux indicateurs sont connus pour évaluer la connaissance politique, le revenu et l'éducation. Une étude menée en Suisse a montré que le RIC avait le même effet que d'amener à un diplôme les personnes ayant arrêté l'école à la fin de la scolarité obligatoire. Quant au revenu, l'effet RIC équivaut à une augmentation de 5000 à 9000 francs suisses par an. Cette mesure peu couteuse augmente ainsi considérablement la connaissance.
RMB : Un sondage a aussi été fait dans les pays européens pour évaluer les connaissances sur l'Union européenne. Les Suisses se sont révélés ceux qui en comprennent le mieux le système, eux qui ont voté non à l'adhésion.
Que vous inspire le référendum d'initiative partagée lancé par près de 200 parlementaires contre la privatisation des aéroports de Paris ?
RMB : On a le nombre de députés requis, une première, mais il manque un petit détail : les signatures. Il en faut près de 4,6 millions, 10 % du corps électoral.
Un seuil inhabituel ?
RMB : Non, c'est très courant dans les pays où ça ne marche pas.
Pourquoi préconisez-vous pour la France un seuil de 700.000 personnes ?
CE : Il faut un équilibre entre pourcentage d'électeurs et chiffre absolu. 700.000 correspond à 1,7 % du corps électoral. En Suisse c'est 2 %, mais la Suisse est petite. En Italie, c'est 1 %, mais ce n'est pas d'un niveau constitutionnel.
Vous proposez d'instaurer le RIC par une révision de l'article 89 de la Constitution, sans vous faire d'illusion. Seule une lutte de type gilets jaunes permettra-t-elle de le gagner ?
RMB : On ne croit pas qu'il sera donné. Ecouter Macron suffit pour s'en convaincre. Il peut certes proposer comme il semble vouloir le faire un RIC au niveau local, mais cela n'aura guère d'impact car les compétences des collectivités territoriales françaises sont très faibles. En l'associant avec le référendum d'initiative partagée, on serait proche d'un RIC à la russe, qui n'a jamais été utilisé car il combine des seuils trop importants et une limitation des sujets abordables. Nous voulons plutôt un RIC à la suisse. Et comme avoir un but clair rend une lutte efficace, on essaie de contribuer en montrant le plus évident, facilement revendicable.
*RIC, le référendum d'initiative citoyenne expliqué à tous, de Clara Egger et Raul Magni-Berton, FYP, sortie le 19 avril.