samedi 28 mars 2020

La Trêve, récit autobiographique de Primo Levi

La couverture parle de "roman", mais c'est d'un grand récit autobiographique qu'il s'agit. Primo Levi a passé un an à Auschwitz. Il a raconté ce cauchemar dans "Si c'est un homme".
La trêve est forcément plus optimiste, puisqu'elle débute au moment ou les nazis quittent précipitamment le camp, en abandonnant quelques centaines de survivants faméliques à une mort de faim et de maladie quasi certaine. Levi fera partie d'une poignée de survivants. Il a vu sortir du brouillard les 4 premiers cavaliers soviétiques, qui avançaient au pas vers le camp, et découvraient l'horreur derrière les barbelés.
Commence alors une épopée absurde et incroyable. La seconde guerre mondiale a fait vivre des tragédies interminables à des foules de gens qui avaient comme Primo Levi, chimiste à Turin, une vie paisible et très ordinaire.
D'abord, les prisonniers encore vivants ont été regroupés plus ou moins par nationalités, mais dans un ordre "soviétique" chaotique et indéchiffrable. Ils ont été ballotés sans ordre ni raison objective, jusqu'à ce que l'Armée Rouge fasse partie des vainqueurs. La survie derrière les lignes russes était faite de débrouille, de magouilles, de coups de chance et de mauvaises rencontres… Le récit est une grande galerie de portraits et Primo Levi a une incroyable acuité pour sonder la psychologie des êtres humains. Cela fait de ce bouquin une lecture unique, qu'il me semble intéressant de rencontrer, dans ces temps de grand chamboulement de nos sociétés. Car il est question de survie, et de réponses collectives à une menace générale, omniprésente.
Et puis il y a le style de Primo Levi, incisif, comique, il n'insiste jamais sur ce qui est cocasse ou incroyable, ça survient là comme ça, c'est inénarrable, et c'est souvent aussi tragique que drôle !



L'itinéraire du "retour".






Ce récit a été porté à l'écran par Francesco Rosi, en 1997. 












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