vendredi 12 avril 2019

Il fallait 1- oser le penser 2 - oser l'exprimer publiquement


Benoît XVI attribue la pédophilie dans l’Eglise à Mai 68 et à « l’absence de Dieu ».

Ainsi donc, si des légions de pervers ont intégré l'Eglise catho, c'est à cause des trublions de mai 68.
Déjà, il y a un problème de constat historique. Les déviances dans l'Eglise catholique ne datent pas de la seconde moitié du XXème siècle. Personnellement j'irais même jusqu'à affirmer qu'elles sont consubstantielles à la formation de cette religion exécrable. S'il faut trouver un fautif, c'est -entre autres- le Constantin qui en 312 se convertit et change la face de l'Empire romain avec tous les avatars infects qui en ont résulté.
La littérature y-compris les études historiques les mieux étayées- regorge de cas d'horreurs de religieux qui ont abusé de leur autorité. Bien avant la chienlit.
L'autre incohérence majeure, c'est que la pédophilie dans l'Eglise est avérée comme un fléau majeur, y-compris dans des pays qui ont été peu ou pas du tout concernés par le printemps 1968.

Bien sûr, ce qui est sous entendu, c'est que ce pape rejette avec force les avancées sociales déterminantes de mai 1968... Comme Sarko !
Mais ça, c'est le pompon sur la mitre !

L'article du Monde




mercredi 10 avril 2019

« La police ne sert pas d’abord à appliquer la loi mais à éliminer des groupes sociaux »

Geoffroy de Lagasnerie, sociologue et philosophe, co-auteur avec Assa Traore de "le combat Adama"

Fort intéressant.
Sur ce que signifie l'action de la police et comment nous nous sommes doucement habitués à accepter des pratiques abusives et légales.
Comment la perception de l'action policière structure le rapport au monde d'une catégorie très ciblée de la population...
Quand on désigne de "violence policière" tout abus (hors de la légalité) de ce corps de la fonction publique française, c'est qu'on a déjà admis que les pratiques "ordinaires", pourtant elles-mêmes hyper violentes parfois, sont correctes; c'est une façon d'accepter, de considérer comme normaux et supportables les actes d'abus caractérisés à la personne humaine commis dans le cadre légal.
De la même façon, parler de "contrôle au faciès" permet de valider tous les contrôles abusifs, qu'on ne peut attribuer aux profils visibles des citoyens, et qui sont pourtant des abus notoires de pouvoir. A l'origine, la police est une émanation du peuple, elle n'a pas à muter en organe de contrôle extensif des populations...

Merci aux Gilets Jaunes de Dordogne qui relaient cette réflexion.







mardi 9 avril 2019

Dans ton coeur, spectacle de la Cie Akoreacro (Pierre Guillois)


L'histoire d'un couple depuis sa rencontre jusqu'à… une forme d'épanouissement. Tout est beauté, fantaisie, poésie, humour, la musique est splendide, et c'est plein d'invention…
Du jamais vu dans le nouveau cirque (à mon avis que j'ai, de non spécialiste).
Tout simplement époustouflant. Ne ratez pas cela si ça s'approche de vous...
Il reste des places à l'Agora (plaine de Lamoura) demain soir...


Dans Ton Coeur, AKOREACRO from Le Quartz, Brest on Vimeo.

Les enfants rouges de Mano Solo




Les enfants rouges

A la braderie des enfants rouges je ne sais pas trop pourquoi
J'aurais voulu t'y voir te rencontrer là
On se serait dit bonjour et pas casse-toi
On se serait peut-être même fait un sourire
Mais pas boire un coup faut pas pousser
Puis on serait reparti chacun dans notre vie
Effaçant de notre ésprit
L'hier qui n'est pas fier

Adieu beauté
Je saigne encore de ma bêtise
J'ai beau essorer mon âme
Qu'il en coule toujours le jus de nos méprises

A la braderie des enfants rouges
Les vieilles histoires s'étalent sur le trottoir
De vieux souvenirs aguichant le chaland
Dix francs pour une nouvelle vie
Hé! tu m'emmènes chérie
J'ai bien cherché et j'ai rien retrouvé
Que tu puisses habiter un brin
Ces souvenirs n'étaient pas les miens

A la braderie des enfants rouges
J'aurais pu y vendre mon coeur
Comme d'autres vendent des fleurs
J'aurais pu me mettre nu
Comme un chien dans la rue
Il se peut même que j'aboie

Emmenez-moi emmenez-moi

A peine


Trop court




















J'ai à peine
eu le temps
de ne pas
penser à toi




Chez Siaudeau


Merci Guillaume !


lundi 8 avril 2019

Le corps social (anesthésié par les médias) bouge encore !

Réunis en assemblée, des « gilets jaunes » rejettent toute consigne commune pour les européennes

Les 235 délégations rassemblées à Saint-Nazaire ce week-end ont publié lundi cinq appels communs évoquant revendications, actions et convergences.

 L'article du  Monde   





Un lieu de sieste privilégié : les pelouses du prieuré de Merlande













Le prieuré de Merlande fondé en 1143 sur des terres données à l'abbaye de Chancelade (éloignée de 5 km) par l'évêque de Périgueux Geoffroi de Cauzé, se trouve sur la commune de La Chapelle-Gonaguet.


dimanche 7 avril 2019

Dertli Dolap par Özgür Baba


Je ne me lasse pas d'entendre ce turc avec son saz (l'instrument traditionnel), son chat, ses poules...
C'est très apaisant.





Dernier amour, de Benoît Jacquot

Si on avait écouté les commentaires du Masque avant d'y aller, on n'y serait pas été ! Seul Pierre Murat de Télérama dit que c'est le meilleur film de Jacquot, et veut sauver cette interprétation de Casanova par Vincent Lindon. Certes on peut se demander avec Danièle Heyman, pourquoi Lindon-Casanova porte "une méduse morte" sur la tête, et c'est vrai que ce postiche est stupéfiant et se rapproche plus visuellement à mon avis du bobtail ébouriffé. Mais bref, nous, on a passé un bon moment.
Cela se situe dans la vie de Casanova au moment où poursuivi par les polices vénitiennes, il se réfugie en Angleterre et ce séjour forcé n'est vraiment pas le passage le plus heureux de son parcours rocambolesque. Il se trouve que pour une fois, il tombe vraiment sous le charme d'une femme qui vit de ses atouts physiques, et qu'il va s'en rendre malade au point d'être à deux doigts de se jeter dans la Tamise, épisode qu'il a consigné dans "l'histoire de ma vie", dont j'ai lu environ 700 pages soit un bon quart de l'oeuvre, j'attends d'être alité -ou emprisonné- durablement pour finir ça et reprendre mon souffle à la fin de cette phrase.
On a trouvé que Stacy Martin était chouette dans le rôle de la courtisane, elle n'en fait pas trop et elle ne porte pas de méduse mal en point à sa tête.
Bon, ça ne restera pas dans les annales, sauf à ne prévoir qu'un "n" à ce mot, pour évoquer un passage libidineux dans un parc où le client propose le double de la somme prévue pour pouvoir s'y faufiler, mais il ne s'agit pas de notre héros.
Bref, le Casa fait chou blanc et couilles croisées, comme disait Coluche, et rien ne lui sert de s'énerver quand il surprend la belle en amazone de literie, la coquette ne lui cédera pas.
















Le texte intégral :





jeudi 4 avril 2019

Rosie Davis, de Paddy Breathnach

Un opus irlandais à ranger près des films de Ken Loach et de Mike Leigh.

Rosie Davis et son mari forment avec leurs quatre jeunes enfants une famille modeste mais heureuse. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur maison, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre à Dublin, même pour une nuit, est un défi quotidien. Les parents affrontent cette épreuve avec courage en tentant de préserver leurs enfants. (Synopsis Allociné) 

On apprend par un article du Monde que les sans-Abris irlandais ont augmenté en population de + 145 ¨% entre 2014 et 2017.


« La définition du sans-abrisme a beau ne pas être la même d’un pays à l’autre, partout en Europe les hausses sont spectaculaires », révèle Sarah Coupechoux, de la FAP : + 150 % en Allemagne, entre 2014 et 2016 ; + 145 % en Irlande, entre 2014 et 2017 ; + 169 % au Royaume-Uni entre 2010 et 2017 ; + 96 % à Bruxelles entre 2008 et 2016 ; + 20,5 % en Espagne entre 2014 et 2016 ; + 17 % en France entre 2016 et 2017, en tenant compte des 20 845 personnes qui ont demandé un hébergement au « 115 » en juin 2017 par rapport à juin 2016.
Extrait d'un article du Monde du 21 mars 2018.

Film très sensible, qui permet par la répétition lassante des situations de détresse quotidienne d'éprouver la détresse de ces gens qui font partie des "travailleurs pauvres".









Blanche Gardin, une femme remarquable

Ceci est la copie intégrale (sans les photos et vidéos) d'un article de Télérama :

Blanche Gardin refuse d'être décorée des Arts et des Lettres et le fait savoir


L’humoriste, remontée contre la politique du gouvernement sur les mal-logés, dit ne pas pouvoir accepter cette récompense.

« J’ai jamais su dire non », explique Blanche Gardin dans son dernier spectacle. L’humoriste vient pourtant de prouver le contraire : elle vient de poster un texte sur son compte Facebook pour expliquer qu’elle refusait la proposition du ministre de la Culture, Franck Riester, d’être décorée de l’ordre des Arts et des Lettres. Ses raisons ? Les promesses non tenues du gouvernement en faveur des mal-logés et des personnes sans domicile. « Vous avez baissé durement les APL qui aident les plus pauvres à se loger, écrit Blanche Gardin à l’adresse d’Emmanuel Macron, vous avez réduit les budgets des centres d’hébergement d’insertion pour les sans domicile, vous avez coupé une part importante des moyens dédiés à la construction de logements sociaux, coupé drastiquement dans les emplois aidés, supprimé l’ISF, ce qui a eu, entre autres conséquences, de faire chuter les dons aux associations qui luttent en faveur des plus démunis. Vous n’avez pris aucune mesure ambitieuse qui permettrait d’encadrer les loyers dans toutes les villes ou le coût du logement étouffe le budget des plus fragiles. » Et l’humoriste de poursuivre : « Où comptiez vous les mettre, ces gens que vous ne vouliez plus voir dans la rue Monsieur le président, alors que vous preniez toutes ces mesures qui allaient provoquer l’effet inverse ? »
Il est vrai que Blanche Gardin vient de jouer son excellent spectacle Bonne nuit Blanche – dont elle achève les représentations en juin – au Zénith de Paris, lors d’une soirée où tous les bénéfices étaient reversés à la Fondation Abbé Pierre et à l’association Les Enfants du Canal. « Vous comprendrez qu’il y aurait quelque chose d’illogique d’accepter votre proposition. », écrit l’humoriste.
L'article de Télérama publié hier.
























Crédit photo Babelio


Boy erased, de Joel Edgerton

Une lumière crue jetée sur un -autre- des recoins sombres de la planète USA.

Je savais que les bataillons de fous de Dieu que sont les hordes de citoyens américains (surtout dans la Bible belt, on est là -dans le film- au beau milieu de cette zone, en Arkansas) considèrent l'homosexualité comme une maladie. J'ignorais que pour éradiquer cette "pathologie", ils faisaient subir aux personnes qui se déclaraient de cette orientation, une pression maximale allant jusqu'à une forme de torture mentale, un lavage de cerveau extensif qui passe par de multiples atteintes aux droits élémentaires de la personne humaine. C'est le sujet du film. Un jeune homme, fils de pasteur, doit faire face à sa famille qui souhaite "éradiquer le mal" chez ce fils de bonne famille, en l'embarquant dans une session de rééducation -fort onéreuse bien sûr-, où toutes les méthodes sont admises...

Un film utile, dont le montage ne m'a pas gêné (j'ai lu des critiques parlant d'une forme bizarre et déroutante) et fort bien joué. Un peu long et lisse peut-être à mon goût. Mais c'est un film précis et complet dans la description du parcours mental du gars, donc je pense que le choix du réalisateur est justifié (le film dure 1h55).









dimanche 31 mars 2019

A propos d'Olivier Basselin

J'ai reçu la photo d'un extrait de notice historique parlant de la vie légendaire de ce normand de Vire.
Il me revint en mémoire que jadis, nous écoutions le groupe Sélune qui évoquait en chanson ce poète (la Sélune est une rivière normande). Ces chants sont des interprétations de textes du manuscrit de Bayeux écrit au XVème siècle.










Merci Pierre-Elie ! 





Un texte grivois à double sens ?

Dieu mercy, j'ay bien labouré,
Aussi ma charrue est lassée;
Jamais je ne l'atelleray,
Tant qu'el soit ung peu reposée (bis)

J'avois deulx beufz et I poulain
Qui soulloyent bien tirer d'accord.
Mais le rouge a le cueur si vain,
Qu'a bien petit qu’il n’en mort.

Hellas! il est bien enhané
De la grant douleur que j’avoye,
Dont j’ay laissé, bien estonné,
 La charruette enmy la voye.

***

Je lesray ma terre gesir
Qui se voulsist bien labourer,
D’en voir le fruict j’ai grand desir;
 Dieu m’y doint bien perseverer.

Mais il y a ung feugueray
Qui est l’orée d’une valée,
Où j’ay par maincte foys bouté
 Ma charrue jusqu’à la roye.

***

 Il fault mon poullain reposer
Et froter et tenir chault,
Car il ne se veult disposer
 A labourer, le cueur luy fault.

En tout temps, esté et yver,
Volluntiers je laboureroye,
D’acord, de hait, sans estriver:
 J’y prends soullas, plaisir et joye




mercredi 27 mars 2019

Les disparus du phare, de Peter May

Connaissez-vous un auteur de romans dont vous pouvez dire à coup sûr que chaque bouquin va vous accrocher au point que vous ne pourrez plus poser le truc après deux pages lues ?

Moi oui.
C'est Peter May.

Là, dans les disparus du phare, l'intrigue développe deux fils narratifs. Un homme s'éveille sur une plage d'Ecosse (sur une des îles Hébrides qu'on visite avec les protagonistes). Il est amnésique. Ses recherches le portent à croire qu'il habite à Edimburg. Il se pointe à l'adresse dite et connait une grave déconvenue : personne ne le reconnait… Là commence le second tableau, on y suit la grande ado de cette maison, qui ne se remet pas du suicide de son père deux ans plus tôt...

Après ça si je vous colle le résumé du Rouergue, vous ne ferez pas facilement le lien avec mon intro...

"
Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. Tétanisé par le froid, le cœur au bord des lèvres, frôlant dangereusement le collapsus. Il ignore où il se trouve et surtout qui il est ; seul affleure à sa conscience un sentiment d’horreur, insaisissable, obscur, terrifiant. Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides balayée par les vents lui échappent, d’autres les connaissent fort bien. Alors qu’il s’accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, qu’il s’interroge sur l’absence d’objets personnels dans une maison qu’il semble avoir habitée depuis plus d’un an, la certitude d’une menace diffuse ne cesse de l’oppresser. Muni, pour seuls indices, d’une carte de la route du Cercueil qu’empruntaient jadis les insulaires pour enterrer leurs morts, et d’un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d’îlots perdus dans l’océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d’urgence vitale.
Revenant à l'archipel des Hébrides où il a situé sa trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme sans nom et sans passé, que sa mémoire perdue conduit droit vers l’abîme.
"
J'ajoute juste que ça cause vachement d'environnement et d'abeilles !

Lisez Peter May, vous pourrez mourir en paix !






Peter May 










dimanche 24 mars 2019

Dur ou mou, pour le brexit !


On ne traite pas avec un état qui réinvente la prédation puis -dans de nombreux cas- la revente d'êtres humains. A la différence près du travail forcé -puisqu'il s'agit d'enfants- on a là un système criminel organisé, institutionnel, aussi abject que l'esclavagisme d'autrefois.

Il faudrait que cela soit dénoncé clairement au niveau de l'UE pour qu'aucun état membre ne s'amuse à reprendre ces merveilleuses pratiques dérivant de l'ultra-libéralisme...

Il faut absolument être au courant de ces abus pour pouvoir contrer leur expansion...
Merci d'écouter ceci attentivement !



vendredi 22 mars 2019

La chute de l'empire américain, de Denys Arcand

Tabarnac allez voir ça !

Un polar qui est en même temps un film social prenant la défense des déshérités du Canada, un presque documentaire sur les paradis fiscaux permettant aux tricheurs de s'en mettre de côté sans passer par le fisc et même un vrai film comique, avec là-dessus le gâteau à la crème savoureuse de la langue du Québec, là franchement ça ne se loupe pas !

Après, vous faites ce que vous voulez de votre vie...

La seule question que je vous poserai quand vous l'aurez vu, et pisqu'on cause de trilogie avec "La chute de l'empire américain" (1986) et "Les invasions barbares" (2003) c'est :
c'est quoi t-est-ce le lien trilogique des trois ensemble ? 
Y'en a forcément, ok ?





La lune d'hier soir

ronde et souple comme un sable roux
gazelle blonde de mes insomnies
que je fus été voir luire sur mon perron joli

comme un point sur le pommier noir du voisin.





















Petit retour chez Siaudeau, listes de courses...

http://lameduseetlerenard.blogspot.com/2019/03/listes-de-courses.html


Profitez en pour courir le renard ou la méduse.

jeudi 21 mars 2019

Fleur-de-Tonnerre, de Jean Teulé

Nous revoici en Bretagne, au milieu du XIXème siècle. L'histoire de cette domestique issue du monde paysan morbihannais est aussi une des chroniques judiciaires les plus saisissantes de l'histoire de la justice contemporaine. Hélène Jégado, du village de Plouhinec dans le Morbihan, est tout simplement la plus grande serial killeuse de l'histoire de France : 60 victimes sur 97 tentatives d'empoisonnement ! Et encore, elle n'a sans doute pas tout avoué.

Jean Teulé propose une version romancée de cet itinéraire hors du commun.
Lecture possible.