mercredi 21 novembre 2012

Dans "Retour à Kotelnitch",

d'Emmanuel Carrère, il y a une scène étonnante. La famille et l'équipe du tournage sont venus dans le cimetière, sur la tombe d'Ania, personnage central du documentaire, et de son bébé, tous deux sauvagement assassinés par un dément. Tout est couvert de neige, il fait un froid glacial. Ils prennent une collation dans le cimetière, se partagent du saucisson. Puis, les hommes s'éloignent. Carrère dit "En France, on n'est pas habitués à un froid pareil." Un homme répond : "ça vous donne une idée de ce qu'a vécu Napoléon..." Ils rient. Pendant ce temps, la mère de la jeune femme pleure le visage dans la neige, sur la tombe de la jeune femme.
























Un film qui renvoie évidemment à "Un roman russe", du même Carrère, mais il faudra que je le relise. Je crois que j'emmêle les deux histoires.

Le résumé d'Allociné pour y comprendre quelque chose (mes compte-rendus sont toujours partiels et quelquefois énigmatiques, j'en suis bien conscient) :

"Kotelnitch est une petite ville à 800 kilomètres à l'est de Moscou. L'auteur y est d'abord allé sur les traces d'un prisonnier de guerre hongrois qui avait passé 55 ans, oublié de tous, dans un hôpital psychiatrique.
Il y est retourné une première fois faire ce qu'il croyait alors être un film documentaire, puis une seconde fois pour enterrer une jeune femme qu'il avait connue là-bas, et qui a été assassinée par un fou.
Il s'est rendu compte que ces trois tournages, étalés sur deux ans, racontaient une histoire et que cette histoire était la sienne"

























La fin du documentaire est hallucinante. On comprend pourquoi Carrère a réalisé ce reportage. Son grand-père maternel (russe émigré) a disparu à Bordeaux (accusé de collaboration et donc victime de l'épuration) la même année que le hongrois, sujet initial du reportage... Mais ce grand-père n'est jamais revenu, lui.
Extrêmement émouvant.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire

postiches