jeudi 26 février 2015

Comment mettre une liseuse dans sa poche ?

A Périgueux, ce n'est pas compliqué : il faut se rendre à la bibliothèque municipale, on les y prête.
J'avais vu le petit encart qui le prétendait sur le bureau de l'accueil. Y officiait ce jour Carole, qui n'est pas la moins agréable des hôtesses de ce lieu de perdition. Tout de suite, je fantasmai sur cette nouvelle opportunité de ma bibli préférée, en imaginant, sans doute influencé par le film "la lectrice" où Miou-Miou, elle joue une fille qui va lire chez les gens, et ça la rend forcément très intime avec ces personnes, mais pas si tant que dans "le liseur", où c'est la Kate Winslet qui sollicite un jeune et beau gars, pour lui faire la lecture, et ils deviennent amants, et après y'a un dilemme parce que ce type, il se rend compte qu'elle ne sait pas lire en fait et aussi qu'elle a un passé redoutable qui la rattrape, et l'autre, il est scié au niveau du coeur, en m'imaginant, disais-je, déjà en pensée, la personne qui viendrait sonner à mon huis, un ouvrage licencieux sous le bras.
Tout enveloppé de ces suaves pensées, je m'apprêtais à demander si on pouvait choisir l'âge, la couleur des cheveux et les mensurations de la liseuse, quand Carole sortit de ses étagères une chemise plastique blanche, épaisse, tout bien, avec un appareil dedans, façon tablette, un cordon pour brancher et un livret qui explique, tout bien aussi, mais pas sexy du tout.



















Bon, pas grave, que je me résigne, on va voir comment ça favorise la lecture et dans quelles positions.


















Le machin est plutôt sympa, déjà il fonctionne comme sur des roulettes. Un bon point. C'est facile à bouiner. Même pour moi, qui n'ai pas la main verte de l'électronique.

Y'a un menu d'accueil, avec les derniers titres commencés (quand vous y revenez, le truc trouve tout seul et sans effort l'endroit de la dernière page lue), et un menu de bidules techniques, si vous voulez dérégler le machin.

























Dans l'appareil, 120 titres libres de droit, autant que de journées de Sodome, donc plutôt des classiques anciens, mais bon, que j'me dis, dans le lot, c'est bien rare si je ne trouve pas chaussure à mon doigt*.

Pour tourner une page, y'a les flèches en bas, ou on tape du doigt sur l'écran, mais comme j'ai des gros doigts malhabiles, ça passe des tas de pages à le fois, c'est fait pour des filles pleines de finesse dans un train sec, ces trucs là. Sinon, il existe un curseur en bas de page qu'on fait apparaitre par la magie du hasard, quelquefois, et ça permet de se déplacer d'un coup loin dans le récit.
Un avantage : la prise en main. Quand on est en train de lire dans son lit et qu'il fait froid, on ne sort qu'une main pour lire (enfin moi, vous, je sais pas combien vous en sortez), tenir le livre, se gratter le nez ou faire coucou aux gens qui passent, mais ça c'est rare. Là, c'est vraiment handy comme tout.
Si vous êtes vieux pire que moi ou même pareil, vous avez peut-être besoin de lunettes. Bougez pas, Carole a tout prévu. L'écran est tactile, on peut agrandir la taille des caractères, en glissant deux doigts qui s'écartent sur la façade, façon pattes de Bambi qui se casse la gueule sur la glace. Et là, on peut craindre que le nombre de pages (qui s'affiche au bas de l'écran) ne se multiplie de façon pléthorique comme une vache ou un lapin, ben non, la numérotation reste la même que celle qu'ils ont choisi au départ, donc, il faut lire plusieurs écrans de suite pour tourner une page. Ah, c'est qu'elle maligne, Carole !




J'ai un regret pas éternel, mais bon. L'absence de cadre blanc, autour du texte. Le texte touche le cadre métallique, et je n'ai pas réussi à en créer. Pour moi, c'est un manque de confort, mais chacun voit si midi est à sa porte, ou s'il repleut.

Sinon, dernier bon point, au cas où vous côtoyiez au lit quelqu'un de pénible qui se met à broyer du noir quand vous allumez une lumière pour lire, là, y'a un système de rétroéclairage, très bien pour ligoter** discrètement, mais bon, faut pas bouger trop non plus.

Pour dire une conclusion, je pense que je préfère le papier, car je suis dans ce domaine une forme de vieux conservateur tout confucéen***. J'aime bien disposer du truc dans ma bibliothèque, quand à l'occasion (qui occure comme une bête opiniâtre) je souhaite retrouver des passages, des citations et savoir de quoi qu'on cause.

Mais pour des types qui partiraient dans des voyages lointains avec un petit sac pas lourd, c'est la solution. Merci Carole.

*En tout, on peut en charger environ 250...
**lire en argot
*** Et dans confucéen, y'a "fût".

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