vendredi 26 août 2011

Hourra ! SNCF ! Alleluia ! CQFD !

Claire Chazal a pondu.


Mes implorations couché dans la fiente n'auront donc pas été inutiles. Ceci prouve que mes poules, qui ont donné maintes fois la preuve de leur sagace malignité, sont sensibles aux implorations.
Quand même, il était temps qu'elles couchassent dans la paille leurs ovaloïdes omelettes, j'allais les foutre au pot, moi, ces saletés...






La complicité par les pieds (12)

Bréal-sous-Montfort, 24 août 2011

Circule ces temps-ci

sur des toiles, une fable moderne suivie d'un appel à cesser l'inaction, que je restitue très volontiers :

La crise des ânes 

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village. Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.  Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune. Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement. Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.
Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes. 
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.  Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants. 
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.

Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?
Que ferez-vous ? 

Pour nous retrouver, tous sur la place du village :

Samedi 15 octobre 2011(Journée internationale des indignés) 

jeudi 18 août 2011

Lectures d'été (2)

Il y a des auteurs de polars qui construisent des histoires passionnantes. Dennis Lehane, en plus de ça a une écriture à lui, quelque chose de net, d'implacable, qui impressionne vraiment (les gens impressionnables, dont je). J'avais adoré "Shutter Island", tout sauf simple à décrypter et envoûtant à souhait. Le film superbe qui en a été tiré est une restitution très juste de cet univers déroutant. Dans "un dernier verre avant la guerre", je trouve les portraits particulièrement réussis, je trouve qu'on les "voit", les types. Lehane est né avec la métaphore hypertrophiée.

Exemple (mauvais) extirpé (trop) rapidement, mais quand même, ça donne une idée de :

"Sterling était un rougeaud bien en chair, le genre qui porte son poids comme une arme, pas comme un handicap. Il avait une masse de cheveux blancs et raides sur laquelle on aurait pu faire atterir un DC-10, et une poignée de main qui s'arrêtait juste avant de provoquer la paralysie. Il était le leader incontesté de la majorité au Sénat du Massachussets depuis au moins la guerre de Sécession et il n'avait aucun projet de retraite."

Traduction de Mona de Pracontal.

























Puis j'ai repris le chemin du merveilleux chez Murakami, avec "les amants du Spoutnik". Après Lehane ça fait un choc culturel. On songe tout d'abord qu'on a tombé de Flaubert dans Enid Blyton*. Mais petit à petit la magie est revenue, sauf que j'ai de nouveau eu la curieuse impression d'avoir déjà lu ça quelque part, comme lors de "Chroniques de l'oiseau à ressort" après être passé par "La course au mouton sauvage", "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" et peut-être "Kafka sur le rivage", qui reste de loin le plus à mon goût.
C'est comme s'il construisait une oeuvre enchevêtrée où les morceaux qui s'entrecroisent finissent par former un édifice cohérent.
Peut-être.
Souhaitons le lui.
Lui le.
Le lui !

* Je sais j'exagère, c'est fait exprès pour frapper l'esprit du lecteur...

Les blagues intraduisibles

A man goes into a pet shop.
- I'd like a parrot for my son.
- Sorry Sir, we don't swap.

Exhumed out of...

L'autre est un équilibre

On insiste trop sur l'enfer de l'autre. Son regard avec ce qu'il faut de sérénité, et l'air de celui qui sait que l'avenir est pavé de surprises à déguster, ça vous conforte dans un plaisir silencieux nimbé par l'attente de les vivre avec l'autre. L'autre se goure souvent, il sert de garde-corps contre les échecs qu'il vit sous nos yeux, et qu'on ne tombera pas dedans : l'autre est un air-bag. L'autre renvoie à notre propre ridicule, il est très utile pour limiter la vanité à un truc vivable. L'autre est indispensable, car sur une île déserte, sa présence insupportable vient rapidement à nous faire défaut. Il faut reconnaître que l'autre est un truc vachement positif, quel que soit.

Et par une parenthèse digressante qui n'a rien à voir que dans le lointain, ça fait longtemps que j'ai envie de voir ce film, mais si ça se trouve, on n'y trouve rien de tout ce qui fait que l'autre est comme une poire belle-Hélène, avec du caramel chaud et des petits morceaux de noisettes dessus.




On peut aimer l'histoire

Santillana Del Mar



et les blagues à deux balles





mercredi 3 août 2011

Lectures d'été 1

Alice Munro est née en 1931, au Canada. Elle a longtemps été libraire, à Victoria (Ontario). Elle est reconnue pour ses nouvelles, où la psychologie intime des personnages joue un grand rôle. Ce sont des récits assez complexes, où des détails qui semblent anodins au premier abord ont leur importance.
J'avais lu ça, chouette recueil de nouvelles,


où des femmes, engluées dans des histoires qu'elles veulent fuir, tentent d'en réchapper, mais souvent sans succès.


















J'ai poursuivi avec celui-ci,

 évocation de l'histoire de ses ancêtres qui ont émigré d'Ecosse (c'est son arrière-grand-père qui a fait le grand saut), d'abord aux Etats Unis, puis au Canada anglophone (Ontario).
Quand le récit arrive à son histoire perso, ça prend l'allure d'une autobiographie, toujours très bien écrite, avec beaucoup de sensibilité féminine, marquée par le poids des obligations ou des interdits religieux, dans la société puritaine des colons anglo-saxons.

dimanche 31 juillet 2011

Le triptyque de Portmain au petit matin


Sans prévenir,


Soudain le sentiment qu'il fallait être à ce moment précis, à cet endroit



Pour être

samedi 30 juillet 2011

Et à propos de défilés rituels de Cro-Magnons,

une devinette.

Quel point commun partagent les régions de Cantabrie, là...

et le Périgord, en dehors du fait qu'elles sont toutes deux jolies et habitées par des gens formidables ?

C'est la concentration de sites paléolithiques, attestant d'un peuplement précoce et important d'homo sapiens et de Néandertaliens, avec la présence des trois uniques grottes ornées polychromes (Font-de-Gaume et Lascaux en Dorogne, Alta Mira en Cantabrie) en Europe.

Deux repères faciles à mémoriser pour situer le paléolithique : les premières vagues importantes de peuplement, remontant de l'Afrique par l'Asie Mineure se situent environ à - 40 000 ans pour se terminer -grosso modo- vers - 10 000 ans, avec la fin de la glaciation de Würm (global wurming, pour la mnémotechnie) qui permettra aux peuplades de se sédentariser et d'expérimenter élevage et culture.

Le musée d'Altamira est très chouette, bien adapté à tous les publics (ils ont pensé aux enfants) et intègre une reconstitution (un fac simile) de la partie la plus spectaculaire de la grotte. Pas du tout dans l'esprit de Lascaux II. Là, il y a des animations filmées projetées sur un tissu à peu près transparent, qui montrent des hommes en activité à l'entrée de la cavité. La zone des peintures est aménagée au sol avec des rampes qui guident le public, des éclairages particuliers, bref on n'a pas cherché à vous faire croire que vous y étiez vraiment. D'une certaine façon, c'est plus honnête. On a bien aimé.
Les peintures qui datent de la période du Magdalénien, entre -15500 et -13500 sont exceptionnelles, avec notamment le bison recroquevillé, qui utilise une partie du relief naturel du plafond en saillie.
   

Photos : Museo Nacional y Centro de Investigación de Altamira © Pedro Saura

On a retrouvé les doudous pèpères (et facétieux) de Lulu !
















































Lien pour le commentaire de L. :

dimanche 17 juillet 2011

Suis bien d'accord avec Robert !

Ces manifestations collectives de force imbécile sont d'un autre âge. Merci E. Joly d'avoir secoué ce cocotier inattendu. Les noix tombent par dizaines, et éclatent sous l'effet de leur bêtise. Ils sont d'autant plus ridicules qu'il y a -c'est très évident chez certains- beaucoup de démagogie dans ces réactions outrées. Or, je ne suis pas sûr que les Français soient si attachés que ça à ces rendez-vous qui font d'abord référence dans l'histoire aux régimes autoritaires. Qu'est-ce qu'on fait dans cette galère avec Poutine, Pinochet et Kim-Jung-II ?
Je croirais aussi volontiers que dans l'agacement des politiques de tout bord, il y a le fait que Joly est verte, et qu'elle n'est pas considérée comme légitime pour parler d'autre chose que d'écologie.
Mais ça, c'est une autre histoire...

http://blogs.mediapart.fr/blog/robert-mascarell/150711/eva-joly-tenez-bon


Y'a des mauvais esprits qui ont imaginé un truc de substitution...

http://www.rue89.com/2007/07/14/engagez-vous-dans-le-contre-defile-du-14-juillet?page=2

vendredi 15 juillet 2011

Libourne, vision nocturne



























































































A la confluence de l'Isle, de la Dordogne, de la lumière et du noir.

Les euphorismes de Grégoire

Euphorisme n°111

On passe la première moitié de sa vie à se sous-estimer, et la deuxième à  s'apercevoir qu'on a surtout surestimé les autres.


Et pendant que choucas et chocards

nous croassaient les oreilles, eussiez vous imaginé que fruits et légumes du jardin auraient cessé de croisser ?

Que nenni !




jeudi 14 juillet 2011

Otros pajaros espanoles

Bien observés,


















le monticole de roche, version masculine,
Crédit photo : http://www.infomagazine.com/article/sujet-9686,sorties-ornithologues-jeunes-avec-la-lpo.html


















la linotte mélodieuse, version masculine itou,
Crédit photo : http://www.oiseaux-nature.com/oiseaux_de_france/linotte_melodieuse/linotte_melodieuse.html

le chocard à bec jaune (il l'est forcément, jaune, le bec, s'il ne l'était pas, mais rouge par exemple, ce serait très crave)


















Photo E.B.
















la niverolle alpine

Crédir photo : http://www.vogelwarte.ch/niverolle-alpine.html

La double vie d'E. B.





























































Au début, on en a vu un.

C'était déjà exceptionnel, parce que le plus souvent, les vautours fauves, ils sont à 2000 pieds dans le ciel, et on n'en voit qu'une petite barre noire en contrejour qui fait des ronds dans l'eau, pour peu qu'on ait sous la main un lac de montagne.

Il était là, tout près du chemin de randonnée, on se demandait s'il attendait qu'un marcheur fasse un malaise.



















Puis, comme on prenait notre temps pour l'observer, voilà t-y pas que ses petits charognards de potes rappliquent, en  le poussant pour se faire une place sur la plateforme ridicule où il s'était calé.

Jusqu'à 7 qu'ils se sont groupés comme des sardines volantes. (Envergure de la sardine : 2.80 m.)




















Après, on a compris ce qui les amenait si près du monde...

























C'était dans le nord de l'Espagne, Région des Picos de Europa, côté cantabre (au-dessus de Fuente De), le 8 juillet.
Oui, c'est bien un chien qui avait entamé la vache défunte par le tréfond...

Photos : E.B.

samedi 2 juillet 2011

Parfois la nuit

Lorsque je te sens pelotonnée,
Tout contre moi
Chaude et douce et crémeuse
Comme un bébé Cadum
Je me dis que tu es
Un délice
A toi toute seule

Alors cherchant dans le noir
La molette de ta souris
Comme le globe
Eclairé de l'intérieur
Sur mon bureau d'adolescent
Où je suivais l'Amazone
Et le cours de ton Nil
Tu deviens fluorescente