dimanche 11 mars 2018

La forme de l'eau, de Guillermo Del Toro

N'y allez pas pour des trouvailles scénaristes inédites. C'est bateau archi rebattu.
La première impression qui m'a submergée, c'est l'atmosphère absolument semblable aux films de Jeunet, en particulier par les couleurs saturées, les gros plans déformants des visages (comme chez Amélie Poulain), et une ambiance de science-fiction des années 50 ou 60, avec une machinerie impressionnante en métal rouillé, et tout un univers décati, comme dans Delicatessen. Le côté confiné et souterrain de la société secrète de "La forme de l'eau" renvoie aussi à la bande d'hurluberlus du terrier de "La cité des enfants perdus".
La musique est proche de celle de Yann Tiersen. Alexandre Desplat a recréé un univers assez franchement amélipoulinien, avec des mélodies parisomorphes, jusqu'à l'inclusion de "la javanaise"en VF, évoquant la chanson parisienne populaire sensé -sans doute- frapper l'imaginaire américain dans le registre "idéal romantique à la française"
J'ai aussi pensé à Brazil pour l'organisation implacable d'une oppression d'état totalitaire, (pléonasme diront les rouge et noir), qui veut tout contrôler et là, en l'occurrence, savoir ce qu'il y a à l'intérieur de la bestiole capturée, la disséquer donc au lieu de lui laisser vivre une existence paisible et reptilienne dans son bain salé et épicé.

Or voilà t-y pas qu'en rentrant de cette toile, qui nous a bien plu globalement, à tous, Olivier (des plaines) me fait parvenir cet article de Ouest-France qui rapporte la réaction de JP Jeunet à la sortie de ce film. Je n'étais donc pas le seul à avoir senti la patte du Jeunet sous le sabot du Toro...
Je n'avais pas fait le lien de la fameuse scène du lit à ressorts de Delicatessen, mais effectivement, il y a trop évidemment des repiquages d'idées.

Lorsque j'ai vu le film le week-end dernier, il n'avait pas encore obtenu la consécration du milieu. C'est venu le soir même, Comme chaque fois qu'un film honnête est primé et sort du lot à ce point, on se dit qu'il n'y avait pas grand chose d'autre de fort dans la balance.










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

postiches