lundi 27 janvier 2020

Living Being, composition de jazz de Vincent Peirani

Emprunté par hasard à la Médiathèque de Périgueux, et adopté !

Accompagné du saxophoniste Emile ¨Parisien. Je n'ai pas les noms des autres musiciens. Sur l'album sont cités : Tony Paeleman (fender rhodes et Keys), Julien Herné (electric bass et electric guitar), Yoann Serra (drums) et Valentin Lietchi (electonics)





En hommage à la fille brune rencontrée dans un rêve ce matin, qui a quitté à un moment le groupe de ses copines qui mangeaient des fraises en les cueillant directement au jardin, pour venir me rejoindre et m'aider à chercher par terre un petit caillou magique, espèce de talisman lié à l'esprit de Mano Solo...


mardi 21 janvier 2020

Martin Eden, film de Pietro Marcello

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines. 
(Synopsis Allo-ciné)

J'ai mis une demi-heure à m'intéresser à ce personnage, puis son histoire a commencé à m'embarquer...

Il y a quelque chose de volontairement désuet ou daté dans la façon de filmer l'Italie du milieu du XXème siècle, qui me barbait carrément au début, puis j'ai finalement trouvé l'ensemble cohérent et intéressant. Je me suis demandé tout au long du film quelle part de la vraie vie de Jack LONDON ce roman qui est donc une adaptation, contenait...

Réponse de WIKI :

Depuis sa première publication en 1909, il apparaît très clairement que l'histoire de Martin Eden, héros au génie incompris, possède de nombreux points communs avec celle de son créateur. Tous deux sont des aventuriers, tous deux sont avides de se hisser au niveau de n'importe quel jeune homme de la classe bourgeoise. Tous deux sont autodidactes, rejetant ainsi la culture banale des riches de ce monde. Martin Eden reste, cependant, un ouvrage extrêmement romanesque. Il nous conte l'ascension douloureuse, puis l'abandon fatal qui conclut cette ascension, d'un jeune homme pauvre aveuglé par l'amour et les richesses dont il a toujours été privé. Il ne s'agit pas seulement d'un roman d'apprentissage, mais aussi du récit d'un désenchantement, du refus catégorique de se conformer à la vision commune de l'élite d'une société qui se gangrène, hermétiquement fermée à toute pensée originale, aussi brillante fut-elle.
Malgré une similarité entre la vie de Eden et de London, l'auteur a toujours protesté : cette œuvre serait une attaque contre le philosophe Nietzsche et l'individualisme.

Avec Luca Marinelli, sorti en octobre 2019





dimanche 19 janvier 2020

Les forces du maintien de "l'ordre" ont encore frappé

hier, à Paris. 
Curieusement on ne trouve pas facilement la vidéo incluse dans l'article du monde sur le web pour l'incruster sur des blogs...

Voici donc le lien vers cet article.

Des fonctionnaires consciencieux empêchent des personnes qui voient l'abus d'intervenir auprès de son collègue qui tabasse consciencieusement le jeune homme au visage ensanglanté couché sur le dos.

Pourquoi les gilets jaunes sont-ils systématiquement réprimés avec un usage disproportionné de la force ?

Même à Périgueux où les relations des manifestants avec la police sont empreintes d'ordinaire d'une certaine bonhomie...









samedi 18 janvier 2020

Koyunbaba, de Carlo Domenico

De retour d'un concert de guitare classique, je rapporte ceci dans mon esgourdecarcelle :

Le morceau le plus célèbre (je viens de le lire) de ce compositeur de morceaux pour guitare italien , inspiré par les musiques folkloriques. Là il reprend un thème de l'Anatolie turque.

C'est très magnifique selon mon opinion que j'ai. A un moment dans la quatrième partie, on entend vraiment le son du saz, le luth turc.



mardi 14 janvier 2020

samedi 11 janvier 2020

Fatiha Bendahmane, la bonne fée de Mano Solo

La première fois que j’ai rencontré Mano Solo, c’était en 1983. J’avais une vingtaine d’années et j'étais maquilleuse. je travaillais essentiellement pour les magazines et les défilés de mode, la publicité.

Ce jour-là, j'avais un rendez-vous professionnel rue Gérando, dans le 9ème arrondissement de Paris. Sur le chemin, j’ai décidé de rendre visite à un copain peintre, membre à l’époque du groupe de Street painting Les Puissances Populaires, qui se trouvait habiter cette même rue.

Mon coup de sonnette a déclenché une avalanche de protestations. J’ai entendu un gars crier d’un ton très désagréable qu’il voulait qu’on lui fiche la paix, qu’il avait envie qu’on le laisse dormir tranquille, avant de se lever en râlant. Mon ami était absent, et Mano, car c’est lui dont il s’agissait, s’est radouci en entendant une voix féminine, m’invitant à repasser plus tard.

Lorsque je suis revenue, après mon rendez-vous, j’ai trouvé un charmant jeune homme de 21 ans qui avait acheté des croissants et préparé du thé.

C’est ainsi qu’a démarré notre amitié.


L'article de Sauvagette complet (26 novembre 2012)













mercredi 8 janvier 2020

Le défi rempli au tiers !

Un an sans une goutte d'alcool. Après 4 mois, on sent bien qu'on est en bonne voie. (Je préfère voir le verre plein au tiers, que vide aux deux-tiers...)

Les substituts : la bière sans alcool, les jus de fruits et la citronnade maison...





lundi 6 janvier 2020

Manchester by the sea, film de Kenneth Lonergan

"MANCHESTER BY THE SEA" nous raconte l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi.
(Synopsis de Allociné)

Magnifique évocation d'une histoire familiale parsemée de naufrages et marquée par un sauvetage, celui du neveu Patrick par son oncle, au terme d'un apprivoisement réciproque très délicat…

Sorti en décembre 2016.





Rendre les trottinettes inutilisables : en voilà d'une action répréhensible !

Elle empêche les bobos de se donner bonne conscience en faisant du deux-roues à l'image écolo de bon ton. C'est vilain de faire cette action rapide et quasi sans risque de se faire prendre. Je ne conseille à personne de ne pas éviter de se retenir de la faire, même si c'est vrai que ça fait prendre l'air et qu'on a tous besoin de respirer un peu par ces temps nauséeux...



Les sentiments, film de Noémie Lvovsky

Avec Isabelle Carré, Nathalie Baye, Jean-Pierre Bacri et Melville Poupaud

Parce que l'histoire est trop commune, il n'y a pas de petites perles qui scintillent dans ce scénario trop souvent proposé de la crise des couples qui se trompent et qui en assument les conséquences...
Dommage, mais on passe quand même un excellent moment avec Jean-Pierre Bacri et Isabelle Carré (plus jeunes de quelques années maintenant, le film date de 2003), les deux qui rompent leur pacte amoureux initial justement, car leur jeu d'acteur sauve l'essentiel. Il y a des moments de silence où la caméra s'attarde sur le visage de Bacri, et là, la palette des expressions, toute en nuances, est absolument magnifique. Quant à la sensibilité de Carré, elle se met au service d'un personnage tout pétillant et fragile à la fois, très efficace. Le tout dans un cadre de vie de province très ordinaire. Chacun peut s'y retrouver, sans doute.
La question de la trahison du chéri est posée, Isabelle Carré n'a justement pas l'impression de faute, revendiquant un double amour assumé. La fin du film est tristounette et sans surprise...









mardi 31 décembre 2019

Petit guide pratique, ludique et illustré de l'effondrement, B.D. de E. Bertier et Y. Girard

Un choix de planches anciennes de BD étasuniennes, libres de droits et un gros détournement gaudriolesque pour le monde merveilleux des survivalistes.

Une des plus réussies : Pablo Servigneth dans la peau du Petit (grand) Jésus !



Mais Laurent Alexandre est très bien également...












En bonus, des jolies cartes...


Merci Baptiste !













Visa Transit, BD de Nicolas de Crécy

Prenez un cousin germain, réparez succinctement une vieille visa pourrie abandonnée sans roues, faites avec le cousin le pari que la teuf-teuf vous mènera jusqu'à Ankara, partez sur les routes du sud, puis...
laissez mariner pendant 30 ans ce souvenir dans les bains fantasmagorisants de votre mémoire bouillonnante et déformante, et servez ce récit de voyage sous forme de BD, garni de quelques évocations d'épisodes de votre enfance utiles à la compréhension du truc.
Vous obtenez un objet étonnant, description d'un voyage dans une Europe contemporaine et pourtant toute disparue sous les assauts du modernisme incontournable. Les deux jeunes n'ont pas de carte de crédit, pas de téléphone portable et internet ne faisait pas partie de leur quotidien.
Et cela a beaucoup de charme. Il faut dire que ces gars là ont la poésie chevillée… Ils partent avec une bibliothèque de leurs livres préférés, rangés dans des cartons entreposés sur la plage arrière, et devant, collé devant le passager sur le tableau de bord, un double cadran rouge,

où est écrit "radar 2000" en gros, récupéré d'un jeu de société, détail radicalement inutile qui leur tenait à cœur, comme si la réussite de leur entreprise tenait à ces loufoqueriess qu'un regard trop rapide aurait pu considérer comme inutiles voire nuisibles dans la vraie vie.
Le dessin est vraiment sympa, et on attend donc le tome 2...














! Viva la Velorución 2020 ¡





lundi 30 décembre 2019

Embrasse l'ours et porte-le dans la montagne, de Marc Graciano

Un récit court, percutant de couleurs, de précision (la langue est très riche), de merveilleux (on dirait un conte), une histoire exhumée d'un passé d'ancien régime, où tous les hommes n'ont pas la même considération pour l'ours…

J'ai trouvé cette critique fort pertinente :

" ...
Avec mon histoire particulière à la chimie, quand je lis dans Embrasse l’ours un joli égrainage de noms de plantes et de leurs vertus médicinales, c’est un monde immense de soins qui est déterré de son ensevelissement par les firmes pharmaceutiques et qui libère une et des pensées et monde de pensées, de présence au monde, un monde de conscience plus que conscientisé relié à tout moment à la Nature. Cette nature qui si elle est représentée par un animal, un renard où un ours, l’est d’une telle précision que l’on sent le travail de recherche en amont - monde d’érudition -, mais sans trace, sans empreinte, aucune. Avec Marc Graciano, suivre l’animal, c’est être à sa très exacte hauteur, le procédé relève moins de l’art narratif que du chamanisme. Être cet animal et nous le donner à voir et à respirer, entendre ses mouvements. Ce qui se conte en humains, en animaux ou en sœur de lait, en morts violentes ne m’oblige pas à vous résumer ou décrire un contour de faits, d’actions ou de contexte historique, dévoiler vous empêcherait d’avancer nu(e) et si chaudement vêtu(e) de merveilleux ou de cette mort qui nécessite d’être bien vivant (pas si évident) pour la vivre. Être augmenté philosophiquement en lisant Graciano me fait déborder dans un monde sans interlocuteur (dans ma mansarde).
… "

L'article complet sur poezibao.








dimanche 29 décembre 2019

Dans le Monde Diplomatique, comment l'exemple de la déviation de Beynac devient un cas d'espèce des dérives de la décentralisation

Décentralisation ou féodalisation ? Une histoire périgourdine

Depuis sa consécration en 1982, toute difficulté politique entraîne des promesses de décentralisation. Cela ne se discute pas plus qu’un article de foi : ce serait forcément un progrès démocratique que de confier plus de pouvoir à des élus locaux plus proches du peuple et de ses problèmes que les fonctionnaires d’État et les dirigeants politiques nationaux. On oublie en général de préciser que que la décentralisation procédait aussi d’une révolte de grand notable, comme le suggère son initiateur Gaston Defferre, pressé de se débarrasser de la tutelle des préfets. Les risques inhérents à un pouvoir plus proche des gouvernés, comme la corruption ou le clientélisme, passent ainsi à la trappe. Oubliés aussi les coûts de cette réforme, les dépenses parfois somptuaires pour des conseils départementaux tout neufs. Oubliés encore la corruption massive au profit des partis avant que les scandales et les chambres régionales des comptes y mettent bon ordre.
Significativement, le mouvement des « gilets jaunes » a soulevé de nouveaux appels à plus de décentralisation. Sans en être la cause immédiate, ne porte-t-elle pas une part de responsabilité dans la mobilisation de catégories sociales se sentant laissées pour compte dans leurs environnements suburbains ou ruraux ? Les centres-villes désertés, aux façades murées, aux logements « à vendre », sont bien le pendant des centres commerciaux installés en périphérie et qui n’offrent à la population locale que la tristesse de la consommation du week-end. Quant à l’urbanisation des périphéries lointaines, les petits pavillons n’offrent peut-être pas le paradis vanté par ses promoteurs, d’autant plus qu’ils sont éloignés des lieux de travail. À cet égard, la décentralisation a échoué à desserrer l’étau des mécontentements sur l’État. Les dirigeants nationaux ont espéré en vain que les revendications politiques s’adresseraient davantage aux échelons locaux et qu’ainsi l’État central serait soulagé. Or, celui-ci reste contesté pour les politiques dont il n’a pas eu l’initiative. La politique d’aménagement du territoire, d’autres disent de déménagement, a déjà défiguré la France à coup de déviations, rocades, rond-points et centres commerciaux. Et si l’on parle encore de décentralisation, c’est aussi une manière d’espérer dans la classe politique locale pourtant largement responsable du gâchis. Ses défenseurs disent que cette décentralisation reste inachevée puisqu’elle a multiplié les échelons locaux au lieu de simplifier. Elle aurait même restauré un peu de la France d’ancien régime et de son anarchie administrative telle que l’historien Theda Skocpol parlait d’un « salmigondis ». Le département ne devait-il pas disparaître à l’occasion de la régionalisation ? Et pourquoi 36 000 communes — qui ont souvent du mal à trouver des maires — quand l’intercommunalité se développe partout ?
Une histoire dure depuis plusieurs années en Dordogne qui illustre bien ce qu’on peut appeler par euphémisme les dysfonctionnements de la décentralisation, sinon son absurdité. Le village de Beynac, 550 habitants, classé parmi les plus beaux villages de France, est traversé par une route coincée entre la rivière Dordogne et les maisons qui montent à flanc de falaise jusqu’au château du XIIe siècle qui domine toute la vallée. Des travaux viennent d’y être réalisés pour refaire un soutènement dangereux et élargir la chaussée. La tranquillité du lieu était perturbée pendant deux mois d’été (encore que cela soit sans comparaison avec l’ordinaire de la circulation urbaine). La traversée de Beynac est désormais fluide en été. Or un vieux projet abandonné a été au même moment exhumé par le Conseil départemental avec l’élection de son nouveau président socialiste Germinal Peiro, natif d’une commune voisine : une déviation pour faire passer la circulation automobile de l’autre côté de la rivière, dans l’intérieur du méandre, avec deux ponts sur la rivière et un tunnel. Coût : 35 millions d’euros pour 3,2 kilomètres alors que le mur de soutènement dans le village a coûté 2 millions. Et ce apparemment pour un faible bénéfice.
Le projet a déchaîné les passions quand un arrêté préfectoral a autorisé les travaux en janvier 2018. Immédiatement commencés, ils soulevèrent les oppositions : la déviation n’avait-elle pas perdu tout intérêt depuis l’aménagement de la traversée de Beynac ? N’allait-on pas défigurer un paysage exceptionnel dominé par une douzaine de châteaux ? Le conflit porta surtout sur une dimension environnementale. L’association Sepanso 24 (Sauvons la vallée de la Dordogne) et la Demeure historique (association de défense du patrimoine) déposèrent un recours en référé devant le tribunal administratif pour demander une suspension des travaux sur la vallée classée Natura 2000 et réserve de biosphère par l’Unesco. Deux fois déboutées, elles s’adressèrent au Conseil d’État. En décembre 2018, celui-ci émettait de sérieux doutes sur l’utilité de la déviation en matière de sécurité et de commodité, s’inquiétait des conséquences sur l’environnement et sur l’attractivité touristique. Il reprenait enfin le principe de dérogation aux normes environnementales figurant dans le code de l’environnement : il fallait une « raison impérative d’intérêt public majeur ». En conséquence, les travaux étaient suspendus. En attendant un jugement sur le fond du tribunal administratif de Bordeaux, le chantier était arrêté avec une lenteur calculée.
Retraçons brièvement un parcours judiciaire où il est excusable de se perdre. En avril 2019, l’affaire arrivait devant le Tribunal administratif de Bordeaux. Double coup de théâtre : l’avis de la rapporteure publique ne suivait pas le Conseil d’État ; à l’inverse, contre cet avis, le tribunal administratif annulait l’arrêté préfectoral d’autorisation d’entreprendre les travaux avec une injonction de remise en état. L’État renonçait à faire appel en un geste apparent de neutralité. Le Conseil départemental demanda un sursis à exécution qui revenait à reprendre les travaux. Rejeté en attendant un jugement sur le fond. Après les conclusions de la rapporteure publique, cette fois défavorables à la déviation, la Cour d’appel de Bordeaux confirmait le jugement de première instance le 10 décembre 2019. Le conseil départemental annonça alors un pourvoi en cassation devant le conseil d’État dont on imagine mal qu’il se dédira de son précédent jugement. Le gaspillage, la faute politique, la personnalité du président du conseil départemental et la perspective d’élections locales expliquent une obstination rare dans un feuilleton opaque.
Le parcours judiciaire fut accompagné de péripéties prêtant à sourire ou à s’indigner. La mobilisation locale s’étendit par une pétition en ligne et en impliquant des personnalités comme le responsable du patrimoine Stéphane Bern, ou Franck Dubosc, ancien vacancier du camping proche de Cénac, ou encore le photographe Yann Arthus Bertrand. Tel Simon le stylite, un zadiste courageux s’installa au sommet d’une grue de chantier pour en interdire l’usage. Sur plainte du conseil départemental, il comparut devant le tribunal correctionnel, relaxé avant d’être renvoyé en appel. Des opposants au projet invitèrent les touristes à faire le détour pour admirer l’œuvre inachevée d’un pont à moitié jeté sur la Dordogne. Brouillé avec la municipalité de Beynac, le conseil départemental envoya une équipe pour faire arrêter les travaux de réfection de la voie traversant Beynac. Forcément, les échanges furent souvent vifs, le président du Conseil en tête qui crut voir dans la contestation une guerre des châtelains contre les paysans, accusant notamment le chargé de mission de préservation du patrimoine auprès du chef de l’État : « Stéphane Bern est un ignare. Il répète bêtement ce que lui disent ses amis châtelains ! »
Dans la phase judiciaire de l’affaire, le président du conseil départemental mobilisait les élus. Fin août 2019, François Hollande, voisin de Corrèze en « visite privée », se rendit sur le pont inachevé pour approuver les travaux qui, selon lui, conciliaient développement et environnement. Une semaine plus tard, douze présidents des conseils départementaux de la région Nouvelle Aquitaine s’y retrouvaient pour apporter un même soutien à leur pair. Ancien ministre des transports, Dominique Bussereau, président du conseil départemental de Charente Maritime, invoqua le précédent d’un recours contre un aménagement routier de son département ayant retardé les travaux au prix d’une dizaine de morts. De mémoire d’habitant, il n’y avait eu aucun mort sur la portion de route de Beynac. Dans cette union sacrée autour du souci d’éviter le gaspillage occasionné par l’arrêt des travaux, une lettre fut envoyée au président de la République. En novembre 2019, la plupart des élus du département, de gauche et de droite, se réunirent au chef-lieu Périgueux sous une pluie battante, pour soutenir le projet de déviation devant un millier de personnes. Beaucoup d’entre elles étaient ceintes d’une écharpe tricolore : les 400 maires du département avaient reçu une invitation. Avant l’appel du tribunal administratif de Bordeaux, les adversaires dénoncèrent une pression politique sur le tribunal. Le 26 novembre 2019, dans une ambiance électrique, la rapporteure publique n’en répéta pas moins que la déviation ne répondait pas à « une raison impérative d’intérêt général » et confirma l’obligation de détruire les ouvrages et de remettre en état dans un délai de 18 mois. Dépité, le président du département de la Dordogne lança que « les élus de la Dordogne n’étaient pas plus stupides que les autres ». Un cri du cœur.
Les partisans de la déviation ont beau jeu de dénoncer « l’absurdité » d’un tel gaspillage. Déjà plus de 20 millions d’euros engagés sans compter les frais de la destruction, cela parait « ubuesque » pour reprendre le discours du président du conseil départemental. Il fallait attendre le sort des recours, lui reprochent ses adversaires. La politique du fait accompli, mettant au pied du mur les opposants n’a pas été inventée en Dordogne mais elle s’y est traduite brutalement. L’affaire de Beynac n’est pas sans rappeler celles de Notre-Dame-des-Landes, de Sivens ou de Caussade, des aménagements imposés en catimini et dans la quasi-unanimité partisane. Si le président du conseil départemental Germinal Peiro est natif de la commune voisine dont son père fut le maire, son obstination extrême s’explique aussi par des convictions largement partagés par les élus locaux : le consensus modernisateur. Dans les départements touchés par le chômage, l’appauvrissement rural, les élus se rejoignent pour investir dans les projets qui satisfont leurs électeurs, du moins une partie d’entre eux, et entretiennent leurs clientèles. Ce volontarisme se nourrit largement de l’affaiblissement des divergences partisanes pour laisser place à l’idéologie commune du béton. À Beynac, est-ce seulement pour quelques minutes de gagnées ?
Il suffit de se rendre sur le trajet de la déviation par une impasse de cinq kilomètres pour se retrouver dans le petit hameau qui fait face aux falaises de Beynac et Marqueyssac et découvrir là un panorama splendide, dont on ne doute pas qu’une voie rapide le défigurera bientôt… mais aussi qu’elle ne pourra pas demeurer longtemps sans susciter l’idée d’y installer une zone commerciale et un parc de loisir. Après tout, ce ne serait que la traduction concrète de ce que le président du conseil départemental annonçait en disant que l’enjeu n’était « pas seulement de 3 kilomètres de route, c’est le développement du sud de la Dordogne ». Cette affaire marquera l’arrêt d’une politique discrétionnaire dans un espace large — le bassin de la Dordogne — tout entier classé en zone d’environnement protégé. Au prix fort de plusieurs dizaines de millions d’euros, et accessoirement de la destruction des vestiges d’un établissement gallo-romain recouvert par le béton. Mais au-delà, amendera-t-elle l’inconséquence d’une classe politique locale figée dans un temps révolu où les citoyens ne maîtrisaient pas les outils de mobilisation collective et, souvent, ne votaient même plus ? Il faudrait pourtant qu’ils s’avisent que ces citoyens ont changé.
On fait volontiers la critique de la représentation politique au niveau étatique en pointant la liberté d’élus forts d’un mandat en blanc, les abus plus ou au moins grands d’autorité et les manœuvres pour éviter tout contrôle démocratique. Et de débusquer généralement les symptômes de la confiscation. La politique locale s’en affranchit-elle par la proximité plus étroite entre électeurs et élus ? En grandissant ces derniers, du moins les principaux, il semble bien qu’elle ait restitué une distance. Comme si de nouveaux seigneurs féodaux, qui tiennent du suffrage universel, direct ou indirect, s’accordaient une légitimité sacrée, une conscience très haute de leur supériorité. Ils sont élus. Une nouvelle génération a pris son envol avec la présidence de François Mitterrand et a prospéré grâce aux affinités entre élus bâtisseurs — pour ne pas dire bétonneurs — et entreprises de travaux publics ou enseignes de supermarché. Tout en adoptant les vieilles ficelles de l’action politique, dont l’opacité des mesures et la politique du fait accompli. Il est rassurant et inquiétant à la fois que la justice administrative soit un dernier rempart contre un pouvoir élu discrétionnaire. D’autres projets se préparent aujourd’hui dans un semi-secret sur lesquels les initiateurs n’ont surtout pas envie de communiquer, en attendant le moment de se dévoiler, mais le plus tard possible.
La décentralisation n’est pas le remède polyvalent à la centralisation et aux limites du régime représentatif. Au contraire, elle semble plutôt en avoir reproduit les défauts. Dans la réflexion vitale sur les transformations politiques pour que vive ou survive la démocratie, elle doit être prise en compte au même titre que la politique nationale.
Alain Garrigou



samedi 21 décembre 2019

Avec 40 % d’espace en moins, les voies cyclables peuvent faire passer deux fois plus de personnes

La grève des transports parisiens a une vertu cachée. Les usagers des transports collectifs se reportent sur le vélo. Les variations à la hausse sont spectaculaires. Partout le trafic des cyclistes a plus que doublé. Voyez le graphique des fréquentations en quelques points repères de la capitale.

Il est aussi possible de calculer, avec cet usage renforcé des voies cyclables, leur utilité potentielle par m²  comparée à celle des espaces dévolus à la circulation automobile. Le résultat est sans appel.

Je propose qu'on inverse la part des surfaces consacrées à la voiture et celle accordée aux vélos ?

Et les cités redeviendraient vivables !

L'article complet de Pierre Breteau, sur le site du Monde :

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Depuis le début de la grève des transports, le 5 décembre, le trafic automobile a augmenté en Ile-de-France – et les embouteillages aussi. Dans le même temps, les Parisiens ont manifestement choisi de se déplacer davantage à vélo.

Les services de la Ville de Paris ont effectué des comptages sur plusieurs grands axes de la capitale. Leurs configurations sont diverses : certains comportent deux voies réservées aux automobilistes pour une voie cyclable, d’autres, comme la rue de Rivoli, n’ont qu’une file pour les voitures et deux pour les vélos.

L’artère la plus intéressante à étudier est sans doute le boulevard Voltaire, qui traverse l’est de la capitale, de la place de la République à la place de la Nation sur 2,85 km. Cet axe dispose de deux voies pour les déplacements motorisés (soit 6,50 m de large), ainsi que de deux bandes de stationnement (2 × 1,80 m de plus), et deux voies cyclables (de 1,95 m chacune, soit 3,90 m de large).

Avec 40 % d’espace en moins, les voies cyclables peuvent faire passer deux fois plus de personnes


Les comptages révèlent qu’aux heures de pointe le nombre de voitures plafonne à moins de 780 à l’heure. Si l’on applique la moyenne de 1,1 personne par automobile à Paris, ce mode de déplacement permet de déplacer 850 personnes par heure, sur une surface totale de 1,8 hectare.
Sur les deux voies cyclables, qui occupent 1,1 hectare sur l’intégralité du boulevard, les services de la Ville ont relevé un maximum de 1 405 cyclistes, jeudi 12 décembre entre 9 heures et 10 heures précisément.
Retrouvez ci-dessous le comparatif du trafic automobile et cycliste sur le boulevard Voltaire, selon les relevés fournis par les services de la Ville.
Deux fois plus de vélos que d’autos aux heures de pointe pendant la grève
Ce graphique représente le nombre de vélos et d’automobiles comptés heure par heure, boulevard Voltaire à Paris (11e arrondissement), de lundi 2 à dimanche 15 décembre. La Ville de Paris dispose de 56 points de mesure répartis dans toute la ville.
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mardi 17 décembre 2019

بدا أن هذه الأرض كانت تبكي من دموع الخشب

On aurait dit que cette terre pleurait des larmes de bois

قلت لي "لا شيء" Tu me disais "ce n'est rien" "لم ترَ شيئًا بعد" "Tu n'as encore rien vu" "لكنك لن ترى أي شيء" "Mais tu ne verras rien" "مع هذه الرهانات المزروعة في مآخذك" "Avec ces pieux plantés dans tes orbites"

dimanche 15 décembre 2019

Safe, une série de Harlan Coben

Récemment veuf, Tom est à l’aube d’une nouvelle vie avec ses deux filles, au sein d’une communauté privilégiée et protégée. Mais des secrets profondément enfouis vont venir bouleverser tout ce bel équilibre. Disparition mystérieuse, adultères, assassinat… Tom réalise qu’il ne connait pas réellement ceux qui l’entourent. Parviendra-t-il à protéger ses proches contre les dangers qui les guettent ?" 
Synopsis Allociné

Une série splendide, haletante, sans temps mort, à ne pas négliger.
Une saison en 8 épisodes d'environ 50 minutes, sortis en mai 2018.


Pour en savoir plus.







Mickael C. Hall, le rôle principal