dimanche 10 novembre 2019

Eric Toulis, chanteur visionnaire

Un enregistrement de 2011, mais la chanson est encore plus ancienne de 10 ans. Et la voici décrivant notre actu !




la java du caniveau

Paroles et musique : Toulis - Next Music

Voici l’histoire bien ordinaire
Qui m’est arrivée cet hiver

Cette histoire, c’est un peu la vôtre

Car elle n’arrive pas qu’aux autres

Un jour, le grand patron m’a dit,

Vous passerez me voir à mon bureau

Monsieur Machin, on vous remercie

Et j’ai jamais retrouvé d’boulot

Une compression de personnel

Fut mon dernier cadeau de Noël

Alors, tout s’est accéléré

Mon existence a basculé

Depuis, j’habite rue de nulle part

Comme ça, ça m’est tombé dessus

Certains choisissent d’être clochard,

Moi j’ai pas choisi d’être à la rue


Ça s’est passé en moins de six mois

Avant je vivais comme toi

Maintenant je dors dans un caniveau

Avec mes sacs et mon manteau


Les règles du grand capital

Ont tout volé même le vital

Le nécessaire avant l’envie

Ma vie est devenue la survie

Ma maison c’est un carton d’emballage Ikea

C’est là que je bossais comme un con

Avant qu’ils aient plus besoin de moi

« J’ai faim » marqué sur un panneau

Je fais le mendiant dans le métro

Ça fait bizarre je vous assure

D’plus voir les gens mais leurs chaussures

Et croyez pas que ça m’amuse

De devoir faire mon p’tit numéro

Du messieurs-dames, je m’excuse,

Une pièce ou un ticket resto


Ça s’est passé en moins de six mois

Avant je vivais comme toi

Maintenant je dors dans un caniveau

Avec mes sacs et mon manteau


Les grandes vacances toute l’année

Et les joies du camping forcé

Je vous le souhaite pas mais méfiez-vous

Un jour ça tombera peut-être sur vous

Peut-être qu’un jour ce sera votre tour

D’aller crever au pied des tours

L’oeil ébloui par la lumière

Des grands fabricants de misère

Des belles multinationales

Qui font des pauvres et des maudits

Des millions de gens qui crèvent la dalle

Pour la cinglerie du profit

Et quand arrivera l’euro, vous n’en verrez pas la couleur

Ce s’ra les mêmes qu’en auront trop

Messieurs, mesdames à vot’ bon coeur


Ça s’est passé en moins de six mois

Avant je vivais comme toi

Maintenant je dors dans un caniveau

Avec mes sacs et mon manteau


Alors vous vivrez l’aventure

Que vivent les nouveaux clodos

Car dans la rue la vie est dure

La rue, ça fait pas de cadeau

Assis sur le banc de touche,

Non, vous n’aurez pas le choix,

On vous mènera de force à la douche

Que vous soyez sale ou pas

Pour conserver bonne apparence

Vous vous raserez tous les matins,

Mais les jours de grande ‘affamance’,

Vous volerez les grands magasins

A un feu rouge pour 10 francs

A des gens tous indifférents

Vous serez vendeurs du Lampadaire

L’hebdomadaire de la galère


Ça s’est passé en moins de six mois

Avant je vivais comme toi

Maintenant je dors dans un caniveau

Avec mes sacs et mon manteau


Oui, mais je sais qu’un jour viendra

Un jour, le vase débordera

Les pauvres, on se réunira

Voilà ce qui arrivera

En ayant marre d’être cocus,

Tous les exclus de la galette

On viendra reprendre notre dû

Cette fois, c’est vous qu’aurez les miettes

Comme y’aura pas d’autres solutions,

On refera la révolution

Des millions d’pauvres dans la rue

Ça peut vous r’foutre un beau chahut

Et on s’en ira pique-niquer

Sur les belles pelouses de l’Elysée

Et ce jour là, planquer l’artich,

Y fera pas bon être trop riche


Ça s’est passé en moins de six mois

Avant je vivais comme toi

Maintenant je dors dans un caniveau

Avec mes sacs et mon manteau


Les grandes vacances toute l’année

Et les joies du camping forcé

Je vous le souhaite pas mais méfiez-vous

Un jour, ça tombera p’être sur vous !


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