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dimanche 2 février 2020

Gone girl, film de David Fincher

Un film au scénario somptueux, à voir et revoir, à mon avis.

Et une question : l'héroïne (Rosamunde Pike, dans le rôle de Amy Dunne), qui semble si manipulatrice et perverse tout au long de l'histoire avait-elle calculé de s'en sortir pareillement à l'issue de ces jeux de dupes entrecroisés ?

Deux heures et demie de thriller intense, sorti en octobre 2014.

A ne pas manquer un jour...








mardi 21 janvier 2020

Martin Eden, film de Pietro Marcello

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines. 
(Synopsis Allo-ciné)

J'ai mis une demi-heure à m'intéresser à ce personnage, puis son histoire a commencé à m'embarquer...

Il y a quelque chose de volontairement désuet ou daté dans la façon de filmer l'Italie du milieu du XXème siècle, qui me barbait carrément au début, puis j'ai finalement trouvé l'ensemble cohérent et intéressant. Je me suis demandé tout au long du film quelle part de la vraie vie de Jack LONDON ce roman qui est donc une adaptation, contenait...

Réponse de WIKI :

Depuis sa première publication en 1909, il apparaît très clairement que l'histoire de Martin Eden, héros au génie incompris, possède de nombreux points communs avec celle de son créateur. Tous deux sont des aventuriers, tous deux sont avides de se hisser au niveau de n'importe quel jeune homme de la classe bourgeoise. Tous deux sont autodidactes, rejetant ainsi la culture banale des riches de ce monde. Martin Eden reste, cependant, un ouvrage extrêmement romanesque. Il nous conte l'ascension douloureuse, puis l'abandon fatal qui conclut cette ascension, d'un jeune homme pauvre aveuglé par l'amour et les richesses dont il a toujours été privé. Il ne s'agit pas seulement d'un roman d'apprentissage, mais aussi du récit d'un désenchantement, du refus catégorique de se conformer à la vision commune de l'élite d'une société qui se gangrène, hermétiquement fermée à toute pensée originale, aussi brillante fut-elle.
Malgré une similarité entre la vie de Eden et de London, l'auteur a toujours protesté : cette œuvre serait une attaque contre le philosophe Nietzsche et l'individualisme.

Avec Luca Marinelli, sorti en octobre 2019





lundi 6 janvier 2020

Manchester by the sea, film de Kenneth Lonergan

"MANCHESTER BY THE SEA" nous raconte l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts. Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi.
(Synopsis de Allociné)

Magnifique évocation d'une histoire familiale parsemée de naufrages et marquée par un sauvetage, celui du neveu Patrick par son oncle, au terme d'un apprivoisement réciproque très délicat…

Sorti en décembre 2016.





Les sentiments, film de Noémie Lvovsky

Avec Isabelle Carré, Nathalie Baye, Jean-Pierre Bacri et Melville Poupaud

Parce que l'histoire est trop commune, il n'y a pas de petites perles qui scintillent dans ce scénario trop souvent proposé de la crise des couples qui se trompent et qui en assument les conséquences...
Dommage, mais on passe quand même un excellent moment avec Jean-Pierre Bacri et Isabelle Carré (plus jeunes de quelques années maintenant, le film date de 2003), les deux qui rompent leur pacte amoureux initial justement, car leur jeu d'acteur sauve l'essentiel. Il y a des moments de silence où la caméra s'attarde sur le visage de Bacri, et là, la palette des expressions, toute en nuances, est absolument magnifique. Quant à la sensibilité de Carré, elle se met au service d'un personnage tout pétillant et fragile à la fois, très efficace. Le tout dans un cadre de vie de province très ordinaire. Chacun peut s'y retrouver, sans doute.
La question de la trahison du chéri est posée, Isabelle Carré n'a justement pas l'impression de faute, revendiquant un double amour assumé. La fin du film est tristounette et sans surprise...









dimanche 15 décembre 2019

Safe, une série de Harlan Coben

Récemment veuf, Tom est à l’aube d’une nouvelle vie avec ses deux filles, au sein d’une communauté privilégiée et protégée. Mais des secrets profondément enfouis vont venir bouleverser tout ce bel équilibre. Disparition mystérieuse, adultères, assassinat… Tom réalise qu’il ne connait pas réellement ceux qui l’entourent. Parviendra-t-il à protéger ses proches contre les dangers qui les guettent ?" 
Synopsis Allociné

Une série splendide, haletante, sans temps mort, à ne pas négliger.
Une saison en 8 épisodes d'environ 50 minutes, sortis en mai 2018.


Pour en savoir plus.







Mickael C. Hall, le rôle principal


dimanche 8 décembre 2019

Gloria Mundi, film de Robert Guédiguian

Ne manquez pas ça ! Du cinéma social pas drôle du tout mais fort bien vu, avec des revers du destin qui vous font vivre des tragédies… Sur fond d'ambiance marseillaise, où le "chacun pour soi" semble régner en maître, avant que l'humanité réapparaisse quand même in fine, sous la boue.

Ça commence par une magnifique scène d'accouchement, puis on suit les premiers jours de cette nouvelle-née avec les aventures de ses parents et de ses proches. 
Hé bien Pépette, bienvenue dans un monde merveilleux !





samedi 30 novembre 2019

Les couilles sur la table, podcast bimensuel

Une adresse que j'aborde seulement maintenant, et je la conseille d'emblée :

Par Souncloud

Les interviews sont menées par Victoire Tuaillon.

Parmi les entretiens proposés...

on peut écouter le discours de Virginie Despentes, quelquefois à contrecourant des thèses féministes dominantes. L'entretien est récent , datant du mois dernier.

Je suis dans la lecture de son très politiquement incorrect Vernon Subutex, et j'ai récemment regardé son adaptation au cinéma de "Baise-moi" (de 2000), son propre roman écrit six ans plus tôt. Pas toujours facile à partir de ces oeuvres de fiction, de faire ressortir sans erreur le fond de sa pensée. C'est pour cela qu'il vaut mieux l'écouter en direct.





Photo FJ PAGA












mardi 26 novembre 2019

Inside Llewyn Davis, film des frères Cohen, la BO

Revu avec plaisir ce film de 2013 qui propose une plongée dans les classes populaires des USA des années 1960, dans Greenwich Village. On y suit un musicien à la recherche d'un second souffle, mais tout est compliqué, et c'est clairement un looser assez drôle, pathétique et sympathique au final.

L'occasion d'une belle BO, qui se réécoute avec plaisir...











dimanche 17 novembre 2019

Under the Silver lake, film de David Robert Mitchell

En 2018, ce film qui m'avait totalement échappé, a été repéré obtenant 6 nominations à Cannes cette année-là. J'ai été scotché par cette histoire et l'ambiance intrigante et inquiétante dans laquelle il nous enfonce avec une volonté farouche. On n'y échappe pas. Dès le début, la musique y joue un rôle singulier, il s'agit de bruitages grinçants, de longs filets de mélopées jouées par des cordes ou de succès des années 70. Très efficace. Dès le début, le quotidien du personnage principal, un habitant de Los Angelès trentenaire, se peuple de faits étranges. Un écureuil tombe d'un arbre et s'écrase à ses pieds.
Ses voisines jouent un curieux ballet d'apparitions disparitions autour dune piscine et parmi elles, une jolie blonde qui lui donne rendez-vous pour un lendemain qui n'aura pas lieu et là est le début de l'intrigue, il veut la retrouver et savoir pourquoi elle a déménagé en pleine nuit sans lui laisser de message.

Film étrange à l'esthétique soignée, j'ai vraiment aimé, je l'ai regardé deux fois de suite.

Avec Andrew Garfield, Riley Keough... 2h19.











mardi 12 novembre 2019

Syngué Sabour, de Atiq Rahimi

Prix Goncourt de 2008, ce petit roman vite consumé est certainement un texte rare. Le récit de la vie de ce couple est originalement introduit par le monologue d'une femme veillant son mari blessé lors  de combats au Proche Orient. Il est inerte mais respire. La femme va lentement s'émanciper dans ce faux dialogue et parvenir à des révélations pour elle-même d'abord.
La chute est stupéfiante. Magnifique et terrifiant.

























Les vingt premières pages sont disponibles là.

Ce récit a suscité une adaptation au cinéma, en 2013, réalisée par l'auteur lui-même.








dimanche 10 novembre 2019

Sorry we missed you, film de Ken Loach

Il y a quelque chose de mécanique dans les scénarios de Ken Loach. En gros, on sait qu'à chaque fois, le pire arrive, les menaces qui se pointent à mesure que les victimes s'enfoncent dans la crise se transforment à coup sûr en cata dont ne sait pas comment elles pourraient s'en sortir. Là, on ne sait pas pourquoi le camion neuf qui sert au personnage principal et qu'il a acheté en vendant la voiture de sa femme qui en avait besoin pour son boulot, échappe au tsunami de tragédies annoncées et transformées.
C'en est presque comique à force. Le grand ado entré en rébellion générale est assez drôle notamment.

Ceci dit, on est bien d'accord, les plateformes d'emploi ubériformes, dans leur exploitation cynique  de l'humain, développent de nouvelles formes d'esclavage.









mardi 24 septembre 2019

Tale of Tales de Matteo Garrone

Un merveilleux conte merveilleux !

J'ai complètement ignoré ce film, sorti en 2015, et je suis tombé des nues devant cette œuvre magnifique. Le titre déjà est parfait, c'est effectivement une forme d'archétype du conte traditionnel. On part sur un enjeu classique des débuts de contes anciens : un couple royal, n'arrive pas à avoir d'enfant. Ils acceptent et suivent les conseils d'un sorcier qui leur confie une méthode magique. Assortie d'une mise en garde : la mise au monde d'un enfant s'accompagne souvent de la disparition d'un autre être humain...
S'ensuit un fleuve d'aventures qui rappelleront de près ou de loin des histoires qui ont bercé nos jeunes années, mais le cours de ces vies richement entremêlées m'a aussi ramené aux contes shakespeariens.
Un seul regret peut-être, pour la fin, qui n'en est pas vraiment une, tous les personnages n'ayant pas eu droit à une issue -un destin- claire et concluante...
La photo est absolument magnifique, ce film est une pure merveille.

Avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones
2h41










lundi 6 mai 2019

Blanche comme Neige, de Anne Fontaine

Je suis allé voir ça, j'ai bien aimé. Lou de Laâge est une fausse ingénue parfaite qui joue la princesse enjoleuse et libre alors qu'Isabelle Huppert, bouffée par la jalousie est délicieusement perfide et odieuse sous des sourires carnassiers. Il y a aussi Vincent Macaigne, quel drôle de personnage celui-là, très séduisant perdu dans sa timidité maladive, et Damien Bonnard, qui joue les deux frères jumeaux, c'est lui qui a remporté la palme des câlins filmés à la jeune actrice Lou, puisqu'elle fricote avec les deux frères tour à tour.
Une adaptation contemporaine du conte traditionnel, limpide, peut-être trop, il y manque sans doute un peu de mystère, des implicites à gamberge, je ne sais pas...
Reste que pour moi, c'est un film savoureux.





Sous les noms de la princesse et de la reine-mère vous vous dites ; les sept noms d'acteurs, tous des hommes, là, c'est les sept nains, forcément. Le problème c'est que vous ne suivez pas ce qu'on vous dit personne ne prend de note alors c'est sûr que c'est bien la peine d'espliquer aux gens ! Nan mais comme Damien Bonnard joue deux amoureux de la princesse, alors y'a un nom de trop. C'est Charles Berling, lui il fait le vieux roi fatigué et déchu...



dimanche 28 avril 2019

Un après-midi au ciné

Pour voir deux films,

Comme si de rien n'était, d'Eva Trobisch
et
L'Adieu à la nuit, d'André Téchiné

Le film allemand d'Eva Trobisch est une réussite, d'une situation assez ordinaire, non dramatique au début, on va voir la tension monter après que l'héroïne ait vécu une agression traumatisante.
"Avec un réalisme rare, la réalisatrice allemande décortique les conséquences insidieuses du déni."" nous dit très justement la critique de avoir-alire . Effectivement, c'est la volonté de ne pas faire de vague, de ne pas dénoncer, de tout aplanir, qui va s'avérer un choix compliqué, car comme une plaie cachée qui s'infecte sous le bandage, le trauma et le poids du souvenir catastrophique iront en empirant.
Un film très juste, tout en finesses et petites touches, et qui a une vertu sociale, en plaidant pour le règlement clair, oralisé et contradictoire des délits.


























L'adieu à la nuit m'a moins emballé même si c'est un film formellement assez réussi. Le thème m'intéresse moins c'est un peu démonstratif et didactique, comme un documentaire et je trouve Catherine Deneuve un peu monophasée dans l'expression, sans nuances. Bon, c'était plaisant quand même… mais franchement, je n'ai rien appris sur ce problème de société (celui des grands ados d'origine européenne qui basculent dans l'islamisme radical et cherchent à rejoindre les terrains de guerre du djihadisme).
Pour contrebalancer cet avis très mitigé, je vous propose celui de avoir-alire qui est positif, lui.















dimanche 7 avril 2019

Dernier amour, de Benoît Jacquot

Si on avait écouté les commentaires du Masque avant d'y aller, on n'y serait pas été ! Seul Pierre Murat de Télérama dit que c'est le meilleur film de Jacquot, et veut sauver cette interprétation de Casanova par Vincent Lindon. Certes on peut se demander avec Danièle Heyman, pourquoi Lindon-Casanova porte "une méduse morte" sur la tête, et c'est vrai que ce postiche est stupéfiant et se rapproche plus visuellement à mon avis du bobtail ébouriffé. Mais bref, nous, on a passé un bon moment.
Cela se situe dans la vie de Casanova au moment où poursuivi par les polices vénitiennes, il se réfugie en Angleterre et ce séjour forcé n'est vraiment pas le passage le plus heureux de son parcours rocambolesque. Il se trouve que pour une fois, il tombe vraiment sous le charme d'une femme qui vit de ses atouts physiques, et qu'il va s'en rendre malade au point d'être à deux doigts de se jeter dans la Tamise, épisode qu'il a consigné dans "l'histoire de ma vie", dont j'ai lu environ 700 pages soit un bon quart de l'oeuvre, j'attends d'être alité -ou emprisonné- durablement pour finir ça et reprendre mon souffle à la fin de cette phrase.
On a trouvé que Stacy Martin était chouette dans le rôle de la courtisane, elle n'en fait pas trop et elle ne porte pas de méduse mal en point à sa tête.
Bon, ça ne restera pas dans les annales, sauf à ne prévoir qu'un "n" à ce mot, pour évoquer un passage libidineux dans un parc où le client propose le double de la somme prévue pour pouvoir s'y faufiler, mais il ne s'agit pas de notre héros.
Bref, le Casa fait chou blanc et couilles croisées, comme disait Coluche, et rien ne lui sert de s'énerver quand il surprend la belle en amazone de literie, la coquette ne lui cédera pas.
















Le texte intégral :





jeudi 4 avril 2019

Rosie Davis, de Paddy Breathnach

Un opus irlandais à ranger près des films de Ken Loach et de Mike Leigh.

Rosie Davis et son mari forment avec leurs quatre jeunes enfants une famille modeste mais heureuse. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur maison, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre à Dublin, même pour une nuit, est un défi quotidien. Les parents affrontent cette épreuve avec courage en tentant de préserver leurs enfants. (Synopsis Allociné) 

On apprend par un article du Monde que les sans-Abris irlandais ont augmenté en population de + 145 ¨% entre 2014 et 2017.


« La définition du sans-abrisme a beau ne pas être la même d’un pays à l’autre, partout en Europe les hausses sont spectaculaires », révèle Sarah Coupechoux, de la FAP : + 150 % en Allemagne, entre 2014 et 2016 ; + 145 % en Irlande, entre 2014 et 2017 ; + 169 % au Royaume-Uni entre 2010 et 2017 ; + 96 % à Bruxelles entre 2008 et 2016 ; + 20,5 % en Espagne entre 2014 et 2016 ; + 17 % en France entre 2016 et 2017, en tenant compte des 20 845 personnes qui ont demandé un hébergement au « 115 » en juin 2017 par rapport à juin 2016.
Extrait d'un article du Monde du 21 mars 2018.

Film très sensible, qui permet par la répétition lassante des situations de détresse quotidienne d'éprouver la détresse de ces gens qui font partie des "travailleurs pauvres".









Boy erased, de Joel Edgerton

Une lumière crue jetée sur un -autre- des recoins sombres de la planète USA.

Je savais que les bataillons de fous de Dieu que sont les hordes de citoyens américains (surtout dans la Bible belt, on est là -dans le film- au beau milieu de cette zone, en Arkansas) considèrent l'homosexualité comme une maladie. J'ignorais que pour éradiquer cette "pathologie", ils faisaient subir aux personnes qui se déclaraient de cette orientation, une pression maximale allant jusqu'à une forme de torture mentale, un lavage de cerveau extensif qui passe par de multiples atteintes aux droits élémentaires de la personne humaine. C'est le sujet du film. Un jeune homme, fils de pasteur, doit faire face à sa famille qui souhaite "éradiquer le mal" chez ce fils de bonne famille, en l'embarquant dans une session de rééducation -fort onéreuse bien sûr-, où toutes les méthodes sont admises...

Un film utile, dont le montage ne m'a pas gêné (j'ai lu des critiques parlant d'une forme bizarre et déroutante) et fort bien joué. Un peu long et lisse peut-être à mon goût. Mais c'est un film précis et complet dans la description du parcours mental du gars, donc je pense que le choix du réalisateur est justifié (le film dure 1h55).









vendredi 22 mars 2019

La chute de l'empire américain, de Denys Arcand

Tabarnac allez voir ça !

Un polar qui est en même temps un film social prenant la défense des déshérités du Canada, un presque documentaire sur les paradis fiscaux permettant aux tricheurs de s'en mettre de côté sans passer par le fisc et même un vrai film comique, avec là-dessus le gâteau à la crème savoureuse de la langue du Québec, là franchement ça ne se loupe pas !

Après, vous faites ce que vous voulez de votre vie...

La seule question que je vous poserai quand vous l'aurez vu, et pisqu'on cause de trilogie avec "La chute de l'empire américain" (1986) et "Les invasions barbares" (2003) c'est :
c'est quoi t-est-ce le lien trilogique des trois ensemble ? 
Y'en a forcément, ok ?





mardi 19 mars 2019

Celle que vous croyez, de Safy Nebbou


Sorti le 27 février, adaptation du roman éponyme de Camille Laurens

"Pour épier son amant Ludo, Claire, la cinquantaine, se crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, le meilleur ami de Ludo, est immédiatement séduit. Dans l'engrenage, Claire tombe à son tour éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent."
Synopsis UGC

Dans l'invention des relations amoureuses des personnes de plus de 50 ans, l'asymétrie des chances entre hommes et femmes a souvent été décrite, justement dénoncée comme une injustice dont les femmes sont victimes. Il est plus aisé à un homme de retrouver une relation  à cet âge, le plus souvent avec une partenaire plus jeune, que l'inverse. Dans la société apparait consécutivement la silhouette d'une femme abandonnée, perdue, quelquefois amère, voire aigrie et possiblement revancharde. Ce portrait existe aussi en masculin, plus rarement donc.
D'une certaine façon, c'est à ce profil que le héros de ce film (Claire, jouée par Juliette Binoche) essaie grâce aux réseaux sociaux, d'échapper fuyant cette fatalité en contactant un jeune homme (l'ami de celui qui l'a laissée) à travers un faux profil créé sur internet*. Elle y arrivera en partie, bénéficiant dans un premier temps de l'adhésion du partenaire, qui se montre empressé de répondre à cette approche à distance… Elle adhère si bien à son personnage virtuel qu'elle réussit même à se faire croire à elle-même qu'elle a réellement 24 ans.
Malheureusement, ce qui est un jeu au départ, se révèle piégeux, à mesure que la femme tombe amoureuse "pour de vrai" du jeune homme.
Ce film pose donc de vraies questions d'actualité, il n'est pas très optimiste (Juliette Binoche, qui est incroyable dans ce rôle, pleure beaucoup) même si c'est une tentative de libération féminine.

Mais c'est un formidable scénario, la deuxième moitié de cette histoire est pleine de surprises...

*Attention ce n'est pas dit clairement dans le film, c'est une proposition de ma part...




















François Civil et Juliette Binoche


mardi 5 mars 2019

Jusqu'à la garde, de Xavier Legrand

Pas facile de faire un film intéressant sur ce thème archi rebattu du couple qui se sépare. Certes ici, contrairement à la plupart des situations de départ, le jeune fils du couple semble avoir choisi son camp. Il ne cherche pas à recoller les morceaux, il ne veut plus voir son père, point barre. Cela ne suffirait pas à en faire un objet passionnant, même si le spectateur a tout de suite envie de se faire sa propre idée sur les torts des uns et des autres.
J'ai écouté Xavier Legrand parler de sa façon de construire le récit. Ce type est un méthodique qui suit une idée directrice : comment susciter l'intérêt du spectateur à chaque instant ? Au montage, il traque les creux possibles d'ennui cachés dans son histoire. Et il y arrive car à la fin, on se dit que cette aventure était somme toute assez ordinaire, mais qu'on ne s'est pas lassé de suivre cette famille en crise.
Le jeune comédien Thomas Gioria est hyper crédible, et les parents, joués par Denis Ménochet et Léa Drucker semblent vraiment avoir "la gueule de l'emploi", si vous m'autorisez cet écart, ce qui est évidemment le signe d'une performance d'acteurs...