dimanche 3 janvier 2016

Suis reparti dans les aventures de Jacques Vingtras,

alias Jules Vallès (son vrai nom est Louis-Jules Vallez). L'oeuvre trilogistique : "l'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé"

Il y a un passage rigolo à propos des paysans bretons et vendéens , dans "l'Enfant".
Cela se situe au moment où le petit Jacques arrive à Nantes avec ses parents. Lui, professeur et répétiteur (il donne des cours particuliers), elle femme au foyer. Tous deux battaient le petit Jacques comme plâtre pour lui apprendre les bonnes manières, mais à Nantes, le proviseur du lycée a tout de suite prévenu : pas de geste déplacé vers les enfants. Du coup, le petit est tout désorienté, habitué qu'il était à se prendre des torgnioles à heures fixes.
Mais là n'est pas le propos. 
On est en 1847, Jules a 15 ans, il observe les gens du peuple dans les rues de Nantes. Il faut préciser qu'auparavant, il avait adoré le contact des artisans, des ouvriers des rues, des manouvriers des campagnes et annonçait fièrement qu'il voulait être ouvrier, ce qui horripilait son père... Ce qu'il rencontre ne va pas l'emballer.

"Il y a des paysans aux cheveux longs et rares, tristes et laids; ils vont muets derrière leurs chariots à travers la ville et ont l'air terne et morne des sourds. Pas de gestes robustes, point l'allure large, la voix forte ! La lèvre est mince ou le nez est pointu, l'oeil est creux et la tempe en front de serpent - ils ne ressemblent pas, comme les paysans de la Haute-Loire, à des boeufs-, ils ne sentent pas l'herbe, mais la vase; ils n'ont pas la grosse veste couleur de vache, ils portent une camisole d'un blanc sale, comme un surplis crotté. Je leur trouve l'air dévot, dur et faux, à ces fils de la Vendée, à ces hommes de la Bretagne."

Le petit Jules a des dégoûts très sûrs... Reste que ce récit est à la fois un témoignage royal sur la société des petites gens de l'époque, et une histoire drôlissime. Du moins les anecdotes relatent souvent des faits tragiques, mais sur un mode d'auto-dérision du plus bel effet...

Moi, je lis ça dans cette édition de l'Omnibus...









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