dimanche 11 novembre 2018

Le grand bain, de Gilles Lellouche

Pour moi, c'est un grand film, plein de sensibilité, collant à la diversité des humanités révoltantes, souffrantes, méprisantes, toutes cherchant la voie de sortie, ou seulement le bol d'air (pour rester dans la thématique du film) qui permet de tenir un peu plus loin. C'est à mon avis la première qualité du film : rendre la complexité des situations vécues par ces cabossés de la vie. Avant le côté comique burlesque qui est aussi très présent. D'ailleurs, il faut attendre presque la moitié du film et l'arrivée de l'entraîneuse de choc (Leila Bekhti) pour que s'imposent les situations franchement drôles. Auparavant, on était bien plus proches du cinéma sociétal de Ken Loach que de comédies comme "Little Miss Sunshine" -auquel le film peut faire penser par ailleurs-.
Je trouve qu'il faut rendre hommage à cette brochette d'acteurs, tous des vedettes reconnues, qui ont accepté de se montrer dans leur réalité physique (presque) nue, très peu à leur avantage. Il y a une autodérision formidable dans tout ceci.
Le film fonctionne si bien que la fin heureuse (très idéalisée quand même) passe parfaitement et propose un grand moment d'émotion, je me suis vraiment laissé embarquer...
Les excellents chiffres d'entrées de ce film (presque 1.5 millions de spectateurs rien que dans sa première semaine) montrent qu'une majorité de spectateurs a réagi positivement et s'est (sans doute en partie, c'est une proposition...) reconnue dans ces gueules cassées, par exemple dans le constat déprimant de la décrépitude des corps avec le temps, mais il y a évidemment plein d'autres occasions de s'y reconnaître, plus ou moins partagées dans le monde...
Je ne vois pas de contreperformance d'acteurs qui sont tous convaincants. Sans doute ce scénario leur aura rappelé des petites choses pénibles à eux aussi, cachées derrière ou enfouies sous leur succès de stars.
Magnifique !




























Aucun commentaire:

Publier un commentaire

postiches