dimanche 8 janvier 2012

Une famille italienne

entre Sardaigne et Milanais.
 … « Elle pense même que nous devons lui être reconnaissants parce qu’elle a pris sur elle tout le désordre qui peut-être serait retombé sur papa ou sur moi. D’après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s’emparer de quelqu’un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux sinon le monde se sclérose et s’arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, si j’épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d’accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c’est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu’un qui paie son tribut pour que l’équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s’arrête pas. »…


Mal de pierres, chap. 18

Milena AGUS

Trad. De l’italien, D. VITTOZ
 

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