mardi 24 juillet 2012

Muret, 1213

Il y a des rendez-vous de l'histoire qui orientent le destin de millions d'hommes et décident pour des siècles de la forme nouvelle que prendra leur existence. La bataille de Muret fait partie de ces carrefours décisifs dans l'histoire de la France méridionale.
Le parti des alliés de langue occitane, réunis autour de Pierre II d'Aragon, aurait dû en toute logique mettre un coup d'arrêt à la croisade "contre les hérétiques", menée par les seigneurs français à la demande de la Papauté. Car il étaient en surnombre face aux chevaliers du nord, retranchés dans la ville de Muret.
"Les croisés étaient au maximum 2000, mais plus vraisemblablement 1000. Les alliés, entre 20000 et 40000."

L'enjeu pour Pierre II est la création ou le renforcement de sa principauté qui unissait par delà les Pyrénées les occitanistes catalans d'Espagne et ceux de Provence et de Languedoc.  Il s'agissait également de défendre les droits et possessions du comte de Toulouse, allié et parent de Pierre II et cible principale des croisés qui voient dans sa dépossession, l'occasion de se créer des fiefs personnels.










Un article complet et intéressant là.

L'enjeu du côté des croisés, compte tenu de l'incroyable déséquilibre des effectifs, c'est d'abord de sauver leur peau. Ce qui explique l'excès de confiance et la légèreté du clan occitano-catalan, et la hargne des chevaliers français dans le combat. S'y ajoutent des erreurs tactiques, qui ont empêché l'essentiel de l'armée des alliés catalans d'entrer en scène sur le champ de bataille : ils ont été vaincus sans se battre. Le roi Pierre II avait choisi d'échanger ses armes avec celles d'un chevalier qui avait pris les siennes, ce qui se faisait à l'époque, pour protéger le chef de l'armée qui se battait ainsi incognito.  Cette erreur lui fut fatale, car au lieu de se faire attraper vivant (ce qui était l'habitude pour obtenir une rançon exorbitante), le roi va se faire tuer par hasard dans la mêlée, et ce dès le début de l'affrontement. Sa mort va démobiliser son camp saisi de panique, et l'affrontement tournera rapidement au massacre. On parle de 20000 morts.

D'où il ressort qu'il ne faut jamais pêcher par excès de confiance.

Une représentation schématique possible de la bataille (les chroniques de l'époque ne permettent que des suppositions quant à son déroulement) :

 

Le sceau du chef des croisés, Simon de Montfort :










Tout ceci raconté dans un luxe de détails et toujours avec les sources historiques citées, par Michel Roquebert :

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