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mardi 31 décembre 2019

Petit guide pratique, ludique et illustré de l'effondrement, B.D. de E. Bertier et Y. Girard

Un choix de planches anciennes de BD étasuniennes, libres de droits et un gros détournement gaudriolesque pour le monde merveilleux des survivalistes.

Une des plus réussies : Pablo Servigneth dans la peau du Petit (grand) Jésus !



Mais Laurent Alexandre est très bien également...












En bonus, des jolies cartes...


Merci Baptiste !













Visa Transit, BD de Nicolas de Crécy

Prenez un cousin germain, réparez succinctement une vieille visa pourrie abandonnée sans roues, faites avec le cousin le pari que la teuf-teuf vous mènera jusqu'à Ankara, partez sur les routes du sud, puis...
laissez mariner pendant 30 ans ce souvenir dans les bains fantasmagorisants de votre mémoire bouillonnante et déformante, et servez ce récit de voyage sous forme de BD, garni de quelques évocations d'épisodes de votre enfance utiles à la compréhension du truc.
Vous obtenez un objet étonnant, description d'un voyage dans une Europe contemporaine et pourtant toute disparue sous les assauts du modernisme incontournable. Les deux jeunes n'ont pas de carte de crédit, pas de téléphone portable et internet ne faisait pas partie de leur quotidien.
Et cela a beaucoup de charme. Il faut dire que ces gars là ont la poésie chevillée… Ils partent avec une bibliothèque de leurs livres préférés, rangés dans des cartons entreposés sur la plage arrière, et devant, collé devant le passager sur le tableau de bord, un double cadran rouge,

où est écrit "radar 2000" en gros, récupéré d'un jeu de société, détail radicalement inutile qui leur tenait à cœur, comme si la réussite de leur entreprise tenait à ces loufoqueriess qu'un regard trop rapide aurait pu considérer comme inutiles voire nuisibles dans la vraie vie.
Le dessin est vraiment sympa, et on attend donc le tome 2...














vendredi 29 novembre 2019

Edward Gorey, dessinateur, auteur de BD

La notice du site des éditions Alto qui l'éditent, indique :

Dessinateur minutieux, personnage fantasque souvent vêtu de fourrure, figure emblématique de l’illustration américaine, Edward Gorey (1925-2000), laisse derrière lui une œuvre sans égal, proche dans l’esprit de celles de Poe et de Lewis Caroll. En plus de signer sous divers pseudonymes une centaine de livres, il a réalisé les illustrations de textes de Bram Stoker, H.G. Wells ou Samuel Beckett. Edward Gorey fut un maître dans l’art de distiller un surréalisme un brin macabre, pétri d’humour fin."

C'est une découverte tardive en France puisqu'il est mort en 2000. Le petit recueil au format carré, édité par Tripode cette année, comprend :

- L'enfant guigne (1961)
- Les enfants fichus (1963)
- L'aile ouest (1963)
- Total zoo (1967)
- Le couple détestable (1977)































Ne pas manquer "Les enfants fichus" qui est un abécédaire sinistragicomique de 26 façons de mourir quand on est enfant...





La traduction du V pour Victor en français est : "V pour Victor curieux de voir un train de face".
Quelque liberté prise par le traducteur donc...



lundi 30 septembre 2019

Happy Sex,2 de ZEP

Très en forme notre ami ZEP pour cet acte 2 (on avait bien aimé la première livraison) avec des tas de nouvelles situations principalement de couples (vécues ?) avec parfois l'intervention des copines pour s'inscrire sur un site de rencontres, pour faire un achat dans sex-shop à l'occasion de la fête des mères ou pour commenter l'anatomie des mecs sur la plage...





























































mardi 17 septembre 2019

Algues vertes, l'histoire interdite, de Inès Léraud et Pierre Van Hove

Pour les habitués des "Pieds sur terre", sur France Culture, Agnès Léraud est la réalisatrice de nombreuses enquêtes radiodiffusées, enregistrées en Bretagne, et révélant un climat hyper malsain dans les filières agricoles de la région.
Personnellement, je connaissais l'omerta qui règne autour de cette question des algues vertes. Les représentants de l'état, de la région, des communes (quelques exceptions heureusement…), les syndicats agricoles dominants, les lobbies de l'agro-industrie sont ligués pour qu'on cache au maximum les décès survenus à cause des émanations gazeuses d'hydrogène sulfuré.
Cette BD reprend l'historique des faits en allant chercher les responsables des blocages de l'info, et donnant tous les noms. C'est bien mais ça ne suffira pas. Tout est verrouillé, et il y a de nombreux agriculteurs hyper malheureux des contraintes financières dont ils ne savent comment sortir, avec de multiples obligations d'achat de semences, de phyto-sanitaires etc...
Les agriculteurs rebelles sont punis par des délais de livraison excessifs, des semences pourries et autres amabilités qui mettent clairement en danger les exploitations. Les coopératives agricoles bretonnes ne sont pas fraternelles.
D'où l'assourdissant silence dans les campagnes bretonnes...

En fin d'album, plein de docs officiels publiés.

Une interview d'Inès Léraud par Ouest-France











lundi 9 septembre 2019

Un putain de salopard, BD de Régis Loisel et Olivier Pont

Un jeune type débarque dans un bled paumé de la forêt amazonienne, au Brésil. Il est sur la trace de son père dont il n'a que deux photos, où son daron pose à côté de deux femmes différentes. Juste à son arrivée, il fait la connaissance de deux nanas qui l'adoptent aussitôt. Elles viennent travailler dans un dispensaire de brousse, où la vie n'est pas un lit de rose tous les jours…

Très passionnant, on accroche direct, mais c'est pour quand la suite ?




mardi 30 avril 2019

Open Bar 1ère tournée, de Fabcaro

Nouvel opus de l'humoriste nonsensologue qui prend la même forme que "Moins qu'hier et plus que demain", à savoir des petites situations du quotidien (une histoire par page/planche) troublées par un élément absurde, ou poétique, ou un décalage total du discours, transposé dans des registres divers ce qui donne à tous les coups un effet comique, mais ce n'est pas tout... Les situations là, sont celles du quotidien et concernent tout le monde, pas seulement les échanges de couples.

Deux exemples de ces dialogues outrés qui, au final, pointent -et dénoncent- des abus divers :












jeudi 14 mars 2019

Asterios Polyp, de David Mazzuchelli

Un roman graphique de toute beauté, assez intello, complexe dans la narration, et que j'ai envie de qualifier de brillant. L'histoire d'un type qui est prof d'architecture dans une université étasunienne, unique dans son genre et indépendant de façon maladive. Limite de mauvaise foi pour se démarquer du monde.
Son quotidien, dans la vie privée comme au boulot, est passionnant, toujours inattendu, et finalement, ce type qui semble inaccessible, inflexible, insensible aux autres sera quand même attentif aux remarques de sa chérie, une femme remarquable qui sait composer et communiquer avec cet ours…













Je l'ai lue en français...




Merci jean-Luc pour cette suggestion !








mardi 8 janvier 2019

Zaï Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro

Un peu l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en mettant cette BD en avant, tellement elle est déjà repérée, a circulé sous les sapins, s'est échangée dans tous les sens, parfois contre "Moins qu'hier, plus que demain", du même auteur…

L'histoire d'un type qui fait ses courses au supermarché, mais qui a oublié sa carte de fidélité. Or dans le monde nonsense de l'auteur, ceci est un délit. S'ensuivent des scènes insensées savoureuses, où la logique cartésienne n'a pas toujours sa place…

Quelques-unes des premières planches, qu'on trouve ici…


















samedi 17 novembre 2018

Trouvé et lu le tome 5 des Vieux Fourneaux

désormais universellement reconnu depuis le film (un peu raté malgré de bonnes intentions...).
La thématique se déplace vers l'accueil des migrants en rance, et en Australie, avec le cas de l'île de Nauru, pointé du doigt... Il semblerait qu'on ait là-bas des sortes de camps de concentration australiens de toute beauté où les migrants passent des années hors de toute justice humaine...

Un article du journal belge Le Vif, d'août dernier.

Un tome réussi, même s'il me semble un peu en deça des précédents, moins enlevé peut-être, moins  euphorisant certainement... Cela reste un grand moment de lecture plaisir, accentué par l'impression d'édification qu'on en retire, comme à chaque fois...




























dimanche 25 février 2018

Il est le premier, le plus ancien du club des 27

Robert Leroy Johnson. 

Pas de chance pour lui, ce n'est pas un club de plein aux as, il s'agit du groupe des stars de la musique à être mort à 27 ans.
Robert Johnson est né dans un milieu d'ouvriers agricoles noirs très pauvres, en 1911, dans le Mississipi. Sa mère a quitté son père quand il est encore nourrisson, puis elle quitte la propriété où elle travaillait sans emmener ses deux enfants (Robert ira la retrouver quelques années plus tard). Il va donc être autonome et débrouillard très rapidement.
A 18 ans, il épouse Virginia Travis, de 2 ans sa cadette. Celle-ci meurt en couches en 1930.
C'est avec sa guitare qu'il se distinguera ensuite, trainant de ville en ville, pour trouver à se produire.
Il est repéré par les grands musiciens de blues de l'époque. Certains comme Ike Zinermann l'encouragent et le parrainent.
Il est connu grâce à deux séries d'enregistrement qu'il réalise dans une chambre d'hôtel de San Antonio, au Texas. 29 titres en tout. Il a 25 ans.
C'est un beau jeune homme, qui a un succès certain auprès des femmes qu'il rencontre.
Deux années plus tard, il meurt de maladie, ou victime (empoisonné) par un homme jaloux...
Sur son acte de décès figure la mention "No doctor"...

Pourquoi vous relater tout ceci ?

Parce que je viens de tomber sur l'intégrale en CD de son oeuvre. Parue en 2011.

























Pour reprendre le parcours sinueux de sa courte et riche existence, on peut aller chercher cette BD magnifique (le titre reprend le nom d'une de ses chansons les plus célèbres) : Love in vain.




















Dessins superbes de Mezzo.




























jeudi 1 février 2018

Extases, BD de Jean-Louis Tripp

Le premier tome d'une trilogie annoncée sur la vie sexuelle...de l'auteur, parue en septembre dernier.

L'intérêt du récit, c'est l'évidente sincérité du témoignage, qui relate tous ses souvenirs, depuis les plus primes. Il revient en particulier, sur toutes les angoisses, les interrogations enfantines, les fantasmes du petit garçon sur la forme du sexe féminin (d'où le sous-titre "Où l'auteur découvre que le sexe des filles n'a pas la forme d'un X"). Et il dessine explicitement.

 La découverte de son propre corps :


























Puis les premières expérimentations au lycée.
























La découverte ensuite des mille et une positions pour la recherche du plaisir partagé...


























Présentation du livre et interview de l'auteur, dans Le Soir, journal belge.






dimanche 28 janvier 2018

Les vieux Fourneaux, 4, de Cauuet et Lupano

Pour ceux qui ont réussi à échapper à cette saga remarquable (il faut sans doute revenir des steppes de Mongolie où l'on aurait étudié pendant 4 ans -le tome 1 est sorti en avril 2014- les effets du beurre de yack sur l'organisme fragilisé d'un sarkoziste, pour se trouver dans ce cas) sachez que tous les délicieux ingrédients qui ont fait de ces lectures de grands moments de plaisir, sont là intacts. Pas d'usure dans cet opus 4 où l'esprit libertaire règne encore -paradoxalement- en maître.
Un seul conseil : dévorez !






jeudi 23 novembre 2017

De la gratuité du geste

dans le premier chapitre de "The cute girl network", de Greg Means, MK Reed et Joe Flood, le héros est une nana jeune skateboardeuse qui bosse dans un magasin de planche à  roulettes. Un jour, elle tombe et se fait mal devant un vendeur de soupe ambulant, Jack, qui la dépanne en lui donnant une soupe froide qu'elle met dans sa culotte pour soulager la douleur.
Plus tard, Jack, qui est tombé illico amoureux de la fille la retrouve dans la rue. Ils discutent, se donnent rendez-vous, et de nouveau, il lui offre une soupe, à manger cette fois. Elle lui demande : "Combien je te dois ?"
Il répond : "Ben... Je ferme dans une heure et normalement je ramène les restes à la maison pour mes potes, mais si je te l'offre, tu me respecteras quand même ?"

Je n'ai lu que le premier chapitre, mais je peux déjà recommander cette BD, qui se passe dans les rues de New York...


























jeudi 7 septembre 2017

Un homme est mort, de Kris et Etienne Davodeau

L'occasion de revenir sur la vie et la mort d'un film de René Vautier (célèbre pour ses engagements personnels dans les conflits sociaux de tout ordre), dont l'origine vous est proposée par le site bedetheque.com...

"1950, la guerre est finie depuis cinq ans. De Brest il ne subsiste plus rien. Des bombardements massifs et des combats acharnés de presque un mois ont anéanti la ville, son port, son arsenal. Brest est un désert.
Il faut tout reconstruire.
1950 Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne, ce sera Brest-la-Blanche, qui deviendra très vite, Brest-la-grise.
Des milliers d'ouvriers travaillent sur les chantiers.1950. C'est la grève. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement. De violents affrontements surviennent lors des manifestations.
Le 17 avril, le drame se produit. La police tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé.
Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest (il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre).
René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain, ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé.
Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil."


Ce que ne dit pas cette intro, c''est que ce film aura une vie militante riche puisqu'il sera projeté 150 fois aux ouvriers brestois. Il aura aussi une bande-son originale, car étant muet au départ, Vautier a l'idée de l'accompagner de la lecture (par lui-même, en direct) d'un poème d'Eluard. Cela marche un certain temps jusqu'à ce que le René ait une extinction de voix. C'est là que survient un de ses assistants de la CGT (un type chargé de sa protection, au départ) et qui se propose se dire lui-même le poème. Surprise générale : l'interprétation unique et personnel du gars fait mouche, coup de chance, Vautier l'a enregistré...

Mais quel est l'avenir de ce film unique et introuvable, vous le saurez en lisant vous-même cette BD qui se veut souvenir d'une mémoire ouvrière...

























vendredi 25 août 2017

HP 1 - L'asile d'aliénés, de Lisa Mandel

Dans une réédition de 2016, par les éditions "L'association".

"Ma mère et mon beau-père ont été infirmiers en psychiatrie pendant 35 ans. Mon enfance a été bercée par tout un tas de récits abracadabrants, drôle et effrayants..."

Ainsi revivent par ces dessins expressifs et contrastés (on apprécie l'utilisation des seules couleurs orange et gris, dans des tons variés) ces épisodes touchants et révoltants, du quotidien des malades et du personnel des HP, de1968 à 1973.
L'occasion de soulever le voile occultant un des recoins sombres de la République (l'univers carcéral en est un autre), où la torture est réprouvée, mais où elle se pratiquait malgré tout sous couvert de soins psychiatriques qui souvent prenaient un caractère ultra-répressif.
Ce n'est cependant pas un témoignage à charge contre les personnels concernés, mais plutôt une évocation de l'enfer auquel ils devaient faire face avec plus ou moins d'humanité selon les personnes...

Une lecture édifiante, qui se poursuivra avec les tomes 2 et 3, puis un tome 4 à paraître qui évoquera la situation actuelle dans les HP.


























Le témoignage de l'auteure à la sortie du tome 2 :

http://next.liberation.fr/livres/2014/01/29/je-voulais-faire-entendre-la-parole-infirmiere_976381

mercredi 28 juin 2017

De la bipolarité

par le professeur Bourin, de Nantes.

"Des oscillations d'humeur, souvent de nature dépressive..."

Une heure de conférence sur les façons de définir la maladie (qui semble se répandre), le degré de gravité de celle-ci et les thérapies variées et graduées qu'on peut lui appliquer.







A rapprocher de cet étonnant témoignage, sous forme de BD :








dimanche 2 avril 2017

Les brumes de Sapa, de Lolita Séchan

Séchan, ça vous dit quoi ?
Mais Renaud, voyons, le chanteur, enfin !
Donc, la Lolita, c'est celle de la chanson :
"Chuis un fantôme quand tu vas où chuis pas,, tu sais ma môme que chuis morgane de toi..."

Vous m'autorisez à faire un brin de psycho à deux balles ?
- Merci !

A travers "Les brumes de Sapa", il faut entendre "Les brumes de son papa".

J'esplique.
Cette BD consistante (250 pages) est une forme de recherche du temps perdu pour une fille de star hyper sensible, intelligente et douée dans des arts que le dessin appartient à ! La relation avec son père, jamais appelé par son nom, parait complexe, comme si elle se sentait responsable de ses difficultés à lui, et cherchait à échapper à ce lien qu'elle ne peut renier. En ce sens, les brumes de Sapa qui désignent dans la BD l'ambiance vaporeuse de cette région vietnamienne peuplée par la minorité Mhong me semblent avoir quelque chose métaphoriquement à voir avec les interrogations existentielles de son papa.  

Vous m'autorisez à faire ma grosse feignasse ?
- Merci ! Voici le commentaire copiécolé  d'une internaute (Macha Loubrun) que j'acquiesce d'une totale et muette approbation.

"Lolita, une jeune femme hypocondriaque cherche désespérément sa voie et fuit ses peines de coeur en partant prendre une bouffée d'oxygène à des centaines de kilomètres de chez elle, au Vietnam. Ce sera beaucoup plus qu'une simple escapade mais le début d'un long parcours initiatique et la naissance d'une belle amitié avec une fillette, Lo Thi Gom, qu'elle retrouvera chaque année.
L'éloignement des siens, l'évolution du Vietnam et de son amie au fil des ans constituent un beau fil conducteur à son récit plein de pudeur. Lolita Séchan est une jeune femme touchante et intelligente dont le récit autobiographique est d'une grande sincérité."


Vous m'autorisez à diverger, au bout d'un moment, quant au commentaire de Macha ? 
- Merci ! 
Elle dit qu'elle s'est un peu ennuyée à cette lecture. Pas moi du tout. 
Ça se lit vite et bien, comme un roman graphique. 






 





























Lolita Séchan



dimanche 5 juin 2016

Ici, roman graphique de Richard Mac Guire

C'est l'histoire d'un lieu rapportée comme un puzzle. Le point de vue , la direction du regard restent identiques, quelle soit l'époque. Chaque dessin est daté, par une année. Certains dessins se superposent, et font des inclusions plus ou moins grandes dans le dessin du dessus, qui couvre intégralement la page. Au fil des pages, le puzzle se complète, et on voyage dans le temps. Il y a des périodes plus souvent représentées, et l'on peut tenter de reconstituer l'histoire de quelques habitants.
Le lieu choisi est, au XVIIème siècle,  un coin de forêt d'Amérique du nord, habité seulement par les indiens et les bêtes sauvages. Mais au XVIIIème siècle s'y bâtit une maison coloniale, et l'oeil de l'observateur se trouve désormais dans un salon où vont se nouer pendant les siècles à venir les destins des habitants successifs. L'auteur a poussé l'idée jusqu'à représenter le lieu à divers moments de la préhistoire, mais aussi s'amuse -façon de dire, vu ce qu'il a l'air optimiste- à proposer des scénarios possible pour le futur de ce lieu. Pourvu qu'il se trompe méchamment...














































Cet album a reçu le Fauve d'or, grand prix de la BD d'Angoulême cette année.





lundi 23 mai 2016

Cher pays de mon enfance, de Davodeau et Collombat

C'est une enquête fouillée, sur les activités du SAC, Service d'Action Civique, qui fut un service d'ordre du régime de De Gaulle, et parfois un nid de flingueurs liés au grand banditisme auquel on pardonnait tout, pour bons services rendus. Cette organisation était capable de mobiliser des dizaines de gros bras pour faire échec à une grève, à l'implantation d'un syndicat dans une grande entreprise, chaque fois que le patronat voyait une menace dans l'activité ouvrière ordinaire.
Le récit part du lieu précis où le juge Renaud a été assassiné, le 3 juillet 1975. Cet homme s'apprêtait à rendre public un système financier dont profitait l'UDR, le parti gaulliste, et dont les fonds provenait de casses réalisés par des malfrats du milieu. 
Il faut prendre le temps de lire, de digérer les infos, pour faire le point, remettre en perspective avec la situation actuelle, car et c'est finalement le constat qui effraie, les héritages de ce monde de barbouzes protégées par le pouvoir sont évidents. Il y a 4 ans, un journaliste qui évoquait les failles de l'enquête sur la mort du ministre Boulin, est encore menacé de mort. Lui aussi (le ministre dont le visage portait des traces de coups et qui s'est soi-disant noyé dans 60 cm d'eau...) était à la veille de révélations scandaleuses sur l'organisation de la Françafrique...

Les fachos sont (encore) parmi nous.

La question se pose du degré de protection dont ils disposent encore...

Pis ben, c'est du roman graphique de Davodeau, super agréable...