"Parmi les promeneurs assez rares alors qui suivaient aux Champs-Elysées l'avenue Gabriel, à partir de l'ambassade ottomane jusqu'à l'Elysée Bourbon, préférant au tourbillon poussiéreux et à l'élégant fracas de la grande chaussée l'isolement, le silence et la calme fraîcheur de cette route bordée d'arbres d'un côté et de l'autre de jardins, il en est peu qui ne se fussent arrêtés, tout rêveurs et avec un sentiment d'admiration mêlé d'envie, devant une poétique et mystérieuse retraite, où, chose rare, la richesse semblait loger le bonheur."
"Avatar", Théophile Gautier, début du chapitre III.
et, plus loin...
"Depuis que le polythéisme a emporté avec lui ces jeunes dieux, ces génies souriants, ces éphèbes célestes, aux formes d'une perfection si absolue, d'un rythme si harmonieux, d'un idéal si pur, et que la Grèce antique ne chante plus l'hymne de la beauté en strophes de paros, l'homme a cruellement abusé de la permission qu'on lui a donnée d'être laid, et, quoique fait à l'image de Dieu, le représente assez mal."
D'un style dont je veux bien abuser de la permission d'être abreuvé.
J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout, Il n’est rien qui ne me soit souverain bien, Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique. Jean de La Fontaine
lundi 26 septembre 2011
dimanche 18 septembre 2011
Lucian FREUD
Emprunté au hasard à la médiathèque de Trélissac un bouquin sur un peintre que je ne connaissais pas. Or comme je trouvais sa peinture très étonnante, fascinante sans que je puisse dire pourquoi, je cherche et j'apprends qu'il est mort en juillet dernier. Que c'est le petit-fils de Sigmund. Qu'il a fait en 2001 un portrait d'Elisabeth II qui a créé une polémique en Grande-Bretagne. Qu'il a une quinzaine d'enfants dont plusieurs sont devenus célèbres...
Le 13 mai 2008, un nu intitulé "Benefits supervisor sleeping", daté de 1995, est vendu par Christie's à Londres. Le montant final des enchères, près de 34 millions d'euros, fait de cette œuvre la plus chère pour un artiste encore vivant.
(Wikipédia)
C'est le dernier tableau du diaporama ci-dessus.
Une série de photographies de tableaux sympa :
http://www.slate.fr/grand-format/lucian-freud-41411
Le 13 mai 2008, un nu intitulé "Benefits supervisor sleeping", daté de 1995, est vendu par Christie's à Londres. Le montant final des enchères, près de 34 millions d'euros, fait de cette œuvre la plus chère pour un artiste encore vivant.
(Wikipédia)
C'est le dernier tableau du diaporama ci-dessus.
Une série de photographies de tableaux sympa :
http://www.slate.fr/grand-format/lucian-freud-41411
vendredi 16 septembre 2011
Dans la nouvelle "Deux acteurs pour un rôle",
Théophile GAUTIER décrit ainsi une "jolie viennoise" attendue par un jeune homme qui montre des signes d'impatience :
"En effet, une jeune fille ne tarda pas à paraître au bout de l'allée : une coiffe de soie noire couvrait ses riches cheveux blonds, dont l'humidité du soir avait légèrement défrisé les longues boucles ; son teint, ordinairement d'une blancheur de cire vierge, avait pris sous les morsures du froid des nuances de roses de Bengale. Groupée et pelotonnée comme elle était dans sa mante garnie de martre, elle ressemblait à ravir à la statuette de la frileuse ; un barbet noir l'accompagnait, chaperon commode, sur l'indulgence et la discrétion duquel on pouvait compter."
Une note de bas de page indique que cette statuette est de Houdon. Elle date de 1787. Elle est exposée au musée Fabre, à Montpellier. La voici :

C. photo : Marc Lenot
Extrait de "La morte amoureuse, Avatar et autres récits fantastiques", récits écrits entre 1830 et 1866.
Théophile GAUTIER, Folio classique
"En effet, une jeune fille ne tarda pas à paraître au bout de l'allée : une coiffe de soie noire couvrait ses riches cheveux blonds, dont l'humidité du soir avait légèrement défrisé les longues boucles ; son teint, ordinairement d'une blancheur de cire vierge, avait pris sous les morsures du froid des nuances de roses de Bengale. Groupée et pelotonnée comme elle était dans sa mante garnie de martre, elle ressemblait à ravir à la statuette de la frileuse ; un barbet noir l'accompagnait, chaperon commode, sur l'indulgence et la discrétion duquel on pouvait compter."
Une note de bas de page indique que cette statuette est de Houdon. Elle date de 1787. Elle est exposée au musée Fabre, à Montpellier. La voici :

C. photo : Marc Lenot
Extrait de "La morte amoureuse, Avatar et autres récits fantastiques", récits écrits entre 1830 et 1866.
Théophile GAUTIER, Folio classique
mercredi 14 septembre 2011
A la fin du "Chant du monde",
un radeau dérive sur le Rhône, portant deux couples fuyant la vendetta, la violence des hommes et leur vie d'avant...
En 1970, Philip K Dick imagine qu'en 1991, certains hommes auraient acquis la capacité de deviner précisément l'avenir, d'autres sauraient pertuber cette faculté en les approchant, d'autres encore pourraient effacer le passé proche pour faire varier le présent. Une station permanente sur la lune est accessible en une heure sans réservation... Avec tout ça, au bout d'un moment dans le récit, on n'est plus sûr de grand'chose...
Une lecture étonnante en 2011. Recommandable.
UBIK, de Philipp K. Dick
En 1970, Philip K Dick imagine qu'en 1991, certains hommes auraient acquis la capacité de deviner précisément l'avenir, d'autres sauraient pertuber cette faculté en les approchant, d'autres encore pourraient effacer le passé proche pour faire varier le présent. Une station permanente sur la lune est accessible en une heure sans réservation... Avec tout ça, au bout d'un moment dans le récit, on n'est plus sûr de grand'chose...
Une lecture étonnante en 2011. Recommandable.
UBIK, de Philipp K. Dick
dimanche 11 septembre 2011
Expressions et dictons du Périgord (1)
A la bonne heure
Ai repris mes sabots
Un flûtiau, des oripeaux
De laine
Et revoici la plaine
Les champs qui pleurent
Qu'y puis-je ? Peu me chaut
Vrombissant au lointain
Les grasses commères
Refont du mauvais temps
Tout ce qui cloche en ce hameau
Coule en glaires de leur goulot
Et m'indiffère
S'il n'y a que choucas
Grabataires et regains trop ras
Qui m'attendent au bas des ravins,
Je reprendrai une soulée d'vin
Pour m'estourbir de leurs misères
Puis vomissant des crucifix
Au pied tout mort des grands calvaires
J'arrondirai les fins de moi
Je déroulerai ma misère
Qu'y puis-je enfin
Si pleurent les champs
J'entends un tonnerre qui revient
*Avec une petite pensée pour Gaston Couté
Un flûtiau, des oripeaux
De laine
Et revoici la plaine
Les champs qui pleurent
Qu'y puis-je ? Peu me chaut
Vrombissant au lointain
Les grasses commères
Refont du mauvais temps
Tout ce qui cloche en ce hameau
Coule en glaires de leur goulot
Et m'indiffère
S'il n'y a que choucas
Grabataires et regains trop ras
Qui m'attendent au bas des ravins,
Je reprendrai une soulée d'vin
Pour m'estourbir de leurs misères
Puis vomissant des crucifix
Au pied tout mort des grands calvaires
J'arrondirai les fins de moi
Je déroulerai ma misère
Qu'y puis-je enfin
Si pleurent les champs
J'entends un tonnerre qui revient
*Avec une petite pensée pour Gaston Couté
samedi 10 septembre 2011
Comme quoi, faut pas accorder trop d'importance aux critiques les plus entendus...
Ils sont comme des balises dans le paysage, des repères qu'il faut savoir éviter des fois...
C'est pas une que je connais bien qui dira le contraire, vu qu'elle affirme avec la véhémence d'une quasi-certitude le contraire de ce contraire, c'est à dire pareil ! Et même pire, souvent.
C'est elle qui m'a forcé à regarder "Les petits mouchoirs", un film de Guillaume CANET, complètement démonté par la critique du "Masque et la plume", un soir de la semaine où le film fut sorti dans les grandes largeurs. Averti, valant double qu'auparavant, je refusai de céder à ma sirène qui disait que j'étais nigaud d'avaler toutes les sornettes des mauvaises ondes. Or quel bien lui fit et à moi itou d'insister comme une opiniâtre en apportant le DVD, un soir d'entêtement caractérisé et de fièvre acheteuse.
Car on a vu ensemble un truc très réussi, sur les splendeurs et misères des groupes de vrais vieux copains qui prennent de l'âge et apprennent encore à se découvrir sous des jours nouveaux.
Ici, une critique sévère mais intéressante du film.
C'est pas une que je connais bien qui dira le contraire, vu qu'elle affirme avec la véhémence d'une quasi-certitude le contraire de ce contraire, c'est à dire pareil ! Et même pire, souvent.
C'est elle qui m'a forcé à regarder "Les petits mouchoirs", un film de Guillaume CANET, complètement démonté par la critique du "Masque et la plume", un soir de la semaine où le film fut sorti dans les grandes largeurs. Averti, valant double qu'auparavant, je refusai de céder à ma sirène qui disait que j'étais nigaud d'avaler toutes les sornettes des mauvaises ondes. Or quel bien lui fit et à moi itou d'insister comme une opiniâtre en apportant le DVD, un soir d'entêtement caractérisé et de fièvre acheteuse.
Car on a vu ensemble un truc très réussi, sur les splendeurs et misères des groupes de vrais vieux copains qui prennent de l'âge et apprennent encore à se découvrir sous des jours nouveaux.
Il y a aussi des prouesses techniques. Le premier plan est très étonnant, avec un long travelling qui suit un personnage dans une boîte de nuit, puis à l'extérieur, puis sur son scoot, jusqu'à la scène de l'accident qui est l'événement déclencheur du film. Le tout en une prise. Toute la brochette incroyable d'acteurs est crédible, derrière François CLUZET, génial en amphytrion généreux, mais maniaque et hypernerveux.
Il y a quand même quelques passages vraiment mélo, avec ralentis, sentiments et violons, ça coule partout, c'est dégueulasse, après faut nettoyer. Mais bon, pour nous, c'est un très bon film, même qu'on n'a pas pu s'empêcher de pleurer à la fin, il restait plus qu'à sortir les nôtres de mouchoirs.
Ici, une critique sévère mais intéressante du film.
"C'est la deuxième fois que ça arrive,
avec ce film !" a dit l'ouvreuse en nettoyant le vomi, juste dans le sas d'entrée de la salle de ciné. Ils disent que c'est trop mélo, que ça les écoeure..."
Ben moi, je me joindrais plutôt aux critiques sarcastiques qui proposent aux cinéphiles de se cotiser pour acheter un pied de caméra à Lars Van Trier. Pasque c'est ça qui fout la gerbe ! La caméra qui danse sans cesse comme un papillon qu'aurait abusé de nectar au chouchen !
A part ça, Mélancholia, c'est pas mélo du tout, c'est du grand spectacle au début et à la fin avec du petit cinéma au milieu, c'est à dire presque tout le film. On y retrouve la société bourgeoise danoise pourrie, qu'il aime traîner dans la boue. Mais parmi les thèmes du film, au-delà de la fin du monde et de l'attitude de l'homme face à la mort certaine, il y a une espèce de suggestion que le monde est pourri (la dépression de l'héroïne est comme légitimée) et ne mérite que sa destruction. Ça ressemble à une tentative de prophétie, mais personnellement, je n'y vois qu'une certitude de maladie mentale chez l'auteur. J'ai entendu une critique (dans le "Masque et la plume", que j'ai écouté a posteriori) qui m'avait effleuré au début du film, c'est qu'il y a une constante dans les films de Van Trier, à savoir une certaine forme de misogynie, le malheur de l'homme arrivant toujours par la femme...
Par ailleurs, je n'ai pas aimé Charlotte Gainsbourg, impossible d'oublier qu'elle est Charlotte Gainsbourg !
Pourtant, j'avais lu des critiques formidables.
Ben moi, je me joindrais plutôt aux critiques sarcastiques qui proposent aux cinéphiles de se cotiser pour acheter un pied de caméra à Lars Van Trier. Pasque c'est ça qui fout la gerbe ! La caméra qui danse sans cesse comme un papillon qu'aurait abusé de nectar au chouchen !
A part ça, Mélancholia, c'est pas mélo du tout, c'est du grand spectacle au début et à la fin avec du petit cinéma au milieu, c'est à dire presque tout le film. On y retrouve la société bourgeoise danoise pourrie, qu'il aime traîner dans la boue. Mais parmi les thèmes du film, au-delà de la fin du monde et de l'attitude de l'homme face à la mort certaine, il y a une espèce de suggestion que le monde est pourri (la dépression de l'héroïne est comme légitimée) et ne mérite que sa destruction. Ça ressemble à une tentative de prophétie, mais personnellement, je n'y vois qu'une certitude de maladie mentale chez l'auteur. J'ai entendu une critique (dans le "Masque et la plume", que j'ai écouté a posteriori) qui m'avait effleuré au début du film, c'est qu'il y a une constante dans les films de Van Trier, à savoir une certaine forme de misogynie, le malheur de l'homme arrivant toujours par la femme...
Par ailleurs, je n'ai pas aimé Charlotte Gainsbourg, impossible d'oublier qu'elle est Charlotte Gainsbourg !
Pourtant, j'avais lu des critiques formidables.
jeudi 8 septembre 2011
ça y est, les espagnols ont trouvé
l'avancée technologique décisive pour faire progresser la culture et le plaisir de la découverte :
(mettre en mode "plein écran")
Merci Veline
(mettre en mode "plein écran")
Merci Veline
samedi 3 septembre 2011
Qu'est-ce qui se reflète
dans l'eau du Rhône sur un mode impressionniste ?
C'est Lyon, pardi !
Plus exactement le Vieux Lyon, sur la rive droite de la Saône, second ensemble d'époque Renaissance en Europe par la superficie (après Venise).
Spécialité locale :
les "traboules", passages couverts permettant de circuler entre les cours d'immeubles. Impossibles à photographier, faute de lumière, de recul... mais dans les cours avec les escaliers ajourés, les fenêtres à meneaux, il arrive que la lumière bruine suffisamment...
C'est Lyon, pardi !
Plus exactement le Vieux Lyon, sur la rive droite de la Saône, second ensemble d'époque Renaissance en Europe par la superficie (après Venise).
Spécialité locale :
les "traboules", passages couverts permettant de circuler entre les cours d'immeubles. Impossibles à photographier, faute de lumière, de recul... mais dans les cours avec les escaliers ajourés, les fenêtres à meneaux, il arrive que la lumière bruine suffisamment...
jeudi 1 septembre 2011
Les Euphorismes de Grégoire
Absorbé par les recherches sur l'infiniment grand, puis sur l'infiniment petit, le scientifique a négligé, de façon coupable, le fantastique potentiel de l'infiniment moyen.
Euphorisme n° 227
mercredi 31 août 2011
Si vous croisez cet individu ...
...fuyez, fuyez son immense démence ! Il oblige ses disciples à se prosterner devant le saint cubi...
ou sa sainte bible...
Au coucher du soleil...
il rassemble ses ouailles sur une plage de Bretagne, et les oblige à manger du poisson grillé, à écouter des lectures de textes de Desproges, et à faire des photos de groupe ridicules...
...qui finissent immanquablement par l'exercice rituel du "tâs".
Aussi, ayez le bon réflexe, faites comme la dame de la plage,
fuyez !
Plomodiern, Finistère, samedi 20 août 2011
Photos : Angie and je
lundi 29 août 2011
A La Gacilly,
dans le Morbihan (pas loin de Redon) se tient depuis huit ans chaque été un festival-exposition de photographie en extérieur. De grands formats sur des supports très rigides, organisés sur 10 lieux dans ce chouette village, chacun présentant un/des photographes ou un thème.
Souvent le cadre naturel des lieux d'exposition offre un contraste intéressant avec les couleurs (notamment dans les photos de nature, et cette année le festival avait pour thématique générale "peuples et nature"), ou crée une atmosphère surprenante, moins neutre qu'une salle de musée. Parfois, ça tombe moins bien, mais dans l'ensemble, c'est très réussi.
L'occasion de faire des photos de photos...

Souvent le cadre naturel des lieux d'exposition offre un contraste intéressant avec les couleurs (notamment dans les photos de nature, et cette année le festival avait pour thématique générale "peuples et nature"), ou crée une atmosphère surprenante, moins neutre qu'une salle de musée. Parfois, ça tombe moins bien, mais dans l'ensemble, c'est très réussi.
L'occasion de faire des photos de photos...
Les noms des photographes et tout le programme :
dimanche 28 août 2011
On est bien d'accord,
sur l'ensemble de ce qu'on a vu dans le off de Mimos, c'est ce type, le clown chilien TUGA, qui avait notre préférence.
Il a obtenu le prix du public, pour son spectacle "Avec votre permission".
C'est du vrai mime, très inventif, et l'interaction avec le public est constante.
A Périgueux, les gens se disaient "Avez-vous vu le clown chilien qui joue avec les voitures ?"
A ne pas manquer si près de chez vous.
http://aquitaine.france3.fr/info/le-clown-tuga-a-charme-les-festivaliers-69925912.html
Il a obtenu le prix du public, pour son spectacle "Avec votre permission".
C'est du vrai mime, très inventif, et l'interaction avec le public est constante.
A Périgueux, les gens se disaient "Avez-vous vu le clown chilien qui joue avec les voitures ?"
A ne pas manquer si près de chez vous.
http://aquitaine.france3.fr/info/le-clown-tuga-a-charme-les-festivaliers-69925912.html
Ô doux et sage et noblissime Ernest !
Parmi les innombrables vertus dont la généreuse providence t'a comblé, saura t-on jamais avec la nécessaire mesure et l'indispensable emphase, vanter, même par temps calme, le génie qui te fit cultiver dans ton insulaire jardin de toute beauté, ces oignons jusqu'à moi parvenus, suivant les chemins détournés que tu sais ?
Coucher avec elle
Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration
Coucher avec elle
Pour l'ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude
Coucher avec elle
Pour l'aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes
Coucher avec elle
Pour l'amour absolu
Pour le vice pour le vice
Pour les baisers de toute espèce
Robert DESNOS,
Fortunes, Ed. Gallimard, 1942
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration
Coucher avec elle
Pour l'ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude
Coucher avec elle
Pour l'aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes
Coucher avec elle
Pour l'amour absolu
Pour le vice pour le vice
Pour les baisers de toute espèce
Robert DESNOS,
Fortunes, Ed. Gallimard, 1942
samedi 27 août 2011
Lectures d'été (3)
Michel Roquebert est un des grands spécialistes de la question cathare. Pour mener ses études, il s'installa même 10 ans dans le village de Montségur, construit après le démantèlement du pog ("lieu escarpé" en occitan) suite à la chute du bastion des hérétiques, en 1244.
C'est un récit chronologique, linéaire, extrêmement bien documenté, peut-être même proche de l'exhaustivité quant aux sources issues d'archives d'époque, compte tenu de "l'appareil critique de haute tenue", comme aurait dit Mr Maillard à la fac d'Angers, il y a de cela quelques années, de derrière ses doubles foyers.
Il reste que ce type d'étude, publié en 1970 semble ne pas avoir été touché par la grâce de l'école des Annales, qui commença pourtant à réformer la science historique après guerre, derrière Lucien Febvre et Marc Bloch. L'histoire "bataille", s'intéressant à l'événementiel sur une courte période était progressivement remplacée par des travaux où la sociologie, la démographie, l'économie et la longue durée étaient privilégiées. L'un des travaux qui ont marqué l'apparition de cette nouvelle histoire fut le bouquin de Braudel sur la Méditerranée. Je le cite sans l'avoir lu, mais c'est un jalon dans l'historiographie qu'en dehors de ceux qui l'ignorent, tout le monde connait.
Reste que ce livre fait le point de façon très précise sur les faits terribles qui ont eu lieu lors de cette croisade.
Rappelons le tout premier haut fait des croisés du Christ : le massacre de tous les habitants de Béziers, le 22 juillet 1209. Les chiffres varient entre 10000 et 20000 habitants.
Quant à la sauvagerie de certaines exactions, Roquebert fait une remarque très juste : on ne peut pas considérer pour les excuser que ces actes étaient "acceptables à l'époque", qu'ils étaient la norme de ces temps barbares, à partir du moment où parmi les rangs des croisés se trouvaient aussi des combattants qui furent horrifiés par ce qu'ils virent.
C'est un récit chronologique, linéaire, extrêmement bien documenté, peut-être même proche de l'exhaustivité quant aux sources issues d'archives d'époque, compte tenu de "l'appareil critique de haute tenue", comme aurait dit Mr Maillard à la fac d'Angers, il y a de cela quelques années, de derrière ses doubles foyers.
Il reste que ce type d'étude, publié en 1970 semble ne pas avoir été touché par la grâce de l'école des Annales, qui commença pourtant à réformer la science historique après guerre, derrière Lucien Febvre et Marc Bloch. L'histoire "bataille", s'intéressant à l'événementiel sur une courte période était progressivement remplacée par des travaux où la sociologie, la démographie, l'économie et la longue durée étaient privilégiées. L'un des travaux qui ont marqué l'apparition de cette nouvelle histoire fut le bouquin de Braudel sur la Méditerranée. Je le cite sans l'avoir lu, mais c'est un jalon dans l'historiographie qu'en dehors de ceux qui l'ignorent, tout le monde connait.
Reste que ce livre fait le point de façon très précise sur les faits terribles qui ont eu lieu lors de cette croisade.
Rappelons le tout premier haut fait des croisés du Christ : le massacre de tous les habitants de Béziers, le 22 juillet 1209. Les chiffres varient entre 10000 et 20000 habitants.
Quant à la sauvagerie de certaines exactions, Roquebert fait une remarque très juste : on ne peut pas considérer pour les excuser que ces actes étaient "acceptables à l'époque", qu'ils étaient la norme de ces temps barbares, à partir du moment où parmi les rangs des croisés se trouvaient aussi des combattants qui furent horrifiés par ce qu'ils virent.
Inscription à :
Articles (Atom)










